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La fêlure du monde. Éthique et sida
Glucksmann André
FLAMMARION
18,60 €
Épuisé
EAN :9782080667205
Oui, il existe une responsabilité humaine, éthique et juridique du savant face aux formidables pouvoirs que la science moderne lui confère. Ni Einstein, ni Sakharov, ni Oppenheimer n'ont estimé déshonorant de rendre compte, en citoyens, des capacités dont ils dotaient, en chercheurs, les Etats. Oui, il existe une responsabilité propre au corps médical et à l'ensemble des spécialistes de la santé, qui manipulent des puissances vitales et létales. Le transfuseur, au même titre que l'employé de Tchernobyl, décide, pour partie, du futur de l'humanité. Oui, il existe une responsabilité de chacun : le sida réveille les questions fondamentales ; la plus intime, celle de la confiance que se portent deux êtres qui s'aiment ; la plus sociale, dans une situation où, fût-ce à son insu, tout homme, toute femme peut en même temps aimer et tuer.
L'homme est en pleine crise. Une crise grave. Non point un accident de parcours, un accroc dans la malle de nos certitudes, mais une prise de conscience d'une incertitude irréductible. L'Européen du XXe siècle, élevé dans le culte des idées claires, peut avoir l'impression qu'il est le premier à affronter l'impensable, qu'il découvre l'incertitude dans des domaines aussi différents que la philosophie politique, les mathématiques, la psychanalyse ou la stratégie nucléaire. Mais penser l'impensable, c'était déjà le lot des héros de la tragédie grecque, d'Oreste, des hommes du XVIe siècle pris, comme Montaigne, dans des tourbillons meurtriers, etc. Comment réagir à l'incertitude irréductible ? Il y a ceux qui choisissent le cynisme, comme Jean Bodin qui a fondé l'Etat moderne, machine rationnelle contre les folies des guerres de religion, comme tous ceux qui choisissent la voie de l'efficience contre la mort. Mais à lui seul, le cynisme n'est pas une réponse. Il est impuissant devant l'angoisse, la peur du malheur, du mal partout présent, de la mort. Il doit reconnaître la place de la passion, de l'amour de mortels pour d'autres mortels. Athéna, la déesse de la raison, parle peut-être moins aux hommes d'aujourd'hui qu'Oreste, le Christ, Soljenitsyne... Après Les Maîtres penseurs, André Glucksmann a écrit, avec Cynisme et Passion, son "maître livre", celui qui soulève tous les problèmes de notre destin individuel comme de notre destin collectif.
Qui est-il ? Ici, le philosophe s'explique. Son mépris pour le qu'en dira-t-on vient de loin. Il nous conte sa vie clandestine de bambin traqué, pris dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, le père tué en 1940, la mère, résistante et solitaire, dépourvue de diplômes mais armée d'un bon sens imbattable, dont il découvre et nous révèle qu'il a tout appris. Scène primitive : l'enfant révolté dans une pension d'orphelins juifs trouble une première fois la fête et balance son soulier sur les notables qui célèbrent la paix revenue. Comment une rage de môme devient-elle la colère de toute une vie ? L'album de souvenirs familiaux côtoie la découverte des poètes (Hugo, Baudelaire, Mallarmé) et les engagements risqués (enfance communiste, Mai 68, boat people avec Kouchner, Sartre et Aron, dissidence antisoviétique avec Foucault et Bernard-Henri Lévy). André Glucksmann a récidivé en optant très tôt pour Nicolas Sarkozy au grand émoi du tout Paris intellectuel. Une stratégie du pavé dans la mare ?André Glucksmann, philosophe et essayiste, a notamment publié en Pluriel Ouest contre ouest (2004) et Le Discours de la haine (2005).
Au début du XXe siècle avec la naissance d'un mouvement va bouleverser les représentations de l'espace dans l'art: le cubisme. Cette école d'art, florissante de 1810 à 1930, se propose de représenter les objets décomposés en éléments géométriques simples (rappelant le cube) sans restituer leur perspective. La réalité devient une illusion et les artistes jouent à recomposer cette identité afin de susciter une image nouvelle. Ainsi on redécouvre l'univers des cubistes par les lieux de prédilection des artistes (le Bateau-Lavoir). On explore aussi les Arts comme le cinéma ou la poésie qui suivirent le mouvement sans modération. On confronte les péripéties des peintres et des sculpteurs (Braques, Delaunay, Gleizes, Metzinger, Picasso, etc.) afin de comprendre leurs oeuvres. Enfin, le cubisme se dévoile à travers ses spécificités comme le trompe l'oeil et le collage. Les oeuvres importantes se décomposent et révèlent la maturité de leurs auteurs pris dans un élan de liberté artistique. Un ouvrage pour dire: « Ce qui différencie le cubisme de l'ancienne peinture, c'est qu'il n'est pas un art d'imitation mais un art de conception qui tend à s'élever jusqu'à la création. » (Appollinaire)