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Le Campiello
Goldoni Carlo ; Herry Ginette ; Tasca Valeria
CIRCE
10,00 €
Épuisé
EAN :9782842422219
Une mi-février un peu frisquette sur un campiello (ou petite place) de la Venise pauvre. Loin des palais et de la Place Saint-Marc, loin des canaux et des gondoles, un jour de carnaval sans masques et sans confettis où l'on travaille et où l'on rêve, où l'on se courtise et se bagarre, où l'on rivalise et se fiance, où l'on s'insulte et fait des projets, où même on se marie : la belle Lucietta épouse Anzoletto le mercier ambulant et, par miracle, on fera la fête. Car un jeune et noble voyageur napolitain, arrivé à Venise pour y perdre ses derniers sous dans les plaisirs du carnaval, est descendu dans la modeste auberge de la place. Il aime se retrouver en compagnie et c'est lui qu'Anzoletto prend pour témoin, c'est lui qui paie à midi le repas de noce et même, à tous, une nuit de fête car lui aussi se marie. Il épouse Gasparina, une autre belle enfant du campiello, qui a de la naissance et un rien de dot, qui rêvait de grandeurs... Le lendemain, le Chevalier partira pour Naples avec elle, mais il a mis pour dix ans sa prodigalité sous la tutelle de l'oncle de la belle. Le lendemain, le campiello reprendra le cours de sa vie ordinaire.
En tous pays on se pique. De molester les talents ;. Goldoni voit maint critique. Combattre ses partisans.On ne savait à quel titre. On doit juger ses écrits ;. Dans ce procès on a pris. La nature pour arbitre.Aux critiques, aux rivaux,. La nature a dit sans feinte."Tout auteur a ses défauts,. Mais ce Goldoni m'a peinte.".
Les deux comédies qui se trouvent ici réunies sont parmi les plus originales du théâtre si divers de Goldoni. Dans Le Café, pour la première fois, le dramaturge vénitien choisit de représenter, non pas "une histoire, une passion, un caractère" comme il en a eu coutume jusque-là, mais un ambiante, un milieu. Ce sont donc moins les personnages qui sont mis en valeur, que les relations tissées entre eux par l'intrigue ; non leurs traits psychologiques et moraux, mais leur raison sociale et professionnelle. Dans Les Amoureux, tout au contraire, Goldoni renoue avec l'étude de caractères. Il analyse avec finesse les rapports tumultueux de deux personnages victimes d'un amour qui les met au bord de gestes irrémédiables. Certes, la passion n'est pas absente de ses autres pièces, mais nulle part elle n'a cette importance paradoxale d'un amour partagé et néanmoins autodestructeur ; jamais encore des amants n'ont été, aux dépens de tous les autres personnages, les deux sujets principaux de la comédie.
Résumé : Un des plus originaux et des plus grands auteurs comiques européens, Goldoni, devait figurer dans la Bibliothèque de la Pléiade. Le volume qui lui est consacré contient dix- huit pièces qui ont été choisies avec soin parmi les plus significatives et les plus représentatives des divers aspects de son talent, Le Valet de deux Maîtres, Le Café, La Locandiera, Les Amoureux, Les Rustres, la trilogie de La Villégiature, Barouf à Chioggia, L'Éventail, etc.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.
Anna Akhmatova (1889-1966) eut très tôt conscience d'avoir donné la voix aux femmes dans la poésie russe en leur " apprenant à parler de l'amour ". Dès ses deux premiers recueils Le Soir et Le Rosaire, parus en 1912 et 1914, elle devient une star avant la lettre, étant imitée par les jeunes femmes dans sa façon de s'habiller et de se coiffer, suscitant surtout une multitude de vocations poétiques et d'épigones durant des décennies, en dépit même de l'ostracisme officiel, de l'interdiction de publier qui la frappera en 1926-1939, puis de 1946 à 1958. Aujourd'hui encore, les jeunes mariées se voient offrir un livre de celle qui pour les russophones restera à jamais le chant même de l'amour. La nouveauté radicale d'Akhmatova, qui représentait aux côtés de Goumiliov et Mandelstam le mouvement acméiste appelé à rompre avec le flou métaphysique et formel du symbolisme, résidait moins dans la " déferlante amoureuse " de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant " puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques ", elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse. " L'héroine lyrique, comme le notait dès 1923 le grand critique russe Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ".
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob. Le tout sous le regard d'employés, de marins et de serviteurs qui mènent leur vie sans se mêler de celle des maîtres. Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni lui-même en butte à Venise à des factions rivales ou contraires ?...