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Nom de dieu !
Grimbert Philippe
GRASSET
17,85 €
Épuisé
EAN :9782246853671
Extrait Prologue Les nuits de Baptiste se peuplaient de visions et lorsque, trempé de sueur, il se levait pour tenter de les dissiper, c'était pour entendre sous ses pieds l'odieux crissement de la cellophane : durant son sommeil, une épaisse couche de sucettes et de friandises avait recouvert la moquette de la chambre conjugale. Que signifiaient ces hallucinations ? Et que dire de la Voix qui le menaçait ? Son chuchotement sucré le faisait sursauter, puis se redresser hagard, le coeur palpitant. Qui lui en voulait ainsi ? Cette question le taraudait depuis des mois. Et pourquoi ? se surprenait-il parfois à demander à son invisible persécuteur, lequel répondait, plus ironique que jamais : «Mais oui, pourquoi ? Pourquoi est-ce à toi que cela doit arriver, toi qui ne veux que le bien, toi qui ne commets aucune action coupable, rien qui puisse te valoir le malheur qui va fondre sur toi ? C'est vrai, tout cela est parfaitement injuste, Baptiste... mais l'ensemble de la Création n'est-elle pas placée sous le signe de l'injustice ?» Voilà ce que, nuit après nuit, lui disait la Voix. Baptiste n'osait parler à Constance de ses tourments, conscient du déplorable tableau psychique qu'il offrirait à son épouse. Si sa fervente prière du soir ne suffisait plus depuis longtemps à écarter les ombres, sa confiance en Dieu demeurait cependant intacte. Il ne pouvait s'agir que d'une mise à l'épreuve : il en triompherait à l'aide de sa foi, celle-là même que la Voix tentait d'ébranler avec ses sarcasmes. I Les échos d'un joyeux bavardage au rez-de-chaussée, le tintement de la vaisselle du petit déjeuner, un éclat de rire des jumelles, tout aurait dû placer cette matinée sous les meilleurs auspices, si ses visions de la nuit n'avaient encore une fois bouleversé Baptiste. Il s'arrêta sur le seuil de la cuisine et contempla ses deux filles. Elles arboraient leurs moustaches de chocolat en se taquinant, sa femme les pressait de terminer leurs tartines et Baptiste poussa un soupir de soulagement : oubliés pour le moment, la Voix et ses sarcasmes, disparu le tapis crissant de friandises. Il chercha du regard la complicité de Constance qui, seule ombre à planer encore sur cette scène idyllique, ne lui rendit pas son sourire. Il embrassa tendrement chaque membre de la maisonnée et descendit au garage où l'attendait le monospace familial. Sortant de son portefeuille le crucifix suspendu à sa chaîne d'or fin - un cadeau de Constance pour son anniversaire -, il l'accrocha au rétroviseur. Il le préférait au traditionnel saint Christophe, s'amusant souvent - car il savait faire preuve d'humour - à affirmer qu'en matière de sécurité routière, il valait mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints. Lorsque le portail automatique ouvrit ses vantaux il se retourna pour apercevoir Constance et les deux filles qui, comme à leur habitude, agitaient la main sur le perron du pavillon. Encore une fois son coeur se gonfla d'allégresse à ce spectacle, laissant loin derrière lui les épreuves de la nuit passée, et Jésus que ma joie demeure, diffusé à point nommé par Radio Notre-Dame, lui ouvrit une route sereine jusqu'à l'usine Amico, où il occupait un poste important. (...)
Après La Petite robe de Paul, Philippe Grimbert explore de nouveau le territoire du secret, livrant, cette fois, une part intime de sa propre histoire.
Malgré la légèreté de son titre "Chantons sous la psy" est un livre sérieux. Sérieux comme peut l'être une chanson. Chaque chanson aurait donc son secret qui "s'attache à notre âme et la force d'aimer'? L'auteur tente de déchiffrer le message latent qui s'adresse à l'auditeur dans des titres de chanson. Il voit dans chaque titre un message codé que nous percevons à notre insu."
Yvette Guilbert, Freud, Gainsbourg, Lacan, Trenet et bien d'autres, conviés sur la scène d'un grand music-hall nostalgique, nous accompagnent tout au long de ce livre dans l'exploration musicale et psychanalytique d'un art "mineur". Une vie se déroule et inscrit ses souvenirs en chansons, à l'ombre d'un poste de radio et sous le regard de son mystérieux oeil vert. Un enfant devient un adulte, des années cinquante à aujourd'hui, des rondes enfantines aux derniers succès du jour, sa mémoire chante et la nôtre fait chorus. L'auteur, psychanalyste, mais aussi compositeur à ses heures, s'intéresse à double titre au rôle psychique de cette forme d'expression, parfois dédaignée mais qui s'adresse à chacun, dès le berceau. Son livre a pour ambition de réhabiliter la chanson comme fonction première chez l'être parlant, essentielle à son développement et ménageant à chacun une introduction en douceur dans l'ordre du langage.
Résumé : Paul n'a jamais rien caché à sa femme. Un jour, il est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche exposée dans la vitrine d'un magasin. L'irruption de ce vêtement d'enfant dans l'univers feutré d'un couple sans histoire va soudain produire des effets dévastateurs et réveiller de vieux démons. De quels secrets la petite robe blanche est-elle venue raviver la blessure ?
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.