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Le Recours
Goldschmidt Georges-Arthur
VERDIER
13,18 €
Épuisé
EAN :9782864324294
Pensionnaire chargé de soins domestiques dans une institution des montagnes de Haute-Savoie, soumis à des punitions archaïques, un adolescent orphelin et solitaire s'initie à l'étrangeté de vivre à travers les angoisses de la guerre, la découverte des paysages, les émois du corps, les rencontres et la littérature. De punition en punition, il finit par oublier son malheur en se délectant de ce qu'on lui inflige, et paye sa survie illégitime - porter un nom juif, bien que protestant, dans un monde dominé par le nazisme - par le contentement de vivre, comme en remerciement à ceux qui se sont risqués pour lui. Plus tard, il découvre Paris, retourne sur ses propres traces dans l'Allemagne sans lendemains de 1949, et s'émerveille de l'amour pour une femme. Récit.
Entre les langues passe ce qu'elles manquent et circule ce dont elles proviennent. Deux langues en parallèle mettent sur la voie de ce qui fuit en elles et l'écriture ne tentera jamais autre chose que d'en cerner l'origine muette. L'écriture n'est que traduction de ce qu'elle tente vainement de saisir. Comment se manifeste cette distance, c'est ce que de livre en livre, de page en page, elle tente d'établir. Dès qu'elle s'y met, elle se figure atteindre ses fins dernières et se confondre avec ce qu'elle dit, or elle échoue chaque fois, c'est bien aussi pourquoi elle existe. Chacun tente de communiquer sa certitude, sa sensation d'exister, à la fois intime et anonyme, lumineuse et indémontrable. Or, Kafka, Artaud, Saba ou Gombrowicz et Genet ont bien montré, parmi tant d'autres, que cette certitude était celle du corps propre et le désir est peut
L'événement initialJemand muQuelqu'un avait dû calomnier Joseph K. car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin.Dès les premiers mots du Procès, tout est changé, tout est désormais placé sous le signe de l'irrémédiable: il y avait un avant, et dès l'arrestation tout est après. C'est à peine si elle a matériellement lieu. Tout ce qui est après est désormais radicalement séparé de ce qui fut avant. Tout ce qui, l'instant d'avant, était possible n'aura jamais lieu puisque l'arrestation est venue interrompre le fil. Le réel n'est qu'un état irréversible du possible, à jamais figé.Tout est infléchi par cette arrestation que Joseph K. construit lui-même, pas à pas, simplement en la «prenant au mot», selon ses modalités mêmes. Il en est à la fois l'objet et le sujet. Et cette arrestation le laisse entièrement libre de ses faits et gestes. Tout découle de ce qu'il fait et de ce qu'il ne le fait que comme il le fait, son destin est établi par ses faits et gestes. Une fois qu'une action a eu lieu, elle est irréversiblement faite.Tout se passe - et tout est là - comme si à partir d'un premier déclic, Joseph K. procédait à sa propre arrestation. Il sonne, on vient. Ce n'est pas Anna, la cuisinière de madame Grubach, sa logeuse, qui lui apporte comme d'habitude son petit déjeuner, mais c'est le gardien venu l'arrêter, or il n'est entré qu'après que K. a sonné. On ne sait pas s'il ne vient que parce que Joseph K. a sonné ou s'il serait entré plus tard de son propre fait, simplement: il entre lorsque K. sonne, rien de plus. Il n'est pas dit qu'il entre parce que Joseph K. a sonné, mais lorsque Joseph K. a sonné. Il sonne, il entre, l'un et l'autre coïncident, c'est tout.Vous avez sonné? lui demande-t-il.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Vite, des cabanes. Pas pour s'isoler, vivre de peu, ou tourner le dos à notre monde abîmé ; mais pour braver ce monde, l'habiter autrement : l'élargir. Marielle Macé les explore, les traverse, en invente à son tour. Cabanes élevées sur les ZAD, les places, les rives, cabanes de pratiques, de pensées, de poèmes. Cabanes bâties dans l'écoute renouvelée de la nature - des oiseaux qui tombent ou des eaux qui débordent -, dans l'élargissement résolu du " parlement des vivants ", dans l'imagination d'autres façons de dire nous.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.