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Radicalité et idéal
Goussault Bénédicte ; Décaillot Maurice ; Laverne
SYLLEPSE
7,00 €
Épuisé
EAN :9782849503591
La grandeur de la Convention, écrivait Victor Hugo, fut de rechercher la quantité de réel qui est dans ce que les hommes appellent l'impossible". Demain ne peut pas n'être que le triste aujourd'hui ripoliné d'une couche de printemps. Il semble que le temps soit venu de chercher la sortie des impasses du siècle précédent. Les radicalités sont de retour. La mise à jour des désastres actuels, provoqués par une finance avide de profits faciles, provoque une onde de choc. L'indignation est en hausse, grimpant jusqu'aux sommets de l'Etat et du grand patronat. "Comment tolérer ça ?", disent-ils... Ça ? Les paradis fiscaux, les retraites parachutes faramineuses, les stock-options incroyables ? Sans doute. Mais plus encore cette face cachée de la finance : l'exploitation, la précarité, la misère... Et une austérité générale présentée comme la seule réponse à la crise, le prix juste d'un endettement injustifié. Bref, le capitalisme ! D'où l'invitation à ne pas se limiter à l'indignation, se cantonner à l'urgence de la défensive, mais à affronter le temps long d'une projection vers l'avenir. Sans oublier la question de la refondation d'une perspective de changement radical, dans l'immédiateté. Et interroger les rapports avec l'idéal. Après les impasses historiques du 20e siècle, l'empirisme est souvent présenté comme la vertu permettant de s'immuniser contre le dogmatisme. L'ambition doit être autre. Refonder l'idéal (ou l'utopie), une exigence radicale et urgente ? Réhabiliter la révolution, une tâche pour le présent ?
Devenue protectorat le 12 mai 1881, la Tunisie a dès lors connu une réorganisation sur des bases politiques et économiques nouvelles par la France. Un peuplement français s'est alors constitué. C'est son histoire qu'étudie cet ouvrage : sa lente formation, l'oeuvre qu'il accomplit, ses courants d'opinion, ses rapports avec les Tunisiens et les diverses communautés, son intégration dans le pays - dont 1931 marqua l'apogée - parallèlement à la montée du nationalisme tunisien, prélude à l'indépendance, en 1956, et à l'éviction des Français.
Ce récit de vie noue, tisse et enchevêtre avec finesse les fils épars de l'itinéraire d'une femme, Danielle. Née dans un milieu ouvrier stéphanois, elle retrouve avec fierté une généalogie féminine de mères et de grands-mères qui se croise avec une lignée de métallurgistes, ajusteurs fraiseurs. Danielle Coles, devenue conseillère en économie sociale familiale, nous fait partager la complexité et la richesse de ce métier de femme, proposant repères et réflexions. Actuellement responsable d'un service à la mairie de Meaux regroupant tous les agents travaillant dans les écoles primaires et maternelles, elle travaille avec les femmes dites de " service " à la reconnaissance de leur valeur professionnelle. L'analyse du " fait ménager ", central dans la vie des femmes, éclaire les phénomènes de dévalorisation liés à ces tâches. Les moments de formation porteurs d'espoir constituent la genèse de ce travail. L'auteur s'est saisi de l'enjeu d'une maîtrise en sciences sociales pour dire son histoire, à l'instigation du Maître Gaston Pineau, elle tente de " produire sa vie ". Au-delà du récit personnel, c'est à une universalité de la complexité des relations mères-filles, hommes-femmes que nous accédons.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.