Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
GERMAINE AU LONG DES JOURS
GOUBERT
LETTRES/MONDE
23,92 €
Épuisé
EAN :9782730102117
Pierre Goubert propose ici un choix d'histoires courtes, d'inspiration et de facture diverses. S'il fallait leur chercher un point commun, on le trouverait peut-être dans un désir de fixer un moment de la vie des principaux personnages, d'où des coups de projecteur, le recours à des techniques empruntées au cinéma, au théâtre, à la télévision, qui permettent de situer ce qui se passe sur le rectangle de la page comme sur un écran. Les phrases peuvent y trouver place en fonction de l'endroit d'où viennent les voix ou de la situation des objets. On pourra en craindre une lecture plus difficile. Il n'en est rien. Ces procédés visuels (dont il est fait un emploi mesuré) vont au contraire dans le sens d'une plus grande simplicité.
Résumé : Pierre Goubert écrit dans son introduction : "J'ai éprouvé le désir et presque le besoin de m'intéresser à tous les hommes, et non seulement à ceux qui brillèrent par leur naissance, par leur état, par leur fonction, par leur richesse ou par leur intelligence. En une France d'abord paysanne, j'ai essayé de connaître les paysans. En des villes ou dominaient les "arts méchaniques" et la "ville populace", je n'ai pas voulu limiter mon enquête aux grands marchands et aux officiers, minorités quand même". Son ouvrage est fondamental ; il a renouvelé les connaissances sur la France réelle, celle des provinces, de ce XVIIe siècle "souffrant", plus vrai que le siècle de Louis XIV. S'appuyant avant tout sur des documents locaux de première main, l'historien privilégia le quantitatif et le "sériel" comme les "meilleurs éléments de l'histoire économique et sociale". Son enquête approfondie dans le laboratoire beauvaisin, le croisement d'un riche corpus de sources, lui permirent de décrypter l'envers du Grand Siècle et d'en renouveler la vision classique des historiens. Pierre Goubert sut ainsi rendre compte des diverses couches de la population du Beauvaisis, à la ville comme à la campagne, s'intéressant aux structures démographiques et économiques, aux hiérarchies sociales, comme à l'évolution et aux effets de la conjoncture d'un large XVIIe siècle, affecté par des crises de subsistances chroniques, des surmortalités et des troubles sociopolitiques. Cette ouvrage est la réédition d'un grand classique de l'histoire sociale dans la collection "Les classiques de la Sorbonne".
Il existe, soutient Chateaubriand, un monument précieux de la raison en France : ce sont les cahiers des trois ordres en 1789. Là se trouvent consignés, avec une connaissance profonde des choses, tous les besoins de la société". La Révolution est née de la conjonction d'une crise économique et d'une crise politique où s'affrontaient la monarchie, incapable de se réformer, l'aristocratie, attachée à ses privilèges, la bourgeoisie, enrichie par la prospérité économique de la veille et enhardie par les Lumières au point de vouloir gouverner, et les éclats inattendus, anciens dans beaucoup de leurs traits, nouveaux dans d'autres, du prolétariat des villes et des campagnes subitement poussé à de brutales et massives initiatives. Dans ce climat complexe furent rédigés, en toute liberté, le plus souvent à la fin de l'hiver 1788 et au début du printemps 1789, en pleine crise, des dizaines de milliers de cahiers de doléances. Pour la première fois, la majeure partie du peuple de France a la parole. Des dizaines de milliers de cahiers, Pierre Goubert et Michel Denis ont extrait les passages les plus significatifs et les plus vivants. Le lecteur demeure frappé par leurs contradictions, leur médiévalité autant que par leur nouveauté.