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Lorand Gaspar
Grosjean Jean ; Leclair Yves ; Bonnefoy Yves ; Mic
TEMPS IL FAIT
30,00 €
Épuisé
EAN :9782868533944
A la fin des années soixante, en pleine émergence des littératures contemporaines, un homme qui écrivait en hongrois dès l'âge de onze ans, décide, une dizaine d'années après l'achèvement de ses études de médecine en France, de rédiger ses réflexions de chirurgien et ses premiers poèmes en français. Des pages du futur Quatrième état de la matière paraissent à Londres et à Bruxelles et l'auteur est bientôt révélé à Paris. Depuis, les reconnaissances culturelles n'ont pas manqué, lui donnant rendez-vous avec l'histoire des Lettres françaises, et avec de nombreux lecteurs. Ce volume se voudrait l'illustration du parcours de ce Magyar vivant dans le monde arabe et en France, ayant porté très haut la relativité culturelle heureuse tout en étant resté constamment fidèle à ce qu'il y a de plus optimiste dans la relation de la francité à l'universalité possible. Lorand Gaspar attire dans la langue française le poème hongrois, grec, allemand ou anglais, la réflexion italienne, de même ses traducteurs l'introduisent-ils dans leurs nations littéraires. À rebours d'un cosmopolitisme fruit d'éclectismes qui ne sont bien souvent que des positions de confort socio-intellectuel, l'auteur maintient l'exigence d'un chant du monde en des lieux de souffrance, quotidienne, privée ou collective, position que l'on sait si difficile à tenir.
Biographie de l'auteur Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Voici, issue du 1er livre des Rois, l'histoire du prophète Elie. Roman d'aventures, poème, méditation philosophique ? En tout cas, un texte dont la magie de l'écriture ravive les couleurs d'une très vieille histoire. Elie le Tishbite, le terrible ennemi des rois, celui qui prédit à Jézabel que les chiens la dévoreraient, l'égorgeur de 450 prophètes de Baal, l'anéantisseur de cent soldats, le responsable de la famine et de la sécheresse, laisse oublier ici son visage de prophète en colère. Il est plutôt celui dont le Livre dit que Iahvé se manifeste à lui à travers 'le son d'une brise légère'. Elie, vu par Jean Grosjean, ne tue pas les faux prophètes. Il pleure. Il s'identifie aux saisons. Il vit dans 'une permanente cascade d'instants'. La voix de Dieu se fait pour lui murmures, musique, bruissement de feuilles. Par anticipation, il lui sera donné d'entendre la parole ultime : 'Elie, Elie, pourquoi m'as-tu abandonné? ' Les pages de ce livre, l'image qu'elles nous donnent d'Elie, participent de 'cette tranquillité où d'infimes événements dissolvent les millénaires'.
Résumé : Arrêté comme rebelle, amené devant Pilate, Jésus, pour la première fois, s'est trouvé en face d'un homme sans préjugés. Avant, il n'avait eu affaire qu'à des disciples ou des ennemis. Par des dialogues, des méditations, des paysages, Jean Grosjean nous fait pénétrer dans la complexité de cet Orient qu'il connaît si bien. Entre le procurateur romain, son épouse, le grand-prêtre Caïphe, le bédouin Malchos, Hérode qui a peur de tout, se noue une partie que l'Occidental ne peut que perdre. Son jour de pitié aura été son jour de défaite. Tibère, qui, quelques années plus tard, va destituer Pilate, et va refuser de lui donner un nouveau poste, lui dira : 'Ils t'ont rendu fou. ' Au terme de ce roman, ou de ce drame, nous commençons à entrevoir pourquoi, pour l'Eglise éthiopienne, Pilate est un saint.
Belles têtes d'Irlandais dans les rues de Killarney. D'un certain âge. Des têtes conformes à la tradition et qui, au-delà du folklore touristique, donneraient à n'importe qui manie vaguement le crayon l'envie d'écrire et de conserver ces personnages dans les mots. On ne s'attache pas à repérer d'abord les faces qui affichent leur alcoolisme. Ici, c'est un penchant qui ne s'avoue pas, mais se clame et se trompette. Il met tant de sincérité dans la laideur que là encore, parce qu'on est en Irlande, on se sent en confiance. Des trognes aussi évidentes et qui témoignent d'une impeccable assiduité au pub ne savent plus mentir. La caricature est une innocence brute." Dans ce récit de voyage fort peu héroïque - camping et vélo -, l'auteur s'attache à montrer des spectacles qui n'ont pas lieu et des êtres sans grandeur dont, en amoureux comblé de la langue, il sait faire une véritable matière littéraire.
Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples. Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré au début du XIXe siècle, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon ; d'autres suivront celui du Désir. Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.
Résumé : " L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. " Pietro Citati