Tout le monde connaît l'équation : fonctionnaires = feignisses = pas rentables = emmerdeurs = protégés = profiteurs = archaïques = inutiles = à compresser. D'où vient son incroyable puissance d'évidence ? Et quels intérêts sert-elle ? Pourquoi certains (hauts) fonctionnaires comptent-ils parmi ceux qui la répètent le plus ? Pourquoi autant d'insultes contre celles et ceux qui voudraient servir le public en toute égalité, et si peu envers les actionnaires, les employeurs ou les pollueurs ? Pour répondre à ces questions, ce livre part d'idées reçues, de scènes de la vie quotidienne et de stéréotypes. Nous entraînant dans les coulisses de la fonction publique, il dévoile les réalités vécues par les agents de ménage, les ouvriers des voiries, les secrétaires de mairie, les enseignants, les gardiens de prison et bien d'autres. Le dénigrement des fonctionnaires n'est en réalité qu'un prétexte à la détérioration accélérée des services publics. Ainsi, pour l'ensemble des usagers qui souffrent de leur disparition, pour celles et ceux qui en ont assez qu'on stigmatise ces métiers, il s'agit de ne pas se tromper de cibles et d'organiser la riposte : il en va de notre bien commun.
Des histoires illustrées pour rêver, réfléchir et échanger Ce recueil d'histoires de lecture courante peut être utilisé dès la fin du CE1. Les textes sont écrits pour que les enfants lisent et miment eux-mêmes les dialogues des histoires. Au fil de celles-ci, les phrases se compliquent pour entrainer les jeunes lecteurs à la compréhension de textes de plus en plus difficiles. Chaque texte est accompagné de conseils pour les guider dans le suivi de la ponctuation. Très vite, ceux-ci prennent l'habitude d'enchaîner les phrases les unes après les autres, et peuvent ainsi comprendre parfaitement le sens des textes lus. Les histoires, originales ou issues de contes traditionnels (Cendrillon, Le chacal et le chameau...), sont richement illustrées, pour séduire les enfants comme les adultes. Des moments complices pour lire en s'amusant !
Le Guide pour accompagner la prise en main de la méthode de lecture Borel-Maisonny. Le Guide de l'enseignant de la méthode Bien lire et Aimer lire est un outil pédagogique clé en main qui comprend : - la présentation de la collection : manuel de lecture, cahier d'exercices et cahier d'entraînement à la lecture ; - la présentation de chaque geste pour apprendre aux enfants à bien articuler et distinguer les sons entre eux ; - la programmation complète des séances sur l'année : par période, semaine et jour ; - le déroulé complet de chaque séance, alternant : décodage, compréhension, grammaire, vocabulaire, orthographe et écriture. Les + : - Pour chaque séance, les remédiations et différenciations possibles ; - Pour chaque texte de compréhension, les indications sur la fluence, - Conforme au programme 2025.
2 contes et 2 mythes illustrés à lire ensemble pour rêver, réfléchir et échanger. Pour chaque histoire, des questions permettent de s'assurer que l'enfant a bien compris ce qu'il lit : qui sont les personnages, que font-ils, quelles sont leurs intentions et leurs motivations ? Grâce aux activités et jeux proposés, l'enfant enrichit son vocabulaire en s'amusant. L'enfant apprend à réfléchir à de grandes questions de société : - Quelle importance faut-il accorder à l'apparence physique ? - Faut-il croire les autres sur parole ? - Est-il dangereux de dépasser ses limites ? - Doit-on toujours écouter les conseils que l'on nous donne ? Des moments complices pour apprendre en s'amusant !
Résumé : Régulièrement voués aux gémonies, associés à une caste, aux privilèges et à la technocratie, les grands corps d'Etat demeurent largement méconnus. Pour comprendre ce qu'ils sont précisément et les mécanismes qu'ils mettent en oeuvre pour étendre et maintenir leur pouvoir, il était utile de partir à la rencontre des hauts fonctionnaires qui les incarnent. Ce livre saisit sur le vif le plus ancien d'entre eux, le corps des Ponts et Chaussées, au tournant du XXIe siècle. Il l'analyse aux prises avec un impératif managérial à l'oeuvre dans les aspirations individuelles de ses membres, leurs carrières, les mutations de "leurs" grandes Ecoles, l'évolution du contenu de leurs enseignements et les réformes administratives qu'ils mènent. Objet d'appropriations différenciées au sein du corps, l'impératif managérial tiraille ses membres entre leurs devoirs publics (être des managers de l'action publique au service de l'Etat) et leurs désirs privés (leur attirance pour le monde des affaires, la prééminence du secteur privé dans les orientations de leurs composantes). Loin de révéler un ensemble totalement harmonieux et concordant, cette enquête souligne la multiplicité des dynamiques qui travaillent un grand corps, tantôt le renforçant tantôt l'affaiblissant, au gré des évolutions plus macrosociales qui affectent les faiseurs de corps. S'attarder sur ces logiques c'est restituer les conditions sociales de la managérialisation de l'action publique et ce qu'elles nous disent des transformations du rapport à l'Etat. Ce livre offre ainsi des clés de lecture indispensables pour comprendre les agencements par lesquels les grands corps d'Etat ont construit leur pouvoir à la charnière des secteurs public et privé.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.
Comment, au milieu du XIXe siècle, Paris a-t-elle pu devenir l'incarnation urbaine de la modernité ? Pour répondre à cette question, David Harvey a exploré les mutations connues par la ville à cette époque : transformation physique, avec les grands projets d'Haussmann, qui remplace le plan médiéval par les grands boulevards ; transformation économique, avec une nouvelle forme de capitalisme dominée par les puissances financières et industrielles ; transformation culturelle, avec l'irruption de ce qu'on appellera plus tard le modernisme ; transformation sociale, avec l'émergence de violents antagonismes de classes qui atteignent leur paroxysme dans les révolutions de 1848 et de 1871. En présentant la ville moderne comme le produit instable de forces hétérogènes et contradictoires, David Harvey nous offre une image vivante du fonctionnement de Paris ainsi qu'une vision panoramique de la période décisive que fut le Second Empire. Mais cette analyse de la ville moderne est aussi l'occasion d'une réflexion magistrale sur la ville contemporaine - sur la part de la population dans l'urbanisation, sur son accès aux ressources, en somme sur le "droit à la ville".
Ville globale, ville créative, ville multiculturelle, ville intelligente... Autant de slogans à la mode qui imposent et diffusent une vision aseptisée et consensuelle des réalités urbaines. Les villes doivent au contraire être bousculées, chahutées, contestées. C'est précisément ce que ce recueil se propose de faire en réunissant pour la première fois un ensemble d'auteurs dont la réflexion n'épargne ni les espaces urbains, ni les élites qui les façonnent et les gouvernent. Par la radicalité de leurs analyses, qui portent entre autres sur la financiarisation de la production urbaine, sur les trompe-l'oeil que représentent le développement durable, la mixité sociale ou le multiculturalisme, sur les dispositifs de surveillance et de contrôle des populations, et plus globalement sur les formes de domination qui régissent les rapports sociaux en ville, les onze textes réunis dans ce recueil parviennent à identifier, et par là à contester, les nombreuses contradictions spatiales et urbaines que le système capitaliste produit et reproduit. Ils nourrissent ainsi une géographie critique de l'urbain et, indirectement, une critique en profondeur des sociétés contemporaines.
La Révolution française a été taraudée par une question : comment transmettre l'événement inouï aux générations qui ne l'auront pas vécu ? Les révolutionnaires ont alors cherché à inventer des institutions civiles qui permettraient d'entretenir le souvenir, mais surtout une tenue, une manière révolutionnaire d'être au monde. Cette question, ces institutions, les lieux et les pratiques qu'elles ont fait surgir, sont autant de laboratoires sociaux sensibles pour comprendre comment l'événement depuis 1789 a été régulièrement réinvesti mais aussi dénié, renié, travesti, désinvesti, au point de devenir une sorte de "trésor perdu" pour des héritiers sans testament. La Restauration, les années 1830-1848, le Second Empire, la Commune de Paris, la Troisième République, le début du XXe siècle socialiste, les années sombres, ont métabolisé cette séquence brève dans de grandes discontinuités. Et les affrontements mortifères ont perduré de la Seconde Guerre mondiale à aujourd'hui. Loin d'une signalétique ambiguë faite de bonnets phrygiens, de bastilles à prendre et autres constituantes, ce livre invite à ne rien imiter mais aussi à ne rien négliger d'une histoire qui n'a pas été seulement libérale, d'une transmission qui n'a pas été seulement historiographique. Il invite, plus simplement, à retrouver la Révolution comme référence émancipatrice.