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Le Troisième sexe. Etre hermaphrodite aux XVIIe et XVIIIe siècles
Graille Patrick
ARKHE
21,30 €
Épuisé
EAN :9782918682134
Du XVIIe au XVIIIe siècle, période où la répression judiciaire côtoie l'aube de libérations sexuelles, l'hermaphrodite est perçu à l'image de sa dualité corporelle. Pour les uns, il incarne la neutralité, la perfection, voire un idéal ; pour les autres, il figure l'altérité, la violation des bonnes moeurs, l'équivoque dans l'excès. Disséqué, au sens d'analyser minutieusement, du latin dissecare, couper en deux, cet être incertain engendre de nouveaux rapports aux fables du passé, d'insolites utopies inspirées d'Ovide ou de la Bible, ainsi que des textes scientifiques, souvent normalisateurs et moralisateurs, derrière lesquels sévit une législation coercitive, source d'éclatants procès. Entre savoirs et fantasmes, son " sexe paré d'ombre ", pour reprendre la formule d'Empédocle, offre ainsi le paradoxe d'affirmer et d'infirmer, de fissurer la raison de ces époques.
Rares sont les visiteurs du château de Versailles ou les lecteurs de La Princesse de Clèves qui voient dans ces créations emblématiques du XVIIe siècle français une quelconque influence indienne. Pourtant ces oeuvres majeures du Grand Siècle, comme tant d'autres, sont nées dans un contexte intellectuel profondément marqué par une fascination pour l'Inde, et elles en portent la trace. En quête de cette passion oubliée, Faith E. Beasley réinterroge les textes pour reconstituer les conversations qui se sont tenues dans les salons entre savants et mondains des deux sexes. Elle montre combien ces entretiens émanant des plus grands esprits de l'époque (François Bernier de retour d'un séjour de dix ans à la cour du Grand Moghol, Marguerite de La Sablière à la tête du plus savant des salons, Jean de La Fontaine, Madame de Sévigné, Bernard de Fontenelle, Madame de Lafayette...) révèlent l'engagement unique de la France envers l'Inde durant cette période. Cet ouvrage, résultat de vingt-cinq ans de recherches et de réflexion, met en évidence les nombreuses empreintes laissées par l'Inde sur la culture et les mentalités du XVIIe siècle français, qu'il s'agisse de littérature, de philosophie, de théologie, de pensée politique ou même de mode vestimentaire et d'architecture. Bien loin des représentations dominantes héritées d'un "orientalisme" du XIXe siècle imprégné de colonialisme, on y découvre une France très admirative de l'Inde, de ses savoir-faire, de ses richesses, de la pluralité de sa société et de la tolérance religieuse de ses souverains.
La tradition philosophique accueille une interrogation récurrente sur le rôle joué par les désirs humains dans l'histoire politique et institutionnelle des sociétés. Le désir d'enfant est à la fois revendiqué comme part essentielle de la vie « intime » des sujets et pris dans des logiques publiques et collectives, objet d'intervention du pouvoir. L'analyse du désir d'enfant constitue un défi pour la réflexion philosophique. Que signifie-t-il? Que vise-t-il? Quelle est sa portée morale? Au nom de quels principes peut-on fonder l'action politique à son propos? Aucune de ces questions ne reçoit de réponse simple. Pour envisager le désir d'enfant, l'enquête s appuie sur une lecture et une discussion du corpus psychanalytique consacré à la procréation, et discute la thèse de la liberté de procréation au profit d'une pensée, à la fois critique et normative, de la solidarité procréatrice.
Le pasteur Maurice Leenhardt (1878-1954), missionnaire en Nouvelle-Calédonie entre 1902 et 1926, fut une figure majeure de l'anthropologie océanienne. En parallèle de son activité de conversion, il a pratiqué l'observation de terrain pour étudier la linguistique, les arts, les mythes ou les activités traditionnelles kanak. Outre des ouvrages qui firent date (Do Kamo, 1947), le pasteur, enseignant à l'EPHE et fondateur de la Société des Océanistes, a laissé une somme considérable de documents, notes, conférences, recueil de données en langues kanak, brouillons ou correspondances... Dans cet ouvrage, issu du colloque organisé par l'université de Nouméa (2019), il est proposé de croiser les regards des spécialistes de l'anthropologie sociale, de la philosophie, de la théologie protestante, de la linguistique kanak, de l'histoire et de l'archéologie de l'Océanie, ainsi que d'archivistes, afin d'éclairer sous de nouveaux angles le legs intellectuel et scientifique de Maurice Leenhardt.
Résumé : Apparu dès l'Antiquité avec l'émergence de la démocratie athénienne, le citoyen est une catégorie indispensable pour concevoir l'inscription de l'individu dans un système politique. Pourtant, il reste extrêmement complexe à définir : la citoyenneté est-elle un statut ou un droit ? Penser le citoyen revient à dresser l'inventaire des comportements prescrits au sein de la communauté, une série de droits et de devoirs qui permettent de distinguer le bon du mauvais citoyen. Egalité devant la loi, protection de la personne, liberté d'opinion, de parole ou de croyance... les droits du citoyen sont-ils une garantie ou une limitation des droits de l'homme ? S'ils sont un privilège accordé sans condition aux habitants d'un Etat, comment expliquer l'existence d'apatrides ou de lieux de marginalisation (asile, prison) ? La citoyenneté est-elle un facteur d'inclusion ou d'exclusion ? Cette anthologie rassemble les plus grands textes sur le citoyen, de Platon à Manin, en passant par Aristote, saint Augustin, Marsile de Padoue, Hobbes, Locke, Spinoza, Montesquieu, Rousseau, Kant, Fichte, Hegel, Tocqueville, Marx ou encore Arendt.
Ce livre se veut l'archéologie d'un mépris, celui de la femme et de la féminité, tel qu'il s'exprime en Europe depuis la haute Antiquité. Chose étonnante, aucune histoire de la misogynie n'avait jamais été publiée ni même écrite jusqu'à ce jour en France. Son sujet ne porte pas simplement sur la femme en tant que telle, mais sur le terrible constat qui s'impose quant aux regards péjoratifs portés sur les femmes et la féminité. Ces regards sont ceux des hommes, parfois intériorisés par des femmes; ils sont puissamment ancrés dans les mentalités par le langage, les théories, les images, les croyances et le droit. Ainsi, les vecteurs de la misogynie sont extrêmement divers: poètes, mythographes, artistes, médecins, philosophes, enseignants, médias, mais aussi hommes d'Eglise, politiques et juristes. Comme toute archéologie, ce livre définit un terrain de fouilles, l'Europe, et nous entraîne dans un voyage autour des textes, de l'antiquité au XXe siècle. On y découvre que la misogynie s'exprime au travers de thèmes transmis et ressassés de génération en génération, et profondément ancrés dans notre culture et dans notre vie quotidienne. Comment comprendre la misogynie? Procède-t-elle uniquement de cette culture enracinée au plus profond de nous? Est-elle partie intégrante de la masculinité? D'une virilité façonnée par le vieux modèle patriarcal? Le déclin de ce dernier serait-il susceptible d'entraîner la fin d'une misogynie que l'on pensait indétrônable? Telles sont les questions essentielles auxquelles ce livre, unique en son genre, tente de répondre de façon claire et accessible.
Qu'ils soient humbles ou illustres, l'histoire romaine regorge de voyageurs ayant parcouru les immenses routes impériales. L'empereur Hadrien est probablement le plus célèbre d'entre eux. L'essentiel de son règne s'accomplit loin de Rome, des rives de la Méditerranée jusqu'aux confins de l'Empire. Voyager lui permet d'exercer son pouvoir et d'unifier un Empire à vocation universelle. Ses pérégrinations le conduisent à rencontrer les soldats des frontières, les notables des grandes cités. Savants et lettrés, mercenaires ou simples citoyens des quatre coins du monde : le voyage est propice aux rencontres en tous genre. Au fil de son périple, les villes s'embellissent et les défenses de l'Empire se consolident sous la protection des dieux. Empereur érudit et curieux, il nous invite à redécouvrir les pyramides d'Egypte, à nous émerveiller des splendeurs de la Grèce ou à contempler les ruines de l'antique cité de Troie. Ce voyage sur les pas d'Hadrien nous permet d'embrasser l'immensité et la vie quotidienne d'un Empire à son apogée, en même temps qu'il nous donne à voir le génie politique et la sensibilité esthétique d'un homme exceptionnel.
Résumé : Réchauffement climatique, invasion zombie, pandémie mondiale, tsunami géant, accident nucléaire ou black out généralisé... Parce que les désastres à venir sont aussi nombreux qu'inéluctables, des individus se préparent. Ils entassent des réserves de nourriture, construisent des abris, achètent des armes et s'exercent à la survie en milieu sauvage. Du cinéma à la téléréalité, les industries culturelles se sont emparées du survivalisme, le propageant comme un virus à la culture mainstream, tandis qu'une véritable économie internationale se met en place. Le temps est venu de décrypter ce phénomène qui s'amplifie de jour en jour. Qui sont les survivalistes ? Quelles sont leurs motivations ? Sont-ils des individus lucides et prévoyants ou de nouveaux fanatiques de l'Apocalypse ? Des Robinsons hypermodernes ou des paranoïaques va-t-en-guerre ? Découvrez la première analyse de ce phénomène qui ne connait pas de frontières, de la Silicon Valley aux endroits les plus reculés de la planète... et préparez-vous au pire !
Prince des Ténèbres, Porteur de Lumière ou Roi des Enfer, le Diable a autant de noms que de visages. Mais où est passé le monstre aux yeux exorbités, aux cornes d'ébène et à la gueule pestilentielle, la Bête vers qui convergent toutes les déchéances et les déviances du genre humain ? Grâce à une lecture brillante des textes et des images de la Renaissance et du Moyen Age, Daniel Arasse décrit l'irrésistible essor du Diable et révèle comment la culture humaniste a combattu cette ténébreuse créature médiévale pour la reléguer au rang de superstition. Pourtant, aujourd'hui, comme hier, Satan continue de hanter l'esprit des hommes. Mais depuis, nous lui avons prêté notre visage, nos habitudes, il est devenu une métaphore du "mal" qui ronge le coeur de l'humanité. Alors que la Bête ne danse plus dans les flammes de l'Enfer, le Diable n'est plus l'Autre de l'homme, le Diable est en l'homme.