Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
GRUPPEN N 5 - REVUE DE CREATION TRANSDISCIPLINAIRE
STIEGLER/JAPPE
GRUPPEN
16,00 €
Épuisé
EAN :9782919103041
Au sommaire de ce numéro, Bernard Stiegler, pour une longue entrevue où apparaissent les axes majeurs de sa philosophie et les défis que doit relever la pensée contemporaine. Sont présents à ses côtés, le philosophe allemand Anselm Jappe, qui signe un article intitulé De l' "aura" des anciens musées et de l' "expérience" des nouveaux, ainsi que Pierre-Ulysse Barranque et Sébastien Miravète, qui collaborent ici à la rédaction d'un article consacré à l'art social en général et au street artist Banksy en particulier. Présent aussi, le cinéaste et critique Yann Beauvais, pour une contribution, largement illustrée de photographies, sur Harry Smith, artiste hors catégories, peintre, cinéaste, ethnomusicologue, qui marqua notamment l'histoire du cinéma expérimental. Présents aussi, Ilan Kaddouch, pour un article majeur sur la problématique de la forme en musique, mais aussi David Christoffel et l'histoire mouvementée du piano dans la seconde moitié du XXème siècle où se multiplièrent les actes de destructions performées à son encontre. Présents toujours, les poètes Serge Pey et Laurent Jarfer. Présent, Bruno Almosnino, avec une étude anthropologique sur la communauté juive de Tarbes. Présents, enfin, Yann Bagot et sa série de dessins intitulée Chaos, ainsi que Laurence Gatti, qui signe encore et pour le meilleur la réalisation graphique et les illustrations de ce numéro 5 de la revue Gruppen.
4e de couverture : La conviction qui nous anime en prenant aujourd'hui la parole, c'est que plutôt que de se taire par peur d'ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l'espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l'omerta n'est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l'avenir du vivant.
Résumé : D'où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d'un retard généralisé, lui-même renforcé par l'injonction permanente à s'adapter au rythme des mutations d'un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l'évolution ? La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d'une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l'espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. Elle a reçu le nom de "néolibéralisme" : néo car, contrairement à l'ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l'ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l'Etat (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l'espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte. Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l'état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d'experts peut tracer la voie de l'évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d'un même constat, appelle à mobiliser l'intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l'avenir collectif. Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au coeur duquel nous sommes plus que jamais.
Stiegler Bernard ; Giffard Alain ; Faure Christian
Avec la fin du « siècle de l'automobile » et de « l'ère » du pétrole, ce sont aussi la télévision, les industries de programme et les industries culturelles en général qui sont entraînées dans une crise profonde, subissant la désaffection d'une partie croissante de la population. L'ensemble du système consumériste s'avère aujourd'hui caduc. Dès son origine, Ars Industrialis a soutenu que le consumérisme constitue un processus autodestructeur, soumettant les technologies d'information et de communication à l'hégémonie d'un marketing irresponsable et empêchant la formation d'un nouvel âge industriel. Car au cours de la dernière décennie, un autre modèle comportemental est apparu qui dépasse l'opposition de la production et de la consommation, dont le logiciel libre et les licences creative commons sont les matrices conceptuelles et historiques. Ce nouveau modèle constitue la base d'une économie de la contribution. Il permet d'espérer qu'après la domination de la bêtise systémique à laquelle aura conduit le consumérisme, les technologies numériques seront mises au service d'une nouvelle intelligence collective et d'un nouveau commerce social ? pour autant qu'émergent une volonté politique et une intelligence économique nouvelles, et que s'engage la lutte pour en finir avec la mécroissance.
Avec Nietzsche s'inaugure une philosophie nouvelle, centrée dorénavant sur le corps et la vie, qui appelle une nouvelle histoire de la philosophie. En parcourant les grandes étapes de cette histoire, Barbara Stiegler introduit le lecteur aux philosophies de Descartes, Kant, Schopenhauer, Hegel et Marx, ainsi qu'à quelques grandes figures de la philosophie contemporaine, proches ou héritières de cette nouvelle philosophie de la vie : William James, John Dewey, Bergson, Canguilhem et Foucault, sans oublier le contrepoint critique de la phénoménologie, de Husserl à Heidegger. Parce que le fil conducteur de cette nouvelle histoire suit la réalité concrète du corps et de la vie, son livre est aussi une introduction à l'histoire de la biologie, de la physiologie à la théorie de l'évolution, et jusqu'aux débats les plus brûlants de la biologie et des sciences médicales contemporaines. À la lumière de ce parcours, la philosophie de Nietzsche ne peut plus apparaître comme une météorite solitaire et fulgurante. Elle se situe bien plutôt au beau milieu d'un tournant : celui à partir duquel, sur fond de fin de la métaphysique et de crise des savoirs, le gouvernement de la vie et des vivants doit devenir l'affaire de tous, nous obligeant à repenser de fond en comble les notions de "réalité" et de "vérité" en même temps que la valeur des énoncés produits par la science.
Résumé : Gruppen poursuit son chemin. Comme à notre habitude, nous vous proposons dans ce numéro 7 une entrevue fameuse, et accueillons pour l'occasion le grand anthropologue Philippe Descola. Ne fixant aucun thème à l'avance, c'est tout naturellement et sans préméditation que nos lignes visiteront le travail de l'historien et activiste américain Dan Berger qui rend ici hommage à la militante révolutionnaire et artiste Marilyn Buck, emprisonnée pendant vingt-cinq ans en raison de son soutien à la cause des Noirs. Anne Mathieu, pour sa part, nous invite légitimement à nous pencher de nouveau sur l'?uvre de ces deux géants que sont Frantz Fanon et Aimé Césaire. Et puisque nous ne sommes jamais assez nombreux pour dénoncer le mépris et l'oppression dont sont victimes tant de femmes et d'hommes, le poète Serge Pey nous rappelle l'existence de cet homme injustement emprisonné depuis plus de trente ans pour avoir défendu le droit de son peuple à vivre dignement, à savoir Leonard Peltier, militant de l'American Indian Movement. Du côté des philosophes, Frédérique Bisiaux signe un texte portant sur la Vacuité de l'existence humaine dans ses rapports avec l'aliénation et la liberté. Elle est accompagnée d'Arnaud François dont le travail nous invite à penser une nouvelle Philosophie de la santé, de Sébastien Miravète qui nous livre ici une note concernant l'évolution des sciences cognitives, et de Pierre-Ulysse Barranque qui entame dans ce nouveau numéro une réflexion sur l'esthétique de Marx et nous offre un texte intitulé L'aliénation sociale de l'artiste selon Karl Marx (Esthétique de Marx I). D'art, il en sera encore question avec Yann Beauvais, dans un essai portant sur l'?uvre majeure du cinéaste expérimental polonais Jósef Robakowski, mais aussi avec Ilan Kaddouch qui nous présente pour la première fois dans ces pages une courte ?uvre musicale sous la forme d'un quatuor à cordes, sans oublier Bernard Bourrit, avec une réflexion sur le renoncement à travers le portrait de Frederick Farrar réalisé par l'écrivain W. G. Sebald, ou encore Astrid de la Chapelle dont les dessins traversent l'ensemble ce numéro. La mécanique hermaphrodite du c?ur souple, du poète Laurent Jarfer, clôture ce Gruppen n°7, qui bien évidemment n'aurait pu prendre corps sans le travail graphique de notre très chère Laurence Gatti.
Entrevue avec SIMHA AROM (ethnomusicologie) Des Pygmées à Ligeti. Politique MICHAEL "CETEWAYO" TABOR, N. Y. PANTHER 21 Capitalisme plus Came égale génocide. Géographie JEAN-MARC BESSE Géographie psychique. Notes sur lespace comme sentiment. Cinéma YANN BEAUVAIS Ryan Trecartin Internet comme mode de vie. GABRIEL CONDE Le cinéma des "sales" . Entre-vues dune politique du cinéma. Photographies ESTER VONPLON Und in der Nähe die See. Poésie CHARLES PENNEQUIN Je sais plus. SERGE PEY Paroles et leçons à lusage des écoliers qui veulent changer le monde. LAURENT JARFER Obstétrique et cinéma (I) Philosophie SEBASTIEN MIRAVETE Comment Bergson est-il devenu Bergson ? P-U BARRANQUE Idéologie des classes dominantes et vérité artistique chez Marx et Engels Littérature BERNARD BOURRIT Lavenir du cirque en marche.
Segré Ivan ; Senges Pierre ; Weathers Mary Ann ; J
La revue Gruppen redevient semestrielle. Dans ce numéro : Bernard Bourrit songeant au peintre chinois du XVIIIe siècle Luo Ping - Des histoires de contrefaçons entre Paris et Naples par l'anthropologue Pierre Darriand - Le philosophe et talmudiste Ivan Segré penché sur "L'amur" - L'anthropologue Martin Lamotte rencontrant le gang Los Ñetas à New York - Mary Ann Weathers, pionnière du féminisme noir - Le peintre Niko Pirosmani vu par Laurent Jarfer - Du cinéma expérimental avec Yann Beauvais - De la musique contemporaine avec Ilan Kaddouch, etc.
Résumé : Que se passe-t-il lorsque certains procédés poétiques et narratifs propres à la littérature sont importés dans l'écriture des sciences humaines ? Une lente et méthodique dérive vers la fiction ? Une attention renouvelée aux techniques et aux formes du récit ? Un usage à la fois plus explicite et plus retors de la position d'auteur ? Une excavation des fantasmes sous-jacents à toute activité spéculative ? Ces pistes sont explorées par tâtonnements successifs. Si les problèmes anthropologiques du savoir, de l'écriture et de l'autorité en constituent le point de départ, ce n'est que pour mieux ménager les conditions d'un dispositif expérimental où les récits d'enquêtes se délitent peu à peu. Des variétés distinctes de fabulation apparaissent alors sans jamais trancher tout à fait le cordon ombilical qui les rattache aux sciences humaines.