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Jean-Jacques. Tome 2, Histoire d'une conscience
Guéhenno Jean
GALLIMARD
17,80 €
Épuisé
EAN :9782070230020
La matière romanesque de la vie de Jean-Jacques Rousseau est proprement extraordinaire. Cela commence comme un roman de Dostoïevski et finit comme un roman de Kafka. Ce fils de Genève, de la "nouvelle Sion", qui appartient à la "race des justes", est humilié dès sa jeunesse, obligé de "ramper" et de faire tous les métiers, au reste assez mal ; tour à tour graveur, laquais, maître à chanter, amant, précepteur, secrétaire d'ambassadeur, musicien, polygraphe. A travers les aventures, les échecs, les malheurs et les hontes, il se cherche jusqu'en 1749. Cette année-la, subitement, sur le chemin de Vincennes, après avoir lu dans le Mercure de France le sujet proposé pour le prix de l'Académie de Dijon, il "vit un autre univers et devint un autre homme". II éprouve une miraculeuse délivrance ; toutes les misères, les offenses s'abolissent dans le sentiment de sa propre valeur. Quelque chose qui avait été semé en lui dès l'enfance et qui ne pouvait pas mourir, en dépit de tout, venait enfin à la lumière. Pendant les dix années qui suivirent, Rousseau décide de se réformer. II a de la peine à devenir le Diogène du siècle. II vend sa montre, il gagne sa vie en se faisant copiste de musique, mais il se détache mal des grands. Sa vie à l'Ermitage, puis chez les Luxembourg, est confuse. Mais il compose son oeuvre contre le courant, il remet le monde à la fonte, "fait le Dieu", définit un homme nouveau. En 1762 la publication de l'Emile et du Contrat social ouvre l'histoire de ses malheurs. II est décrété de prise de corps. II fuit la France. Le voilà en Suisse, en Angleterre. II revient en France ; paitout où il va, il se sent en surveillance et proscrit. Le monde entier lui paraît ligué contre lui. Ce n'est pas un Rousseau que Jean Guéhenno a voulu écrire, mais bien un Jean-Jacques, "touché, nous dit-il, de la même et ironique tendresse avec laquelle ses contemporains firent de son prénom un refrain de chanson et que toujours sans doute on éprouve dès qu'on reconnaît un autre homme que soi-même".
On n'écrit pas sans scrupules sous un tel titre. Et pourquoi moi ? Quel droit ai-je à le faire ? Je suis d'une manière très générale plein de méfiance pour les "je" , mais plus particulièrement pour le mien, si je puis dire, et, à l'instant de commencer une telle profession de foi, j'espère que mes lecteurs sont dans la même disposition et je les prie de ne voir dans ces déclarations aucun orgueil, aucune vaniteuse assurance, ni surtout aucun désir de séduire qui que ce soit à mes pensées. Il ne s'agit que de chercher ensemble la vérité. Au delà de ma propre foi, je n'ai jamais cessé de sentir que chacun vit comme il peut. Le débat avec soi-même est le plus difficile qui soit et l'honneur d'un homme est souvent à la mesure de cette difficulté même. Ainsi suis-je plein de respect et d'amitié pour beaucoup d'hommes qui croient ce que je ne crois pas ou ne croient pas ce que je crois. Sans doute, quand on croit ensemble, la vie en est plus plaisante et plus chaude. Mais que chacun croie ce qu'il croit, pense ce qu'il pense. J'ai horreur du dogmatisme et du prosélytisme, et je ne me cherche point de disciples". Jean Guéhenno
Je suis né dans les années 90 et j'appartiens à une espèce commune de l'humanité. J'ai idée que les auteurs de mes jours ne m'attendaient pas. Ils m'eussent volontiers laissé dans l'autre monde. Mais ils firent de nécessité vertu. Je dus, comme tant d'autres, naître d'une inadvertance. L'erreur n'a pas été pour moi sans gravité, mais je ne songe pas à en tenir rigueur à ceux qui la commirent. J'ai lu trop souvent dans leurs yeux l'immense désir qu'ils avaient que je sois heureux d'être là et de vivre. Et puis la vie elle-même, si mauvaise soit-elle, vous réconcilie avec la vie. Enfin la terre étant un monde habité, il faut bien admettre que ses habitants emploient leurs loisirs à la repeupler. C'est leur plus vrai plaisir.
3 décembre 1943. Ce soir, boulevard Saint-Michel, comme la nuit tombait, on a tout à coup entendu La Marseillaise. C'étaient des prisonniers que des voitures de police emportaient vers Fresnes ou vers la Santé. C'est à peine si quelques personnes sur le trottoir se sont arrêtées à les regarder passer. La nuit pourtant déjà nous protégeait, mais la police noire surveillait. J'espère que les gens serraient au moins leurs poings dans leurs poches."
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.