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Allemagne d'aujourd'hui N° 240, avril-juin 2022 : Les scènes indépendantes en Allemagne : l'exemple
Georget Jean-Louis ; Robin Guillaume
PU SEPTENTRION
18,00 €
Épuisé
EAN :9782757436141
Apparue dans les années 1990, la notion de "scène" appliquée notamment à l'étude des musiques populaires visait alors à proposer une alternative au concept de contre-culture, politiquement très marqué, ou de subculture. Le terme de scène est envisagé dans ce dossier dans son acception ouverte, comme "une manifestation large de l'urbanité, comme partie intégrale de la théâtralité de la vie urbaine" (Straw, 2014). Les scènes sont en effet bien plus que des agréments culturels. Elles composent étroitement le maillage urbain et façonnent les villes à tel point qu'en Allemagne, elles ont donné leur nom à ces quartiers qualifiés d'alternatifs et de plus en plus gentrifiés - les très prisés Szeneviertel - dont la traduction française de "quartier en vogue" restitue mal le sens originel. Le terme, qui fait référence à ces quartiers où se concentrent les scènes artistiques, désigne en réalité des sociotopes urbains multiculturels qui disposent d'une offre artistique et nocturne riche, des quartiers attractifs pour les artistes et la communauté LGBT, concentrant une population plutôt jeune et étudiante. "La notion de scène offre des perspectives probantes d'analyses sociologiques de l'art en permettant d'articuler à la fois le local et le global, l'artistique et le social, le culturel et le politique" (Kaiser, 2014). Si l'art y est souvent présent, il n'en constitue pas nécessairement l'alpha et l'oméga. Manier la scène comme outil d'analyse implique d'étudier les conditions de production et de réception de l'objet culturel au sens large du terme. En 2018, dans son rapport annuel, la Club Commission - fédération des clubs de Berlin et des organisateurs d'événements liés à la musique électronique - rappelle que la scène, appliquée au champ des subcultures techno, dessine une communauté composée de trois volets : les producteurs et organisateurs d'événements, les artistes et, pour finir, le public. La scène techno en l'occurrence a pour spécificité d'être produite par les acteurs de la scène et pour les acteurs de la scène. Elle se situe à l'écart des systèmes de production et des circuits de distribution dominés par les majors de l'industrie musicale. La scène, en tant que marqueur de distinction sociale, est aussi étroitement liée à la notion d' "authenticité subculturelle" et d'exclusivité. Les clubs veillent à constituer un espace sûr pour leur public et à garantir cette authenticité en obligeant le public à mobiliser un "capital subculturel" (Thornton, 1995).
L'Allemagne a depuis longtemps un autre rapport au corps et par conséquent à la manière dont elle aborde la manière de soigner. Depuis très longtemps, elle a thématisé ce recours à des thérapies qui ont, par certains côtés, un aspect presque surnaturel. Plus tard, la Lebensreform, fondée sur l'idée d'un retour à la nature, a mis en avant la nécessité d'une nourriture saine, crue et végétale, prôné le véganisme ou encore l'abstinence en matière d'alcool et de tabac mais aussi en termes de vaccins. Ce mouvement de réforme, apparu à la fin du 19e siècle en Suisse et en Allemagne, contribua activement à la diffusion des médecines alternatives en Allemagne et offrit une tribune à des médecines traditionnelles asiatiques ou expérimentales telles que l'homéopathie, la naturopathie (Naturheilkunde) ou plus tard la médecine anthroposophique. Portées dans les années 1920 par un discours post-romantique, anti-civilisationniste et soutenues par le mysticisme de courants tels que l'anthroposophie de Rudolf Steiner, ces pratiques alternatives rencontrèrent en Allemagne un public important.
Qu'est-ce qu'être allemand ? Où les différentes nations germanophones puisent-elles leur culture commune ? L'ethnologie nationale allemande, appelée Volkskunde, est le fruit d'une longue histoire, qui a partie liée avec la construction politique de l'Allemagne, mais aussi de l'espace germanophone dans son ensemble. Tournant autour des deux pôles que sont la culture populaire et la germanité, l'ethnologie nationale a connu un essor à partir des années 1880, sur fond d'unité allemande et de déliquescence progressive de l'Empire austro-hongrois. Participant à la révolution conservatrice des années de la République de Weimar, elle est devenue l'une des sciences les plus en vue de l'Allemagne hitlérienne, matrice de "l'idéal germanique" . Discréditée par son passé, l'ethnologie nationale allemande a fait son aggiornamento dans les années 1970 sous la houlette de l'Ecole de Tübingen. Contrainte par l'histoire, elle s'est transformée progressivement en ethnologie européenne.
Des images peintes sur les parois des cavernes néolithiques aux graffitis et aux tags contemporains, des scarifications rituelles aux tatouages et aux piercings, des clips vidéos aux selfies postés sur les réseaux sociaux : les manifestations sont nombreuses et variées où se lisent des formes d'écriture de soi. Né d'un cycle de manifestations consacré au grand africaniste Leo Frobenius, cet ouvrage propose une exploration dans l'univers des "écritures de soi" par l'image.
Georget Jean-Louis ; Bafoil François ; Serrier Tho
La revue traite des grands problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels de l'Allemagne contemporaine sans négliger la dimension historique et la comparaison avec d'autres pays. Elle est aussi un forum franco-allemand. Elle s'adresse aux germanistes, historiens, politologues, économistes, étudiants comme enseignants, aux journalistes et aux décideurs politiques ainsi qu'au grand public intéressé par l'Allemagne.
Résumé : Le rôle historique du cinéma est de nous avoir donné le visible une seconde fois, en ajoutent le temps à l'image. Il reste pourtant dans tout film une large part d'invisible : c'est elle qui est ici décrite, et explorée. Le cinéma en effet nous rend conscients de l'ambiguïté fondamentale de notre relation au visible. Sa force documentaire, comme son jeu inné avec la fiction, lui ont permis de convoquer les invisibles essentiels du monde, et aussi bien, des effets psychiques qui mettent en péril la visibilité du visible. Il nous autorise à croire que nous voyons vraiment quelque chose d'autre que le monde des apparences. Ce livre ne fait ni la théorie, ni l'histoire de cette doublure du visible que transporte le cinéma, mais en donne un panorama complet, attentif à ne jamais trancher abstraitement, mais à toujours s'appuyer sur des exemples concrets, et nombreux.
Les articles suivent trois directions d'étude : ils cherchent d'abord à expliquer la façon dont Pozner " monte " ses livres au sens quasi cinématographique du terme, ouvrant ainsi la voie à une poétique de la littérature de montage. Ils explorent ensuite la dimension politique de cette recherche formelle pour montrer que ces récits se muent en fresque dynamique qui révèle la douloureuse expérience des événements politiques. Enfin, ils resituent Pozner dans l'Histoire littéraire du XXe pour lui donner sa juste place. L'ouvrage essaie donc de redonner toute sa place à ce frère talentueux de Boris Pilniak et de John Dos Passos qu'est Vladimir Pozner - une place à la fois considérable et insuffisamment reconnue - dans le contexte d'une littérature contemporaine aujourd'hui soucieuse d'explorer les territoires de la non-fiction.
Benoist Stéphane ; Gautier Alban ; Hoët-van Cauwen
Voici vingt-cinq façons de rendre compte des mémoires des empereurs romains Trajan et Hadrien (98-117 et 117-138 de notre ère). Elles nous offrent de multiples variations et angles d'approche pluridisciplinaires, et se placent sous le patronage illustre de l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien (1951). Elles participent de surcroît à la commémoration des mille neuf-cents ans de la mort du vainqueur des Daces et des Parthes et de l'arrivée au pouvoir de son fils "adoptif", prince philhellène que la romancière avait élu, afin d'aborder les rapports entre mémoires humaines et Histoire. La littérature des périodes ancienne, médiévale, moderne et contemporaine est convoquée par les études ici rassemblées, tout autant que les arts et les nombreuses formes de représentations et illustrations des aventures humaines de ces deux princes placés naguère en tête de cet âge d'or de l'histoire romaine, le fameux siècle des Antonins, revisité depuis à toutes les époques qui se sont succédé.
Les mémoires humaines - celles de nos sociétés, des mémoires collectives et individuelles - sont en pleine mutation dans un monde en formidable accélération et en production de nouvelles connaissances. Ces mémoires plurielles peuvent-elles tout conserver, se faire à la fois témoins, souvenirs, ressources et réflexions de notre époque dans un monde lui-même en transformation ? A cette question et d'autres, huit points de vue complémentaires apportent des éclairages actuels sur ces notions de mémoires. Ces regards scientifiques concernent l'histoire et la relation à notre passé, à son examen, son archéologie et ses enjeux modernes. Ils envisagent aussi notre mémoire humaine dans ses processus individuels grâce aux neurosciences et à la psychologie cognitive. De plus, les technologies actuelles de l'information interrogent les mémoires artificielles qui étendent notre mémoire humaine.