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l'enfance mise au pas. Hors-Série N°2
Granier Emmanuelle
L'HARMATTAN
19,50 €
Épuisé
EAN :9782140279041
Soignants, travailleurs sociaux, universitaires, organisés en Groupe Enfance issu du Collectif des 39, se questionnent depuis sept ans sur les soins psychiques apportés aux enfants. En France, depuis 2002, une panoplie de lois, de décrets, de textes administratifs et réglementaires ont complètement modifié le dispositif de santé que nous enviait le monde entier. Au nom d'une soi-disant Science et d'une vraie conception marchande de la santé, table rase a été faite d'une réflexion et d'un savoir centenaires, nés sur les décombres de la barbarie des guerres mondiales. Ce déni de l'importance de la parole, du langage et de l'histoire de chacun dans le développement du " petit homme" a imposé une conception neuro machinique, régressive, nous ramenant des siècles en arrière. Les professionnels ne peuvent plus exercer leur métier dans l'intéret des enfants, mais doivent se soumettre à des protocoles et à de bonnes recommandations qui imposent des grilles chiffrées. Durant la Covid, témoins de l'errance des politiques et de la Science, voyant ces enfants en difficulté, privés de parole, d'écoute et d'attention, se retrouver aussi privés de visage, il devint pour eux urgent d'écrire.
Dans ce numéro, le corps de l'enfant, de l'adolescent se voit exploré sous toutes ses facettes. Il ne se mue pas pour autant en objet de la science ! Bien au contraire, le voici sujet de narration par des psychiatres, psychologues, ethnopsychologues, enseignants, éducateurs... soit plus d'une vingtaine d'auteurs, avec pour maître d'oeuvre le docteur Nicolas Girardon. Les nombreuses situations cliniques racontent un corps qui fait souffrir, persécute, déstabilise un adolescent déjà fort empêtré quand tout va à peu près bien... La confrontation à la modernité des soins, du social, du sexuel, provoque l'émergence de questions souvent embarrassantes, mais ouvrant à des réflexions éthiques passionnantes et dérangeantes. Ces textes constitueront le corps, si l'on ose écrire, du numéro. Les "Varia" visiteront le paysage institutionnel dans sa diversité toujours renouvelée, le "cabinet de lecture" fera place au descriptif d'un jeu vidéo récemment conçu, s'intéressant lui aussi à l'inquiétante (bien sûr) étrangeté de la vie.
Janvier 2020. Un virus respiratoire inédit à la trajectoire fulgurante. Des effets redoutables. Les populations sous le choc sur tous les continents. La vie ordinaire qui se fige. Des mots ressurgissent, supposés révolus, issus d'un registre sémantique d'un autre age : "confinement" ou encore "couvre feu". Le 17 mars, arrêt sur image. Les Français sont confinés, comme beaucoup d'autres, tout autour du monde. Vies personnelle et professionnelle se trouvent brutalement confondues, inconciliables, bien souvent dans des espaces restreints. En famille, pour le meilleur et parfois le pire, on tente de conjuguer des réalités souvent contradictoires. Les enfants et les adolescents sont privés d'affiliation, l'isolement des étudiants ou des séniors s'accroit, les pratiques professionnelles bouleversées oscillent d'une recommandation à l'autre, tentant de s'adapter au contexte hors normes. Les conditions d'accès aux soins déjà très dégradées deviennent aléatoires. La vulnérabilité et la précarité tant physique que psychique affleurent puis explosent. La clinique doit se venter. Le digital alors, telle une planche de salut) propose une reconfiguration des liens sociaux mis à mal. S'esquissent en toute hâte les contours de cet espace de figuration, indispensable pour attraper ru vol des fragments psychiques en errance. Face aux repères qui vacillent, bon nombre de professionnels de l'accompagnement éducatif et du soin affrontent l'épreuve, tentent d'innover et renouvellent les pratiques. Toutefois, de cette métamorphose, saurons-nous à long terme tirer enseignement ? Dominique Mahyeux.
Ce recueil se propose de témoigner du projet porté par l'association l'Autre Lycée, un collectif de professionnels issus des champs de l'Education nationale et du médico-social, s'appuyant sur les pratiques institutionnelles, pédagogie et psychothérapie confondues. Ce projet innovant est fondé sur la complémentarité de deux objectifs indissociables. Le premier vise la création d'un micro-lycée public pour les jeunes en fragilité dans le système traditionnel. Le second est la mise en oeuvre d'un tiers-lieu pour la formation, le lien avec la recherche, l'expérimentation et l'essaimage des pratiques institutionnelles. Chercheurs et praticiens, contributeurs de ce numéro, ont participé au projet de l'association. Partant de la clinique adolescente qui nous interpelle, nous traverserons l'esprit de la psychothérapie institutionnelle avant de nous essayer aux expérimentations de la pédagogie institutionnelle au sein du collectif puis dans les classes, véritable préfiguration de nos souhaits pour le micro-lycée.
Au moment où les questions de genre s'imposent dans le champ social comme scientifique, où la théorie du genre et la représentation d'une fluidité des identités sexuées semblent remettre en cause l'idée d'un déterminisme inconscient au profit du contexte politico-social, au risque de confondre les deux registres comme on confond parfois le manifeste et le latent, il est temps de rappeler que cette question est indissociable des tourments de l'adolescence. Qu'en est-il de l'évolution de représentations concernant ce que Freud appelait la psycho-sexualité ? Nos approches thérapeutiques doivent-elles être sensiblement modifiées pour mieux entendre la souffrance des adolescents d'aujourd'hui ? A l'ère du digital et des avancées technologiques touchant tant nos pratiques que nos modélisations, il est indispensable d'inventer, de recréer, d'imaginer. Se laisser surprendre par des idées nouvelles est une voie de passage qui n'a jamais manqué dans l'histoire de la psychanalyse ce dont il sera question d'illustrer dans ce numéro.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.