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Ecriture et désécriture du texte poétique. De Maurice Scève à Saint-John Perse
Glauser Alfred
NIZET
32,00 €
Épuisé
EAN :9782707812704
Le poème, qu'il obéisse à des règles strictes ou qu'il s'affranchisse de toute "loi d'écriture", reste irréductible à la prose, dans sa forme, dans sa transmission d'un sens ou dans sa construction. Le poème d'apparence le plus libre (comme l'épopée) est toujours pris dans les limites du genre. Comment composer dans ce cadre, souple certes, mais impossible à détruire ? Alfred Glauser passe ici en revue différents "types poétiques" (de Maurice Scève à Saint-John Perse) en montrant, dans chaque cas, les rapports de l'auteur aux problèmes du nombre, du rythme, du sens et de l'acte d'écrire. L'histoire de la poésie se présente alors comme l'histoire d'une lutte avec les notions de "fragments", de "brisures", de "continuité", de "silence" enfin. Deux catégories (aux frontières floues) de poètes peuvent être repérées, les "affirmateurs" et les "négateurs" : "Nous avons choisi, explique Alfred Glauser, parmi de nombreux poètes, ceux qui nous donneraient des exemples de poèmes qui s'écrivent, dont la démarche est positive dans les limites d'un poème : Scève, Ronsard, La Fontaine ; comme exemple de poèmes qui se désagrègent s'imposent un certain Verlaine et Laforgue". Mais aucun poète, en fin de compte, ne semble pouvoir échapper au fait presque vital que toute affirmation enveloppe une part, même minime, de destruction, et qu'à l'inverse toute entreprise de destruction porte en elle une affirmation - ne serait-ce celle de l'entreprise elle-même.
Cet ouvrage montre que le nombre, centre agissant de toute l'oeuvre rabelaisienne, dépasse le simple niveau sémantique pour dessiner un métalangage fascinant à décrypter.
La victime était allongée sur la table de bois blanc dans la cave de l'Hôtel du Cerf. Un filet de sang serpentait sur le bois clair et le bruit des gouttes qui tombaient lentement sur le sol en ciment faisait penser au tic-tac d'une vieille pendule. La victime était un jeune homme, très grand et très mince, vêtu d'une chemisette bleu foncé à manches courtes d'où sortaient des bras couverts de poils longs et blonds ; les jambes, elles, étaient enveloppées d'un pantalon de flanelle gris clair. Près de sa tête se trouvait l'arme du crime. Ni couteau, ni revolver. . ".
Résumé : Evoquant rétrospectivement l'histoire du Chinois, l'inspecteur de police Jakob Studer devait la baptiser l'"affaire des trois atmosphères", parce qu'elle se déroula dans trois endroits totalement différents : une auberge isolée, un hospice pour déshérités, une école d'horticulture. Lien entre ces trois lieux : l'énigmatique figure de James Farny, assassiné d'un coup au cour qui ne troue pourtant aucun vêtement, et dont Studer avait fait la connaissance par hasard quelques mois auparavant. Ses yeux en amande, ses pommettes hautes, sa moustache tombant au coin des lèvres avaient amené Studer à le baptiser mentalement "le Chinois". Et c'est toute son histoire que l'inspecteur va progressivement reconstituer au cours de son enquête, traversant asiles, hospices, foyers et instituts pour adolescents - lieux d'une marginalité amère et résignée, qui furent, incidemment, ceux de l'existence même de Friedrich Glauser.
Résumé : Rédigé en 1928-1929, Gourrama accompagna en fait Friedrich Glauser tout au long de sa vie : la hardiesse de ses thèmes effrayant les éditeurs de l'époque et lui valant refus sur refus, l'écrivain ne cessa de retravailler son manuscrit, qui fut publié, dans une version censurée, l'année de sa mort. Il fallut attendre 1980 pour voir enfin paraître le texte dans son intégralité. L'histoire difficile de ce livre - qui n'est pas sans refléter la destinée même de Glauser - est à la fois compréhensible et inexplicable, car si certains sujets abordés avec une absence de préjugés étonnante (l'homosexualité, le suicide) ont certainement choqué, la beauté et l'intensité du roman en font sans contexte un chef d'?uvre - sans doute l'ouvrage le plus marquant d'un auteur essentiellement connu pour ses romans policiers, d'ailleurs eux aussi tout à fait hors norme. Il est aisé de retrouver dans Lös, le héros du récit, des aspects de Glauser lui-même. L'expérience relatée va cependant bien au-delà du rappel, si frappant soit-il, d'un épisode autobiographique : le passage de Glauser dans la Légion étrangère. Le lecteur qui chercherait une évocation des murs brutales et exotiques de ce mythique corps d'armée ne sera certes pas déçu, car le réalisme est poussé très loin dans ces pages. La vie militaire - comme toute ,te humaine ? - est ici hantée par l'ennui, qui apporte le désespoir, la révolte, la destruction des autres et de soi-même. Pour la seule raison, semble penser Glauser, que la tendresse n'y a pas droit de cité. L'ordre de la Légion n'est que le revers d'un désordre, car il oblige les hommes non seulement à renoncer à leur nom - nul hasard à ce qu'un des personnages choisisse de s'appeler Tod, la mort, et perde la vie - mais aussi, et surtout, à méconnaître une nostalgie essentielle. La garnison de Gourrama se transmue ainsi avec le recul du temps et sous le filtre de la mémoire en un lieu symbolique, un monde extrême où les soldats grossiers et bagarreurs tirent peureusement dans la nuit leurs matelas dehors, et les rapprochent, afin d'échapper au sentiment d'une solitude où leur sommeil ressemble à la mort.
Edition critique de deux comédies peu connues, Le Docteur amoureux et Le Desniaisé, de Gillet de La Tessonnerie (1619 ?-1660 ?), la première étant souvent attribuée à Molière.