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Pour les Européens
Guigou Elisabeth
FLAMMARION
17,10 €
Épuisé
EAN :9782080669698
Par-dessus tous les morts de 1914-1918 puis de 1939-1945, on a voulu l'Europe. On l'a rêvée prospère et démocratique. Puis la crise est venue, avec son lot de peurs et d'exclusions, la guerre s'est installée en Bosnie et l'on a brûlé ce que naguère encore on adorait. La France, surtout, a mal à l'Europe. Parce qu'elle s'est toujours cru fondée à penser le monde pour ses voisins et qu'elle a imposé à l'Europe communautaire son modèle national, elle la jauge aujourd'hui au miroir de ses propres défaillances : celles de l'Etat-nation centralisé, de l'arrogance technocratique et d'une particulière difficulté à admettre qu'elle ne peut plus, seule, maîtriser son destin. Il est temps de comprendre que l'Europe n'est pas une autre France, et moins encore le bouc émissaire de tous nos maux. Nos acquis sociaux sont menacés, les exclus grondent, des milliers d'immigrés frappent à notre porte, la paix même n'est plus une évidence et, cédant aux prophètes de malheur, nous nous enfermerions dans un mirage protectionniste et nationaliste ? Certes, l'Europe a ses torts - inflation des règlements, déficit démocratique, absence de projet politique fédérateur -, mais il est illusoire de prétendre s'en passer. Il nous faut un juste partage des tâches, qui alloue à chacun - collectivité locale, Etat et Communauté - un but et un champ d'action propres. Il nous faut admettre que, face aux périls mondiaux, les Européens ne pèseront que s'ils sont unis. Il nous faut affirmer notre confiance dans nos valeurs et notre culture. Loin d'être un panégyrique à Maastricht, ce livre soupèse les responsabilités des acteurs en présence, explore des pistes, propose des solutions concrètes. Il s'adresse d'abord aux acteurs de cette grande aventure humaine : les Européens eux-mêmes.
Résumé : Plus que jamais, l'Europe est notre avenir. Première puissance économique au monde, seul espace politique où la peine de mort est abolie, référence universelle pour ses valeurs, sa justice sociale et son modèle de développement, premier donateur d'aide au développement des pays du tiers-monde, l'Europe est enviée à l'extérieur de ses frontières. Les peuples privés de liberté, de droits, d'éducation, de protection sociale la regardent comme un modèle et un espoir alors que certains Européens s'en écartent, voire la rejettent. Serait-elle devenue une entité bureaucratique déconnectée de leurs attentes et de leurs besoins ? Un gouffre se creuse entre l'Union européenne et la majorité de ses citoyens, qui aujourd'hui menace l'idée même d'Europe. Ce diagnostic n'est pas totalement infondé. Les dirigeants de l'Union européenne n'ont pas vu venir la crise. L'Europe est pourtant notre seule chance dans la mondialisation. Encore faut-il lui fixer un cap et des priorités. C'est possible, si l'on retrouve pragmatisme et vision, volonté et courage. De la crise naîtra la nouvelle Europe.
Jean-Louis Guigou, professeur agrégé des universités et ancien conseiller technique de Michel Rocard, a été délégué à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (Datar) de 1997 à 2002, puis inspecteur général de l'Education nationale. Il dirige actuellement l'Institut de Prospective économique du Monde méditerranéen.
Résumé : Qui connaît le juge des libertés et de la détention ? Béatrice Penaud-Ducournau nous ouvre les portes de son bureau. La juge raconte ses face-à-face quotidiens avec des auteurs de violences conjugales, des meurtriers, des violeurs, des trafiquants, des proxénètes, des escrocs... Ils sont majeurs ou mineurs, aguerris ou fragiles, suicidaires ou agressifs. La prison, c'est-à-dire la détention provisoire, est l'enjeu de cette confrontation. Au travers de cas souvent poignants, au coeur de la réalité du travail judiciaire et de ses difficiles conditions, l'auteure nous éclaire sur l'état de la violence en France et les maux de notre société. Elle nous fait partager ses questionnements sur la "banalité du mal" mais aussi ses convictions mûries par trente ans d'expérience sur ce que doit être le bon exercice de la justice. Unique en son genre, écrit à hauteur d'hommes et de femmes, sans manichéisme, ce récit à la fois pudique et vibrant de sincérité est un plaidoyer pour une justice humaine. Car comme l'écrit Béatrice Penaud-Ducournau, citant Shakespeare : "Juger autrui, c'est se juger". Béatrice Penaud-Ducournau est juge des libertés et de la détention et vice-présidente du tribunal judiciaire de Pontoise.
Mai 68 est d'abord un événement singulier, ni répétition des révolutions du passé, ni anticipation d'un futur déjà théorisé. Soudaine irruption du refus de l'existant et de sa reproduction, Mai 68 constitue un moment historique qui réalise la conjonction unique de deux mouvements de lutte jusque-là séparés. D'une part la contestation de toutes les institutions et des rôles traditionnels tenus par l'individu, d'autre part la critique du travail. Il n'y a pas deux Mai 68 ; un " Mai étudiant " puis un " Mai ouvrier ". Le premier serait " petit bourgeois " pour l'idéologie prolétarienne ou " hédoniste et libertaire " pour l'imagerie médiatique ; le second manifesterait la puissance de la classe ouvrière dans " la plus grande grève de son histoire ". Ces représentations, actives dès les lendemains de l'événement, n'ont fait que se renforcer jusqu'à constituer aujourd'hui le " socle du savoir commun " sur Mai 68, celui qui pousse au dénigrement ou à la commémoration. En Italie, la commémoration de la décennie de luttes (1968-78) s'avère impossible car son souvenir est rendu tragique par la violence de l'affrontement. C'est alors un processus de refoulement qui se met en place pour délimiter ce qui fut acceptable (le " Mai rampant " de 1968-69) de ce qui ne le serait pas (" les années de plomb " de 1973-78). Mais, ce qui réunit ces mouvements, en France comme en Italie, c'est leur double dimension historique mise en avant par ce livre : la fin du cycle des révolutions prolétariennes et l'émergence de la révolution à titre humain.