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Raison philosophique et christianisme à l'aube du IIIe millénaire
Greisch Jean ; Capelle Philippe
CERF
44,00 €
Épuisé
EAN :9782204074612
Cet ouvrage rassemble les vingt-six contributions apportées lors du congrès organisé à l'Unesco-Paris, les 20-22 mars 2000, par la Conférence mondiale des institutions universitaires catholiques de philosophie (Comiucap) et l'Association française des professeurs de philosophie des Facultés catholiques de philosophie. Première tentative de réflexion universitaire à l'échelle des cinq continents, sur les rapports de la philosophie et du christianisme, ce congrès s'est donné une double tâche: examiner les différentes tensions, positives ou négatives, passées et présentes, qui s'observent entre la raison philosophique et le christianisme; articuler les réalités contrastées des aires culturelles aux données évolutives des différents domaines du savoir. Deux questions ont commandé les débats: quelle habilitation le concept de ii raison philosophique "peut-il recevoir face à la démultiplication des centres de pensée et à l'éclatement, depuis la fin du XIXe siècle, des régimes de rationalité? Quelle est la spécification de l'espace philosophique au sein de l'intelligence de la foi? Alors que se multiplient, à l'aube du IIIe millénaire, des tentatives de bilan général, les auteurs ont visé les choses mêmes, au plan où elles s'attestent, et confronté les figures d'une raison en acte incessant de métamorphose, à la longue et bien vivante tradition philosophique du christianisme."
Exister, c'est transcender. Rapporté aux données de l'expérience philosophique, ce verbe peut s'entendre en quatre sens : transascendance, transdescendance, transpassibilité et transpossibilité. Ces six libres méditations, qui se rapportent à l'histoire plurimillénaire de la métaphysique, mais qui se laissent également instruire par l'art et la littérature, sans oublier les données de la psychopathologie, se livrent à une enquête approfondie sur l'espace de jeu de ces quatre termes, en vue d'en tirer une compréhension nouvelle de la "fonction méta" . En prêtant attention aux différentes acceptions du préfixe "méta-" qui a donné naissance au terme "métaphysique" , ces méditations battent en brèche le préjugé répandu qui veut que le désir métaphysique soit désormais sans objet.
Sous le titre Phénoménologie de la vie religieuse, choisi par Heidegger lui-même pour remplacer le titre Phénoménologie de la conscience religieuse, l?ouvrage regroupe trois séries de textes: le cours « Introduction à la phénoménologie de la religion » professé durant le semestre d?hiver 1920-1921 à l?université de Fribourg-en-Brisgau et centré sur les Epîtres de saint Paul; le cours « Augustin et le néoplatonisme », professé pendant le semestre d?été 1921; un cours sur la mystique médiévale annoncé pour le semestre d?hiver 1919-1920, mais qui ne fut pas donné. Une phrase résume l?esprit dans lequel est conduite cette exploration: « L?autonomie du vécu religieux et de son monde doit être envisagée comme une intentionnalité absolument originaire, comportant un caractère d?exigence absolument originaire; tout aussi originaire est sa teneur mondaine et axiologique spécifique. » Ces textes très riches ne montrent pas seulement comment Heidegger a investi, en quelque sorte en « chargé de mission » de Husserl, le chantier de la philosophie de la religion qui, à l?époque, était une discipline en plein essor, en se servant des concepts centraux de la phénoménologie husserlienne. Il représente en même temps un jalon capital dans le développement d?une idée nouvelle de la phénoménologie que désigne le terme d?herméneutique de la vie facticicielle. Traduit de l?allemand.
Les nombreuses " théories de la vérité " qui se sont développées au XXe siècle et dont certaines proclament haut et fort que la vérité n'est décidément pas ce qui importe, épuisent-elles tout ce qu'il y a à dire sur la vérité d'un point de vue philosophique, ou s'agit-il simplement d'une manière, à côté de bien d'autres, de prendre " rendez-vous " avec ce que Heidegger appelle le " phénomène vérité " ? Empruntée à Nietzsche, la notion, à première vue purement métaphorique, d'un " rendez-vous avec la vérité " , forme le fil conducteur d'une enquête sur les multiples manières dont les philosophes ont vécu leur rencontre avec la vérité et sur la manière dont elle les a transformés. Ce qui importe, ce n'est pas seulement ce que les philosophes ont découvert, mais aussi la langue qu'ils ont forgée pour rendre compte de leur aventure, sans oublier les conséquences personnelles qu'ils en ont tirées. Réfléchir à nouveaux frais sur les conditions et les modalités de ces " rendez-vous " nous aide à démystifier la fiction d'une " ère post-vérité " censée être le lot du monde contemporain.
Résumé : Certes, on peut toujours croire sur parole ; mais parfois il est nécessaire d'y aller voir par soi-même - De Visu, dans un retour réflexif et critique. Pour cela, rien ne vaut, dans l'interrogation de la tradition philosophique en particulier, la pratique effective des textes, un regard nouvellement jeté sur des corpus parfois trop connus, parfois oubliés. Lire véritablement, vivre les textes, c'est-à-dire voir autant que faire voir : traverser soi-même l'expérience désignée par le texte pour manifester les "choses mêmes" qui toujours s'y tiennent cachées. Ni école philosophique, ni enfermement dogmatique, De Visu est une collection de livres qui prétend à l'ouverture critique de la pensée par le déploiement de l'ancien à partir d'une interrogation qui tient compte des exigences et des situations contemporaines. De Visu, l'homme voit certes, et aussi fait voir - mais plus encore il se laisse voir, selon une autre visée qui l'envisage d'autant plus qu'elle le dévisage. C'est pourquoi tout véritable essai se mesure, non pas à notre effort résigné pour camper sur nos frontières, mais à notre audace décidée pour nous laisser transformer par cela qui, d'abord, nous était étranger. "Primum vivere, deinde philosophari" : on n'en finirait pas de recenser les usages et mésusages de cette locution proverbiale qu'une traduction un peu lâche glose par : "Avant de philosopher, il faut accumuler de l'expérience, en profitant de la vie". Pour usée jusqu'à la corde qu'elle soit, la locution continue de faire écran à la formule dont Socrate se servait pour définir sa vocation philosophique devant le tribunal populaire d'Athènes : "Vivre en philosophant". Le présent ouvrage se donne pour tâche de repenser le sens et de réfléchir aux enjeux de la formule socratique, en esquissant un parcours de la reconnaissance balisé par trois questions également cruciales : celle de la base expérientielle de la philosophie, celle des exercices qui permettent de la mettre en oeuvre et, finalement, celle du genre de salut qu'elle est susceptible de nous procurer.
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Dans notre société laïque, la chrétienté constitue-t-elle encore un sujet pertinent pour l'histoire ? Plus que jamais, répond Françoise Hildesheimer. En explorant celle de l'Eglise sur le temps long, l'historienne retrace les origines et les développements du conflit d'influence entre religion et Etat qui a enfiévré l'Occident des siècles durant. Or c'est en France qu'il a connu son paroxysme. Doctrine politique originale, le gallicanisme a prôné dès le XIIIe siècle l'indépendance temporelle de l'Eglise de France vis-à-vis du pape ; une spécificité qui, via la rupture de la Séparation, a durablement marqué notre histoire. La France, fille aînée de l'Eglise ? De Clovis à Aristide Briand en passant par Charlemagne, Charles VII et Jeanne d'Arc, Louis XIV et Bossuet ou Napoléon, ce parcours passionnant entrecroise théologie, politique, récit historique et débats d'idées pour proposer une vision inédite de l'histoire de l'Eglise catholique en France.