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La transparence comme paradigme
Guérin Michel ; Krajewski Pascal ; Huyghe Pierre ;
PU PROVENCE
29,00 €
Épuisé
EAN :9782853996990
Le monde de la transparence n'est pas celui où l'on voit clair enfin, après avoir dissipé des poches d'opacité; c'est celui qui, ayant usé tous ses substituts et décidé de se passer désormais de, "lieutenance" (de symbolicité, d'analogie), se voit forcé à la situation inédite de voir la vitre elle-même, plus que les objets à travers. ais comment se fait-il que cette lumière ajoutée coïncide avec un nouveau type d'obscurcissement? Eclatée en mille et mille morceaux, elle est coextensive au réel, totalement mélangée à lui, bien loin de le surplomber. Il faut alors se fier à une "pensée de derrière", dirait Pascal, qui pondère à peu près l'impondérable, plutôt qu'à la croyance des phénoménologues en l'épiphanie des "choses mêmes". En ce sens précis, l'introduction à la transparence coïncide avec la fin des phénomènes. Les auteurs du présent ouvrage s'interrogent, depuis des angles d'analyse, des compétences et des intérêts épistémologiques différents, sur la validité d'un paradigme de la transparence pour tenter de capter comme un air de famille entre des expériences, des pratiques (artistiques au premier chef) et des modes de penser et de sentir propres à une époque, la nôtre, sous l'emprise de la globalisation et des technologies de l'information et de la communication. Celles-ci, toutefois, ne sont pas directement le sujet de ce livre, qui interroge plutôt la part d'ombre mixée au lieu même des lumières contemporaines.
Résumé : Le photographe français Henri Cartier-Bressonn (1908-2004) est l'un des grands artistes du XXe siècle. Il est l'inventeur d'un style -"l'instant décisif" -, mélange de vie débordante et de géométrie maîtrisée. Au début des années 1930, Henri Cartier-Bresson rapporte de ses voyages des instantanés surréalistes qui forgent sa légende. Après-guerre, il fonde l'agence Magnum et devient photojournaliste. Durant plus de cinquante ans, le journal Le Monde constitue "un instrument de travail indispensable" dont il se nourrit pour créer une ?uvre sans égale. De son côté, Le Monde a plus écrit en cinquante ans sur Cartier-Bresson que sur Picasso ou sur Matisse. Cet ouvrage dévoile et analyse les liens noués entre un photographe de référence et un journal de référence, avec pour point d'orgue le reportage photographique que le maître a réalisé, en 1985, sur Le Monde. Ce fut son dernier. Les soixante-six principaux articles consacrés à Cartier-Bresson dans Le Monde, de 1955 à 2006, sont publiés dans cet ouvrage. De longs entretiens permettent de retrouver la voix forte d'Henri Cartier-Bresson - années de formation, influences, convictions esthétiques, coups de sang. Des textes critiques rendent compte de ses expositions et de ses livres. Des enquêtes mettent à jour les débats autour d'une ?uvre qui oscille entre art et journalisme. L'ensemble des articles montre comment s'est forgée la statue culturelle de l'artiste. Quinze auteurs ont écrit sur Henri Cartier-Bresson, dont Michel Guerrin, qui raconte dans une longue introduction qui sont ces rédacteurs, leurs liens avec le photographe, le contexte de ces publications. L'histoire de Cartier-Bresson dans Le Monde résonne alors avec une autre histoire comment un journal réputé sans images a été le relais sans égal du développement de la photographie en France et à l'étranger.
Duchamp n'est pas un précurseur (au sens avant-gardiste du mot), mais un anticipateur. Il n'est pas de connivence avec la logique moderniste et son mythe d'un Novum qui, par la mode, revient éternellement même sous un visage apparemment autre. Il est, en somme, l'inventeur de l'inédit, d'un événement qui ne prend pas sens par rapport à une diachronie guidée vers une lin, mais dans une relation plus libre avec les conditions historiques de la création. (:'est ce qui explique, non pets à proprement parler la " modernité de Duchamp, niais plutôt sa présence intempestive et son retentissement contemporain. Cet essai propose une interprétation du readymade à partir de la situation de Marcel Duchamp en son temps et il tente de saisir, à travers l'humour, la désinvolture, une paresse revendiquée, la pensée de derrière " d'un artiste qui s'affirme de se dénier et craint par dessus tout l'esprit de sérieux.
Comment s'expliquer le succès d'un penseur qui affiche avec une sorte de verve son go-t exclusif pour les valeurs aristocratiques et clame à qui veut l'entendre son mépris pour la démocratie et le socialisme, auprès de ceux-là mêmes pour qui l'idée seule d'une " hiérarchie " est haïssable ? N'y a-t-il pas là contradiction, malentendu, impossibilité ? Reste que ce paradoxe fait sans doute le tissu le plus secret de notre vie intellectuelle et politique. Comment pouvons-nous à la fois nous réclamer de Marx et de Nietzsche ? Cette question n'est pas une question d'école ; elle n'attend pas une résolution " logique ", qui soit, comme on dit " satisfaisante pour l'esprit ". Elle est, par chacun de nous, éprouvée comme paradoxe. M. G.
Poursuivant les recherches entamées dans Philosophie du geste (2011), Michel Guérin s'intéresse aux processus qui conduisent des techniques manuelles aux technologies intellectuelles. Si les premières et les secondes procèdent à l'origine d'un geste de la main, celui-ci subit une mutation décisive quand il travaille à la transcription de sa propre formule. En d'autres termes, la fabrication le cède devant la toute-puissance de l'écriture. Ce livre explore l'odyssée des techniques, d'abord cantonnées au façonnement, dérivant de manière irrésistible vers l'univers des algorithmes. L'interprétation du monde n'est plus, comme voulait Man, le contraire de sa transformation, mais bien sa condition. Le geste de (dé)poser revêt ainsi une importance insoupçonnée en s'intercalant entre la prise (préhension) et la façon (percussion). Il est par excellence, selon l'auteur, le geste de la troisième main, au principe d'une évolution qui parcourt les degrés de l'outil simple à la machine et à l'appareil connecté. On reconnatt, de Platon à Péguy en passant par Rousseau, la critique radicale menée, au nom de la spontanéité, contre les techniques et l'écriture accusées de rendre l'homme étranger à lui-même et à son semblable. Cette inquiétude argumentée n'ôte pas à l'auteur les forts motifs qui l'autorisent à conclure son livre, loin des chimères posthuma-nistes, par un éloge de la finitude dont la main, qu'elle désigne le visible ou indique l'invisible, est l'emblème.