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Néozapatisme : échos et traces des révoltes indigènes
Gomez Carpinteiro Francisco ; Holloway John ; Mata
SYLLEPSE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782849503614
Pourquoi tourner à nouveau notre regard vers les zapatistes du sous-commandant Marcos? Parce que partout, des indignés de New York et d?Espagne aux révoltés de Tunis et du Caire, sans oublier ceux des quartiers populaires français, une question se pose: que faire de la colère? Que faire? La question posée par Lénine continue à être pertinente alors même que sa réponse a cessé de l?être. En effet, nous votons, nous changeons de gouvernement, nous manifestons, nous occupons les rues, nous demandons que cela change? Et rien ne change! Bien entendu, le livre ne nous invite pas àchercher au Chipas un modèle! Il nous convoque cependant à y trouver l?écho d?une nouvelle manière de parler de la révolution, de manière stimulante et créatrice. Au point que partout dans le monde, le « zapatisme » est présent dans la culture des nouveaux mouvements de contestation. Comment un groupe de paysans indiens a-t-il pu devenir une telle source d?inspiration? Cela a sans doute à voir avec les crises des notions de progrès, d?industrialisation, d?avant-garde, et sans aucun doute avec les échecs des révolutions du 20e siècle. Ce livre, venu de la prestigieuse université de Puebla, nous propose d?explorer les questions que soulève l?insurrection zapatiste. Il ne s?agit pas ici d?une enquête de sociologues mais de la prise à bras-le-corps d?un défi théorique et pratique. Pour ce faire, les auteurs se tournent vers l?école de Francfort, Ernst Bloch et Michael Bakhtin qui ont tracé, il y a plus de cinquante ans, les voies d?une critique de l?orthodoxie « marxiste ». Et ces pistes se croisent avec celles qu?ont tracées les zapatistes dans les forêts du Chiapas. Ils nous invitent ainsi à pénétrer dans le réalisme magique de l?Amérique latine en organisant la rencontre dans la jungle mexicaine entre Walter Benjamin, Theodor Adorno et les commandants zapatistes. Il ne s?agit de rien de moins que de mettre un terme à l?amertume de l?histoire et de repenser les modalités d?un mouvement d?opposition qui aille au-delà du système mortifère dans lequel nous vivons.
La Femme d'emprunt Inutile de tergiverser : tout José qu'il soit au regard de l'état-civil, le charmant Pepito se sent femme, se veut femme, ce qui est plutôt mal vu, singulièrement pour le fils d'un général franquiste. Au moins le statut paternel a-t-il l'avantage de rendre quotidienne la proximité de séduisants bidasses - comme Téo, première passion de notre "femme d'emprunt". Las ! Le beau soldat est démobilisé et même, horreur, convole. Une éducation "à la dure" va-t-elle pouvoir redresser cette fâcheuse "erreur de la nature" ? Pepito se retrouve dans une école militaire, mais affecté au service de la femme du colonel qui, sous sa discutable influence, reprend un peu trop goût à la vieà Exit Pepito, que l'on retrouve en Angleterre, puis en France où il exerce le métier assez rare de couturière pour travestis. Une opération, dûment sanctifiée par l'approbation d'une religieuse missionnaire à la rhétorique peu commune, mettra fin au cheminement chaotique de Pepito vers sa "vraie nature". On s'en doute, Agustin Gomez-Arcos s'amuse fort dans ce récit picaresque moderne où foisonnent les personnages truculents et les situations farfelues avec juste, ici ou là, un mot sur la solitude des "différents", vite retourné en pirouette.
Deux romans, L'agneau carnivore et Maria Republica ont fait d'Augustin Gomez-Arcos l'un des jeunes écrivains français les plus remarqués. Ceux qui ont reconnu son indiscutable talent ne seront pas déçus par Ana Non qui ajoute une dimension à cet auteur.Ana Paücha, surnommée par elle-même Ana Non, était une femme de la mer, du soleil et du bonheur, éblouie par son mari pêcheur et ses trois garçons. Le mari et ses deux fils aînés sont morts à la guerre, le fils cadet est en prison. À soixante-quinze ans Ana Non ferme la porte derrière elle pour entreprendre un fabuleux voyage: elle va, en marchant, aller embrasser son fils en prison et lui porter un gâteau pétri de ses mains; voyage vers le nord de l'Espagne, voyage d'amour et de mort, d'initiation et de connaissance, voyage imaginaire plus vrai que le réel dont Augustin Gomez-Arcos a entrepris de nous raconter les diverses péripéties. Ana Non offre ainsi l'un des plus beaux personnages de femme de la littérature en même temps qu'une étonnante allégorie de la condition humaine.
Le muet, c'est d'abord le poète. Ce livre est né de l'étonnement provoqué par une pensée poétique d'André Du Mouchet: [...] invariablement je suis dans la langue le muet". Le poète est le muet qui habite la langue et qui la fait parler. Il combat avec les mots, il veut qu'ils saisissent l'inatteignable, ce monde enseveli dans sa mémoire qui n'appartient pas au langage et dont seule la" langue étrangère "qui écrit les beaux livres (Marcel Proust) est capable, dans les moments rares de l'émotion poétique, d'appréhender quelques signes pour les faire entendre et voir. Le muet, c'est l'infans, immergé depuis sa naissance dans un bain de paroles qu'il ne peut pas comprendre. Il est l'enfant primitif, l'enfant disparu et présent qui notas habite, l'enfant muet qui sans cesse fait parler de lui. Il surgit des traces d'expériences vécues, des vivances, de l'éprouvé sensible le plus précoce qui nous a pour toujours marqués et qui n'a jamais été dit. Cette langue muette est celle que l'analysant cherche à traduire en paroles, et que l'analyste tente d'entendre au cours des séances ou lorsqu'il écrit pour essayer de transmettre l'expérience analytique. Elle est la métaphore de ce que le langage ne peut pas rejoindre et qu'il s'efforce obstinément de dire. L'auteur explore les frontières où la parole émerge du silence, où une langue est traduite dans une autre. En suivant le paradigme de la pensée freudienne, qui n'a pas cessé de confronter la psychanalyse avec les oeuvres des grands écrivains, il essaye d'entendre dans la parole poétique, et dans la parole dite en séance, au-delà de leurs radicales différences, ce que l'une et l'autre révèlent de la relation fondamentale que l'homme entretient avec le langage. L'infans est un polyglotte qui peut apprendre n'importe quelle langue. On fait souvent l'éloge du plurilinguisme. E. auteur rappelle que le polyglotte est souvent un exilé dans toutes les langues. Lui-même bilingue, il nous invite à entendre l'enfant étranger qui habite dans une langue natale, celle de la poésie, celle de l'enfance, celle qu'on cherche à retrouver dans l'expérience de la psychanalyse."
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.