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À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie
Guibert Hervé
FOLIO
9,50 €
Épuisé
EAN :9782070385034
J'ai eu le sida pendant trois mois. Plus exactement, j'ai cru pendant trois mois que j'étais condamné par cette maladie mortelle qu'on appelle le sida. Or je ne me faisais pas d'idées, j'étais réellement atteint, le test qui s'était avéré positif en témoignait, ainsi que des analyses qui avaient démontré que mon sang amorçait un processus de faillite. Mais, au bout de trois mois, un hasard extraordinaire me fit croire, et me donna quasiment l'assurance que je pourrais échapper à cette maladie que tout le monde donnait encore pour incurable. De même que je n'avais avoué à personne, sauf aux amis qui se comptent sur les doigts d'une main, que j'étais condamné, je n'avouai à personne, sauf à ces quelques amis, que j'allais m'en tirer, que je serais, par ce hasard extraordinaire, un des premiers survivants au monde de cette maladie inexorable.
Résumé : Hervé Guibert avait réuni dans un dossier intitulé La piqûre d'amour vingt-six petits récits (vingt-trois nouvelles et trois textes critiques sur son travail), la plupart entièrement inédits et datés de 1970 à 1984. Il avait souhaité les voir publiés mais l'organisation définitive du recueil ne fut pas sa priorité pendant les semaines précédant sa mort. Ce livre regroupe aussi bien des intrigues rocambolesques que des aventures intimes. On retrouve dans une écriture pas encore marquée par la maladie ce ton tour à tour grave ou léger, cet humour du dérisoire, cette poésie du fantasme. La chair fraîche est un cour roman probablement achevé en 1990 et dont l'inspiration est délibérément fantaisiste : c'est la chronique d'un village autant perturbé par des lettres anonymes que par la joyeuse férocité d'Hervé Guibert.
Hervé Guibert l'écrit lui-même : Le Mausolée des amants pourrait s'appeler T."T.", c'est l'homme à qui étaient adressées ces pages avant que l'auteur n'ait décidé de les transmettre au public : "Maintenant, j'ouvre le cahier et je le laisse ouvert, exposé", peut-on lire en introduction de ce journal, publié aujourd'hui comme en réponse au souhait de son auteur. Quinze années de notes sur l'amour impossible, la solitude, le sexe, les rêves, l'homosexualité, la lecture et l'écriture, la photographie, la famille, la maladie et la peur de la mort. Autant dire tous les thèmes qui nourrissent les textes de l'auteur. Autant dire tout ce qu'il doit abandonner. Ce journal est une forme de testament. La preuve que celui qui le tient est déjà un peu mort et qu'il se regarde d'un au-delà tout proche. "Quand il m'arrive de relire ce journal", écrit Hervé Guibert, "j'ai déjà une impression posthume." Dans les fragments successifs, le lecteur peut puiser au gré de ses envies. C'est un livre qu'il faut ouvrir au hasard. Comme dans un long poème : lire une page, s'arrêter, reprendre. --Isabelle Magnien
Résumé : Capable d?interviewer n?importe qui - écrivains, photographes, enfants ou parfaits anonymes, Hervé Guibert livre à L?Autre Journal de 1985 à 1986, à un rythme soutenu, articles, entretiens et photographies légendées à la main, où transparaissent ses passions et ses obsessions. A cette entreprise d?une liberté inouïe, il convie ses amis, parmi lesquels Mathieu Lindon, Eugène Savitzkaya, Bernard Faucon, et offre de précieuses lettres de Michel Foucault et de Roland Barthes, alors disparus depuis peu. Ce livre, qui rassemble l?intégralité des articles, entretiens et photos d?Hervé Guibert publiés dans L?Autre Journal, met au jour une oeuvre à part entière, invisible depuis trente ans.
En 1977, Hervé Guibert découvre le premier roman d?Eugène Savitzkaya Mentir et lui envoie La mort propagande qui vient de paraître. Ils échangent leurs livres pendant les années suivantes, se lisent, s?apprécient. Ils se voient rarement : l'un habite Liège, l'autre Paris.Un tournant s'opère en 1982, quand Hervé publie «Lettre à un frère d?écriture», où il déclare à Eugène : «Je t?aime à travers ce que tu écris.» Le ton a changé, Hervé, obsédé par son correspondant, lui écrit des lettres de plus en plus incandescentes. L?année 1984 verra néanmoins l'épuisement soudain de cette passion. Une profonde amitié la remplace, qui trouvera dans l'aventure de L'Autre Journal et dans la Villa Médicis, où ils seront tous deux pensionnaires, d'autres terrains d'exploration. Ces près de quatre-vingts lettres, échangées entre 1977 et 1987, forment un témoignage d?autant plus unique qu?elles sont les seules dont Hervé Guibert ait autorisé l?édition. Point de rencontre unique entre la vie et l?écriture, entre soi et l'autre, entre réalité et fiction, leur divulgation renouvelle la lecture de l'?uvre d'Hervé Guibert.
Quelle est la forme de l'Univers? Est-il courbe, refermé sur lui-même? Est-il en expansion? Vers quoi tend-il? L'espace serait-il "chiffonné" au point de créer des images fantômes des lointaines galaxies? Spécialiste des trous noirs et du big-bang, Jean-Pierre Luminet nous fait voyager dans de surprenants couloirs de l'espace-temps où topologies de l'Univers, explorations de l'infini et mirages cosmiques conjuguent leurs mystérieux attraits pour dérouter nos sens. La construction de l'ouvrage épouse la forme de son sujet une lecture à multiples entrées, des pistes à explorer pour s'y perdre, bifurquer à nouveau ou revenir en arrière, au gré du plaisir ou de la curiosité de chacun. Anecdotes cocasses et révélations historiques étonnantes agrémentent ce parcours à la recherche des secrets de la beauté sidérale.
« Cultiver les plaisirs de mes sens fut, dans toute ma vie, ma principale affaire; je n?en ai jamais eu de plus importante ». Il n?a pas fallu longtemps, un siècle tout au plus, pour que GiacomoCasanova (1725-1798) prenne sa place au Panthéon des mythes. Fils d?une modeste famille de comédiens, il est devenu, à la faveur de ses Mémoires, Histoire de ma vie, une figure de référence dans l?art de la séduction. Mais qu?était-il vraiment? Un agent secret, un aventurier cosmopolite, escroc à ses heures? Pour aborder Casanova, il faut se garder d?appliquer à son histoire les catégories issues des deux siècles qui nous séparent de lui. Le dépouillant de ses attributs de surmâle, Maxime Rovere en fait un éternel amoureux joueur de cartes invétéré, mais aussi un voyageur insatiable, un homme de lettres éperdu de projets, un grand amateur de vins et un incomparable gastronome, en somme le chantre d?une liberté nouvelle, praticien volontaire d?unephilosophie joyeuse et hédoniste.
Nouvelle édition en 20034e de couverture : "Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les Diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse dire le mot de "Mon ange" sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, - si elles sont des anges, c'est comme lui, - la tête en bas, le... reste en haut !"
«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»