Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Sexe, dieu et capital. Soumission de Houellebecq : entre réthoriques néréactionnaires et politiques
Govrin Jule ; Barthélémy Lambert
POST
13,00 €
Épuisé
EAN :9791092616156
Le 7 janvier 2015, jour de l'attentat contre Charlie Hebdo, paraissait le livre de Michel Houellebecq, Soumission, dystopie inspirée par la thèse du "grand remplacement". En couverture du numéro de Charlie Hebdo paru le même jour, la caricature d'un Houellebecq décati, proférant : "En 2015 je perds mes dents... en 2022 je fais ramadan". C'est cette cruelle séquence historique, stupéfiante de compacité symbolique, que la jeune philosophe allemande Jule Govrin se propose ici d'analyser. Elle montre comment Soumission s'inscrit dans un agencement néoréactionnaire européen, homophobe et islamophobe, fondé sur la haine de 68 et sur l'idée d'un retour aux "valeurs" patriarcales traditionnelles présentées comme ultime refuge face aux injustices du néolibéralisme économique. "Soumission comporte une charge réactionnaire dont l'efficacité n'est pas seulement due aux conditions de sa parution et à la provocation calculée qu'il contient. La force du texte résulte des stratégies narratives de mise en scène, qui guident le regard du lecteur vers une réalité prétendue, décrite comme un combat culturel et sexuel. Si l'on prend cette forme d'efficacité au sérieux, il n'est finalement plus très important de savoir si Houellebecq a jamais été le nihiliste raffiné et en même temps extravagant, encore un peu de gauche malgré tout, pour lequel il continue de passer. Il est possible que pour basculer du rôle d'agent provocateur de gauche à celui d'"anarchiste de droite" il se soit laissé emporter par le darwinisme social des thèses formulées par ses personnages. Dans le marécage où vivent ceux qu'on regroupe sous le concept de "néoréactionnaires", ce genre de revirement d'opinion est relativement fréquent."
La petite ville côtière d?Ashkelon, au Sud d?Israël, est pour les trois protagonistes du nouveau roman de Michal Govrin le théâtre d?un amour d?été. Avec l?argent que ses parents lui ont donné pour un stage de secrétariat, Esther Weiss, qui vient d?achever sa scolarité dans un lycée religieux, s?offre une robe à bretelles et descend au dancing de la plage. Au bar, Moïse Derhy, arrivé droit de Paris pour l?enterrement de sa mère, boit un Campari. Son regard est aimanté par la jeune fille qui se tient, solitaire, à l?autre bout de la piste de danse, inconsciente de sa beauté. Derrière le comptoir, Alex Morgenstern, embauché au début de la saison alors qu?il débarquait de Buenos Aires, observe cet homme plus âgé que lui, dont il admire la mise élégante. Avec pour musique de fond les tubes des années soixante, pendant lesquelles se déroule l?action, le décor est en place. En impeccable dramaturge, Michal Govrin rend inéluctable la tempête amoureuse. Chacun de ses personnages en effet se trouve dans une impasse de son histoire personnelle, et chacun vivra le choc de la rencontre comme une révolte: Esther étouffe chez ses parents, tous deux rescapés de la Shoah, propriétaires d?une poissonnerie dans la petite ville. Moïse vit une crise avec Catherine, sa femme française, et leur fils Jean. Alex, l?Argentin taciturne, veut laisser loin derrière lui Buenos Aires, les activités politiques qu?il y menait et le secret honteux de son père psychanalyste.
Le carnet était donc aussi à mon insu un pense-bête : le seul endroit où, en dehors de ma mémoire qui a ses défauts et ses trous, ces noms-là étaient inscrits. Celles ou ceux qui les portent sont encore parfois présents à mon esprit. D'autres au contraire dorment à l'abri de mes pensées et ne se réveillent que sous mes yeux. La hiérarchie que cela crée entre ces noms est virtuelle, fluctuante, aléatoire. Ils excitent encore l'envie ou le regret, la curiosité ou l'amusement. Ma liste a été constituée de façon quasi aléatoire. L'anonymat des élu(e)s sera respecté, seule étant indiquée, comme sur l'encoche imprimée du carnet d'origine, l'initiale du nom propre."
Ce volume rassemble la plupart des textes issus des communications présentées à l'occasion des premières journées d'études du Laboratoire Langue, Société, Education (LangSE) basé à la Faculté de Linguistique Appliquée de l'Université d'Etat d'Haïti. Ces journées ont été organisées les 30 juin et 1er juillet 2015 autour de la thématique centrale "Le créole haïtien : description et analyse". Le livre se divise en deux parties pour sept contributions. La première partie est consacrée aux "aspects syntaxiques et phonologiques" et comprend quatre contributions. La seconde prend en compte les "aspects lexico-sémantiques" et comprend trois textes. Chacune de ces contributions prend appui sur le créole haïtien pour la constitution du corpus qui y est analysé. Il s'agit à chaque fois d'une contribution qui explique un point précis du fonctionnement de la langue. Ce livre inaugure une série de publications que le LangSE se propose de faire dans les domaines de ses compétences, notamment dans celui de l'analyse et la description du créole haïtien.
Le chercheur montre que les grands aménagements urbains font l'objet de décisions régaliennes que les procédures de concertation citoyenne ont pour fonction de déguiser. Il décrit le dysfonctionnement de ce processus "dé-démocratique" dont il trouve l'origine dans la construction du quartier de la Défense à Paris, au début des années 1960.
Résumé : Depuis plus de quarante ans, les artistes italiens Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi traversent le monde et embrassent le xxe siècle depuis leur atelier milanais qui a tout d'un laboratoire d'alchimiste. Les images qu'ils nous adressent régulièrement, films, vidéos et installations, sont bien plus que des nouvelles : ce sont des révélations. A partir de documents d'archives aussi bien que de films amateurs de la première moitié du XXe siècle, dénichés et collectés précieusement, Yervant Gianikian & Angela Ricci Lucchi recadrent, déplacent, resserrent, colorisent, ralentissent. Libérées du regard et de l'idéologie de leurs auteurs, désaliénées, les images de notre passé font retour mais autrement, comme si nous les voyions pour la première fois. Les artisans de cette révélation ont pris pleinement acte de la révolution opérée par le cinéma et ses dérivés, qui se sont imposés en arts de notre temps. Avec eux, le siècle devient simultanément vécu, filmé et regardé. Ses images persistent et reviennent. A travers la colonisation, le fascisme, l'impérialisme ou la guerre, les artistes créent une continuité inédite entre passé, présent et futur. Mystérieusement, par un effet duel de ce sortilège, le temps retrouvé fait à nouveau histoire tout comme ses images font poème, rendues à leur liberté sauvage et à leur pouvoir de sidération. A l'invitation du Centre Pompidou et en association avec le Festival d'Automne, Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi présenteront la rétrospective intégrale de leurs cinquante films et un inédit commandé pour l'occasion, avec une exposition consacrée à leurs installations, la première en France après la Biennale de Venise, le MoMA de New York ou le Hangar Bicocca à Milan.
Résumé : "Winter is coming" - l'hiver vient. Cette inquiétante prophétie, leitmotiv de la très politique série Game of Thrones, n'est sans doute pas étrangère à son exceptionnel succès mondial. Car nos présentes "années d'hiver" témoignent du règne bien réel et sans partage des "Marcheurs blancs" d'une économie devenue synonyme d'impuissance politique. Elles appellent une contre-offensive tout aussi réelle, à l'image de celle qu'ont initiée les mouvements citoyens qui se sont exprimés sur la place publique en Espagne, en Grèce, aux Etats-Unis, et dont le parti espagnol Podemos a spectaculairement émergé en 2014. La fantasy médiévale de Game of Thrones, tout entière versée dans la conquête et la préservation du pouvoir - tantôt par la ruse, tantôt par la force, le plus souvent par une combinaison des deux fournit au porte-parole de Podemos Pablo Iglesias et à ses camarades l'occasion de questionner à nouveaux frais les stratégies politiques à mettre en oeuvre lorsqu'on ne prétend plus seulement critiquer le régime dominant (ce dont ce dernier s'accommode bien volontiers), mais bel et bien le renverser. Il en résulte un passionnant ouvrage de politologie collective appliquée, où les situations et personnages de la série et les grandes théories de Nicolas Machiavel, Thomas Hobbes, Antonio Gramsci, Lénine, Carl Schmitt et Ernesto Laclau s'éclairent réciproquement.