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Orient & Occident
Guénon René
OMNIA VERITAS
22,45 €
Épuisé
EAN :9781911417859
La civilisation occidentale moderne apparaît dans l'histoire comme une véritable anomalie : parmi toutes celles qui nous sont connues plus ou moins complètement, cette civilisation est la seule qui se soit développée dans un sens purement matériel, et ce développement monstrueux, dont le début coïncide avec ce qu'on est convenu d'appeler la Renaissance, a été accompagné, comme il devait l'être fatalement, d'une régression intellectuelle correspondante ; nous ne disons pas équivalente, car il s'agit là de deux ordres de choses entre lesquels il ne saurait y avoir aucune commune mesure. Cette régression en est arrivée à un tel point que les Occidentaux d'aujourd'hui ne savent plus ce que peut être l'intellectualité pure, qu'ils ne soupçonnent même pas que rien de tel puisse exister ; de là leur dédain, non seulement pour les civilisations orientales, mais même pour le moyen âge européen, dont l'esprit ne leur échappe guère moins complètement. Comment faire comprendre l'intérêt d'une connaissance toute spéculative à des gens pour qui l'intelligence n'est qu'un moyen d'agir sur la matière et de la plier à des fins pratiques, et pour qui la science, dans le sens restreint où ils l'entendent, vaut surtout dans la mesure où elle est susceptible d'aboutir à des applications industrielles ? Nous n'exagérons rien ; il n'y a qu'à regarder autour de soi pour se rendre compte que telle est bien la mentalité de l'immense majorité de nos contemporains ; et l'examen de la philosophie, à partir de Bacon et de Descartes, ne pourrait que confirmer encore ces constatations. Nous rappellerons seulement que Descartes a limité l'intelligence à la raison, qu'il a assigné pour unique rôle à ce qu'il croyait pouvoir appeler métaphysique de servir de fondement à la physique, et que cette physique elle-même était essentiellement destinée, dans sa pensée, à préparer la constitution des sciences appliquées, mécanique, médecine et morale, dernier terme du savoir humain tel qu'il le concevait ; les tendances qu'il affirmait ainsi ne sont-elles pas déjà celles-là mêmes qui caractérisent à première vue tout le développement du monde moderne ?
On aurait pu intituler les articles réunis pour la première fois dans ce recueil «Fragments d'une histoire inconnue» puisque après une étude sur les cycles cosmiques, on trouve deux articles sur l'Atlantide et l'Hyperborée, suivis de textes sur les traditions hébraïque, égyptienne et gréco-latine. Les connaissances cosmologiques traditionnelles contenues dans Le Roi du monde, Le Règne de la quantité et Symboles fondamentaux de la science sacrée et dans le présent volume constituent une somme qui n'a, sans doute, son équivalent dans aucune langue.
«Dans la présente étude, nous nous efforcerons de montrer plus complètement encore, et d'une façon plus générale, quelle est la véritable nature de ces sciences traditionnelles, et aussi, par là même, quel abîme les sépare des sciences profanes qui en sont comme une caricature ou une parodie, ce qui permettra de mesurer la déchéance subie par la mentalité humaine en passant des unes aux autres, mais aussi de voir, par la situation respective de leurs objets, comment cette déchéance suit strictement la marche descendante du cycle même parcouru par notre humanité. Bien entendu, ces questions sont encore de celles qu'on ne peut jamais prétendre traiter complètement, car elles sont, de leur nature, véritablement inépuisables ; mais nous tâcherons tout au moins d'en dire assez pour que chacun puisse en tirer les conclusions qui s'imposent en ce qui concerne la détermination du "moment cosmique" auquel correspond l'époque actuelle.»René Guénon.
«Beaucoup comprendront sans doute, par le seul titre de cette étude, qu'elle se rapporte surtout au symbolisme de la tradition extrême-orientale, car on sait assez généralement le rôle que joue dans celle-ci le ternaire formé par les termes "Ciel, Terre, Homme" (Tien-ti-jen) ; c'est ce ternaire que l'on s'est habitué à désigner plus particulièrement par le nom de "Triade", même si l'on n'en comprend pas toujours exactement le sens et la portée, que nous nous attacherons précisément à expliquer ici, en signalant d'ailleurs aussi les correspondances qui se trouvent à cet égard dans d'autres formes traditionnelles [...].»
Un des caractères particuliers du monde moderne, c'est la scission qu'on y remarque entre l'Orient et l'Occident. [...] Il peut y avoir une sorte d'équivalence entre des civilisations de formes très différentes, dès lors qu'elles reposent toutes sur les mêmes principes fondamentaux, dont elles représentent seulement des applications conditionnées par des circonstances variées. Tel est le cas de toutes les civilisations que nous pouvons appeler normales, ou encore traditionnelles; il n'y a entre elles aucune opposition essentielle, et les divergences, s'il en existe, ne sont qu'extérieures et superficielles. Par contre, une civilisation qui ne reconnaît aucun principe supérieur, qui n'est même fondée en réalité que sur une négation des principes, est par là même dépourvue de tout moyen d'entente avec les autres, car cette entente, pour être vraiment profonde et efficace, ne peut s'établir que par en haut, c'est-à-dire précisément par ce qui manque à cette civilisation anormale et déviée. Dans l'état présent du monde, nous avons donc, d'un côté, toutes les civilisations qui sont demeurées fidèles à l'esprit traditionnel, et qui sont les civilisations orientales, et, de l'autre, une civilisation proprement antitraditionnelle, qui est la civilisation occidentale moderne."
Le Grand Cataclysme est la narration de l'histoire des Ancêtres des premiers Pêr-Ahâ (devenu Pharaon en phonétique grecque) hiéroglyphes qui signifient Descendants-de-l'Aîné . Ahâ pourrait se dire en phonétique française Adam , et de fait, les Annales chronologiques gravées sur les murs des premiers temples de Haute-Egypte, ou peintes sur les rouleaux de cuir des diverses salles des archives des Maisons-de-Vie , racontent la vie d'un peuple en partant de cet Aîné : l'Ahâ. Leur continent s'appelait Ahâ-Men-Ptah (devenu Atlantide par la grâce de Platon), et dont la traduction est Dieu-y-coucha-son-Aîné . C'est toute l'histoire du monothéisme de ce continent d'Ahâ-Men-Ptah que détaille Le Grand Cataclysme, car en plusieurs millénaires, le peuple Descendant-de-l'Ainé perdit de vue son origine et se prit lui-même pour Dieu. Ce qui s'acheva par l'engloutissement du continent édénique à la suite d'un terrible bouleversement géologique, il y a 12 000 ans, et sur lequel les récits ne manquent pas. Les rescapés se chargèrent d'en instituer la crainte.
Et si notre système monétaire n'avait jamais été mûrement réfléchi ? C'est peut-être en partant de cette question toute simple qu'il faudrait étudier le problème monétaire. L'opinion d'Irving Fisher en 1935, lors de l'écriture de 100% Money 6 ans après le début de la grande dépression, est claire : il n'a jamais été mûrement réfléchi par un quelconque décideur. Le système monétaire ayant cours à cette époque aux Etats-Unis et dans la majeure partie des pays industrialisés ne serait qu'une pure contingence de l'histoire modelée au cours des siècles par l'appât du gain des banquiers. Il serait le maillon faible de notre système économique et la cause principale des épisodes récurrents de boom et de dépression dont souffrent les économies capitalistes depuis des siècles.
L'homme extraordinaire savait, non seulement ce que son destin avait eu de prodigieux, mais le concours d'événements qu'il avait fallu pour l'élever à l'Empire et le rendre neveu du roi dont, lieutenant obscur, il avait vu la chute à la journée du 10 août. Quel roman, pourtant, que ma vie ! s'écriait-il au moment de l'épilogue. Une autre fois, à Sainte-Hélène, il disait qu'il s'écoulerait mille ans avant que les circonstances qui s'étaient accumulées sur sa tête vinssent en chercher un autre dans la foule pour le porter aussi haut.
Que dirions-nous si notre mètre, notre kilo, notre boisseau, notre litre, notre kilowatt augmentaient ou diminuaient, et du simple au quadruple, et sans discontinuer ? Supposez qu'une Compagnie de Chemin de fer passe une commande de traverses de six pieds, et que le pied quadruple de longueur avant la date de livraison. Supposez qu'un élévateur à céréales achète mille boisseaux de froment et que le boisseau se recroqueville au quart de sa taille primitive. Notre dollar, mesure de valeur, varie comme varieraient un mètre de caoutchouc, un kilo de coton hydrophile qui s'imprégnerait d'eau pour sécher ensuite suivant l'état de l'atmosphère.