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Femmes à rénover
Goyet Mara ; Giagnoni Sophie
FLAMMARION
17,30 €
Épuisé
EAN :9782081245990
Extrait Marjorie exultait : trois nouveau-nés ! Elle avait deux articles à écrire mais ils attendraient. Elle surfait d'un site à l'autre. Aucun ne disait dans quel état ni à quel endroit ils avaient été retrouvés. Aucune photo de la mère. Juste la maison et le cordon policier. «Découverte macabre», certes... mais encore ? Elle tapa sur Google : «nouveau-né Berry congélateur» et se retrouva sur le site de néonatalité de l'hôpital intercommunal. Elle réessaya avec «cadavres nouveau-nés jardin». Sans succès. Elle envisagea d'ajouter viol, buanderie, garage, compost, grenier, puits, potager, mais il était déjà 16 h 20. Elle allait être en retard à l'école. Elle prit à la hâte un pain au chocolat pour son fils, industriel et périmé (son fils, de toute façon, ne faisait pas la différence et Marjorie considérait que la malbouffe contribuait à l'épanouissement des enfants) et s'en alla, en courant. Elle adorait les sorties d'école, jauger les mères à l'aune de sa propre beauté, maltraiter aimablement Bertrand, s'entendre traiter de «canaille», se gausser un peu, rire beaucoup, sentir son aura sexuelle se faufiler entre les cartables et les pains au lait... C'était greatissime, trop trip top to be bad. Galvanisée par sa séparation récente, elle faisait de son émancipation un spectacle aux abandons mélancoliques calculés et aux provocations étudiées. Marjorie avait juste ce qu'il fallait de cernes et de désordre dans sa chevelure de tragédienne ondulée pour que l'on puisse, pensant la démasquer, la plaindre un peu et l'admirer un peu plus : sa brutalité, son manque de sentimentalité, son mari abandonné pouvaient passer pour du courage, de la pudeur et de l'authenticité. Sur un malentendu. Elle avait le don de décourager les tentatives d'interprétation. Sa beauté pâle tirait avantage de toute situation : la cuite, l'angoisse, le repentir, l'enthousiasme, l'épuisement, tout lui allait. Elle en profitait, se disant qu'elle aurait tout loisir, plus vieille, de devenir morale, gentille et douce. L'idée de chute ou de déchéance lui venait parfois à l'esprit, mais elle la rejetait comme un risque démodé. Qu'une autre puisse tuer des nouveau-nés la rassurait : elle n'était pas ce monstre cynique et froid que le père de son fils l'accusait d'être. Loin s'en fallait. Il y avait pire... C'était overdownloadce fait divers, elle allait pouvoir faire rire tout le monde avec.
Le collège sera-t-il un jour un lieu de mémoire ? Au même titre que le Panthéon, le Tour de France ou Alésia ? Alésia, surtout. Il se contente pour l'instant d'être un lieu de déboires. Là réside sa beauté tragique, là commence sa force comique. Le collège doit dans un même élan résoudre la cruelle question du toner de la photocopieuse et celle de l'immortalité des dieux grecs. Il doit convaincre les élèves de la grâce d'une pensée libre tout en leur faisant bien comprendre qu'un môme de douze ans ne va quand même pas réfuter le théorème de Pythagore. Cet univers, aussi prosaïque que complexe, est à la fois familier et méconnu. Collèges de France vous invite à une promenade pittoresque en ses murs, à la découverte de ses indestructibles monuments (les estrades, la machine à café), de ses vaillants autochtones (les professeurs, les élèves, les CPE), de ses traditions séculaires (les heures de colle, la cantine), de son charmant folklore (les sigles, le jargon), de ses mythes ancestraux (l'autorité, l'élitisme), de ses guerres impitoyables avec leurs martyrs, leurs héros, leurs félons.
Comment emmerder ses parents? Voilà une question qui tourmente chacun à son heure. Pour ceux de sa génération, elle prend un tour tout à fait tragique. Sans le vouloir, sans parfois le savoir, ils emmerdent malgré eux leurs parents dans le sensoù ils les ennuient. Loin des utopies, des rêves et des révoltes légitimes, ils diffusent un ennui tout entier pétri de leur conformisme et de leur docilité. Si, pourtant, certains d'entre eux tentent de s'adonner au sport plaisant de la transgression, la tâche est ardue. Du cannabis au trotskisme via l'échangisme,tout sera accueilli avec bienveillance, voire soulagement autant de preuves que les enfants sont en vie. Sa première ébauche d'insurrection avait consisté à arracher méthodiquement le portrait de Pierre Overney qui était collé sur la porte de la cuisine. Il avait pensé bien faire. C'était lorsd'une de ses nombreuses tentatives de réaménagement-embourgeoisement de l'appartement. Son initiative n'avait pas été bien accueillie. Il en avait été déçu. Mais enfin, ce n'était pas de sa faute s'il n'avait pas su reconnaître un militant maoïste assassiné! Il avait cru qu'il s'agissait là du poster d'un vieux chanteur folk passé de mode et que le temps était venu de s'endébarrasser. Ce fut son premier sacrilège. Bien involontaire. Mais tellement révélateur. Et ce n'était que le début..." Le trentenaire est un curieux animal dont on entend souvent parler. Une quantité incroyable de dossiers, d'études, de monographies lui est consacrée. De temps en temps, il s'exprime. Ou plutôt, il réagit. Parfois pour se plaindre (on ne lui a rien laissé), parfois pour étonner son monde (il a l'audace d'avouer publiquement qu'il a osé jadis sécher des cours de DEUG). Il s'exprime maisne se raconte pas. Pourtant, son salut viendra sans doute de sa capacité à prendre au sérieux son histoire, à la conter, peut-être à l'aimer...
Résumé : Le collège unique a quarante ans. Il est le symbole d'un espoir, d'une utopie éducative et d'un désastre. Il est tentant de l'abandonner. Ce serait inacceptable - comme renoncer à une promesse démocratique : propose-t-on de rétablir le suffrage censitaire quand les résultats des élections déplaisent ? Avec les années, on a accumulé des protocoles, des gadgets et des slogans, sans tenter d'imaginer une transmission exigeante, élégante et opiniâtre de la culture qui se soucie des élèves tels qu'ils sont. Or faire un cours sur Charlemagne en 2014 ne ressemble en rien à un cours de 1918 ou de 1975. Au Charlemagne scolaire s'oppose aujourd'hui les Charlemagne parodique, kitsch, youtubaire, qui peuplent l'esprit de nos classes. Ce livre fait un pari: proposer un nouvel âge de l'enseignement. Toute l'Ecole est concernée, pas seulement le collège. Ce serait un art du mélange et de la juste distance. A mi-chemin entre Roland Barthes et Lara Croft, le professeur doit être érudit et bricoleur: pour perpétuer la transmission de la culture et du savoir, il doit descendre de l'estrade, ruser, tout explorer. C'est le grand enjeu de l'éducation actuelle : il s'agit de trouver les moyens, dans une époque complexe, d'être juste, ambitieux et efficace.
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron.Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout. Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons...Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale.La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.J.-Cl. G.Prix spécial du jury du prix des Libraires 2019.Prix des lecteurs L'Express/BFMTV 2019.
Résumé : Les histoires d'amour ne se ressemblent pas. Cependant elles entretiennent des correspondances secrètes à travers le temps et l'espace. Alice et Vincent s'aiment, aujourd'hui, à Paris : ils ont l'art et l'érotisme en partage. Leur passion entre mystérieusement en résonance avec d'autres amours, des collines de Rome aux rivages du Brésil, et jusque dans la Grèce antique. Dans cette chasse éperdue où l'on ne sait plus qui fuit et qui assaille, on croise Piero di Cosimo, l'énigmatique peintre de la Renaissance, Diane et Actéon, chasseurs illustres, Ariccia et Philippe, égarés en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale, et bien d'autres amants pris dans les tumultes de l'Histoire.