Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Epistémocratie. Enquête sur le gouvernement international du capitalisme
Gayon Vincent
RAISONS D AGIR
26,00 €
Épuisé
EAN :9791097084202
Depuis les années 1990 et les manifestations de Seattle et de Gènes, les organisations économiques internationales ont été mises en cause par les mouvements altermondialistes comme des citadelles du néolibéralisme. Elles ont aussi été prises à partie, plus récemment, par de nombreux gouvernements, l'administration Trump en tête. Mais que sait-on de leur fonctionnement réel ? Leurs sigles abscons - FMI, OCDE, PNUD, OMS, OMC, BM, BRI, BCE, G7, G20, etc. - et la technicité supposée de leur expertise tiennent à distance le profane ou le militant. Leur composition et leur action ordinaires n'attirent guère l'attention journalistique et citoyenne, ni celle des chercheurs. Et les gouvernements ont tout à gagner à les faire paraître homogènes, coupées des réalités, extérieures à eux, indépendantes. L'enquête sociologique présentée dans ce livre propose au contraire d'entrer de plain-pied dans ces espaces internationaux. L'on y suit alors des initiatives bureaucratiques oubliées, en faveur d'un Etat social au coeur de la crise économique des années 1970, autant que des protagonistes bien connus de la mondialisation néolibérale (Hans Tietmeyer, Alan Greenspan, Milton Friedman, Martin Feldstein, Alfred Müller-Armack, Paul Volcker, la Société du Mont-Pèlerin ou le groupe de Bilderberg, entre autres). L'on y étudie comment se structurent les relations transgouvernementales à bonne distance des débats publics, en montrant par exemple comment les "mains gauches" (social et écologique) et les "mains droites" (économique et financière) des Etats s'y livrent des batailles politiques et scientifiques à la fois. L'image lénifiante de la "coopération économique" en sort dissipée, de même que celle qui place ces institutions dans un olympe savant hors-sol. L'enquête donne à voir ces espaces hautement confinés et interroge l'institution de cette figure politique non élue, qui fait bon ménage avec le capitalisme, et que l'on peut dénommer : l'épistémocratie internationale.
Gayon Jean ; Wunenburger Jean-Jacques ; Legendre P
La pensée scientifique comme la conscience individuelle échappe difficilement à l'attrait de la connaissance des origines. Celle-ci conduit à reconstituer la généalogie des phénomènes et à instituer entre eux des liens de continuité ou de ressemblance. Le puissant courant structuraliste des années 60 a, par réaction, développé une pensée anti-généalogique, voir anti-génétique, qui n'a cependant pas toujours tenu ses promesses épistémologiques. L'heure est donc venue de penser à nouveau les catégories de filiation, d'ascendance, de descendance, de parenté telles que les rencontrent les sciences de la vie, l'histoire des idées, l'anthropologie familiale et sociale, la théologie etc... Au fil des textes pluridisciplinaires de ce volume, la filiation apparaît comme un mode de pensée, à bien des égards fécond, à condition d'être assouplie, pluralisée et en fin de compte démystifiée.
Le terme eugénisme, qui avait quasiment disparu du vocabulaire, fait un retour en force. Ce retour de la question de l'eugénisme résulte de la conjonction de deux événements : le premier relève des nouvelles pratiques biomédicales liées à la procréation (en particulier dès les années 60 la technique de l'amniocentèse), le deuxième est de nature juridico-politique. Entre 1965 et 1975, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France ont adopté des lois dépénalisant l'avortement avec une clause spéciale concernant des enfants à naître handicapés. La combinaison de ces deux événements a réactualisé l'eugénisme, pratique de sélection de l'homme par l'homme. La question de l'unité et de la continuité historique, réelle ou fictive de la notion d'eugénisme est au coeur de cet ouvrage. Peut-on comparer les eugénismes d'hier et ceux d'aujourd'hui ? De deux choses l'une, ou bien il y a une unité profonde et alors il devient possible d'évaluer les pratiques et les doctrines eugéniques d'hier et d'aujourd'hui selon des critères homogènes, ou bien cette unité est illusoire et alors toute évaluation devient contingente. Cette question est d'importance quand, dans les débats contemporains, certains rapprochent avortement thérapeutique et exactions nazies. Sur ce sujet il ne peut y avoir de convergence éthique miraculeuse mais une approche ouverte reconnaissant une continuité temporelle avec des contextes variables.
La notion de fonction est omniprésente dans les sciences de la vie. Il s'agit pour le biologiste d'un outil intellectuel spontané, en dépit de son allure finaliste. Ce livre est le premier en langue française à s'engager dans les débats philosophiques qui, depuis une trentaine d années, ont totalement renouvelé la question du statut d'une notion épistémologiquement scandaleuse, qui semble violer l'usage standard de la catégorie de causalité, en expliquant un trait biologique par ses effets.Le volume présente les deux principales théories modernes de la fonction théorie évolutionniste et théorie systémique et discute les problèmes conceptuels qu'elles soulèvent. Il examine les origines historiques lointaines du terme et du concept de fonction dans les sciences de la vie et de la médecine. Il les confronte aux principaux champs de recherche biologique contemporains. Il examine enfin les problèmes particuliers qu'il soulève en médecine (où le pathologique est souvent pensé aujourd'hui en termes de « dysfonction »), et dans le domaine de la technologie, où le discours fonctionnel est aussi ancien qu'en biologie.
Résumé : Aux côtés de Pablo Neruda, Gabriela Mistral et Pablo de Rokha, Vicente Huidobro (1893-1948) est aujourd'hui considéré, à juste titre, comme l'une des grandes figures modernes de la littérature chilienne. C'est à l'âge de 23 ans qu'il quitte son pays natal pour l'Europe, et plus particulièrement Paris où il se lie d'amitié avec les avant-gardes : Max Jacob, Apollinaire, Cocteau, Juan Gris, Picasso, Delaunay. Son activité littéraire prend alors une tournure d'une intensité rare et demeure fidèle à son crédo stylistique : "Faire un poème comme la nature fait un arbre". Bien qu'écrite pour l'essentiel en espagnol, son oeuvre ne manque pas, toutefois, de comprendre de nombreux textes écrits en français, comme Tour Eiffel et Tout à coup, réunis dans ce volume. De retour au Chili en 1933, Vicente Huidobro s'implique dans la vie politique sans cesser pour autant de poursuivre son oeuvre littéraire. C'est en 1948, à Carthagène, qu'il s'éteindra. Enterré, selon ses propres voeux, sur une colline face à la mer, sur sa tombe sont inscrites ces trois lignes : Ici gît le poète Vicente Huidobro Ouvrez la tombe Au fond de cette tombe on voit la mer
Impossible aujourd'hui de soutenir la thèse de la disparition des entreprises familiales dans le capitalisme contemporain: implantées sur tous les continents, les entreprises familiales représentent plus des trois quarts des entreprises enregistrées dans le monde et contribuent aux deux tiers de la production totale chaque année. Dans le secteur agricole en France, elles sont massivement prédominantes. C'est alors tout à la fois un métier, un statut de chef d'entreprise indépendante, un patrimoine, un lieu de travail et de résidence qui sont transmis de génération en génération. L'école républicaine promeut le mérite individuel. La société salariale fait du travail un accomplissement personnel. Et, désormais, la famille serait davantage centrée sur les relations affectives plut, que sur la transmission de patrimoine! Dans ces conditions, comment comprendre que des jeunes gens reprennent une entreprise familiale? Est-ce une charge ou une chance? À contre-courant des analyses qui n'en finissent pas d'annoncer la fin des paysans, ce livre propose une enquête de terrain sur les transformations des entreprises viticoles de la région de Cognac, au début des années 2000. Céline Bessière, enseignante-chercheuse à l'Université Paris-Dauphine, a enquêté pendant huit années auprès de jeunes viticulteurs et viticultrices, mais aussi de leurs parents, leurs grands-parents, leurs compagnes (ou compagnons), leurs frères et soeurs. En poussant la porte des exploitations, on mesure l'imbrication des rapports économiques et familiaux ainsi que les tensions entre les aspirations personnelles des individus, leurs appuis et leurs devoirs familiaux. Contribution à une sociologie économique de la famille et de la reproduction sociale, ce livre montre comment, dans les exploitations de Cognac et bien au-delà, se fabriquent des entrepreneurs qui sont aussi des héritiers.
Résumé : Des outils de compréhension produits par les sciences sociales. Des pistes de réflexion pour répondre à certaines questions déterminantes pour l'avenir de ce mouvement de contestation inédit : Actions efficaces dans ce combat. Bases et alliances. Positionnement face à la violence. Résistance dans la durée. Structuration (égalité, liberté et solidarité). La guerre des classes face au libéralisme autoritaire. Docteur en sociologie, Laurent Denave a interrompu ses recherches en novembre 2018 pour se consacrer entièrement au mouvement des Gilets jaunes. Cet ouvrage est le fruit deux années d'expérience et de réflexions sur cette lutte politique. L'auteur souhaiterait mettre à disposition des militants engagés dans ce mouvement (toujours en cours, même s'il est moins visible), ou engagés d'une manière ou d'une autre dans la guerre des classes, des outils d'analyse et de compréhension produits par les sciences sociales critiques. Eclairer ou clarifier certains problèmes rencontrés sur le terrain pourrait sans doute contribuer à les résoudre. Il s'agit de donner des pistes de réflexion pour tenter de répondre à certaines questions déterminantes pour l'avenir de ce mouvement de contestation inédit : Quelles actions sont les plus efficaces dans ce combat ? Sur quelles bases peut-on construire des alliances et avec qui ? Comment se positionner par rapport à la question centrale de la violence ? Comment résister à la répression et tenir sur la durée ? Comment structurer le mouvement afin de mettre nos pratiques en accord avec les principes que l'on défend (égalité, liberté et solidarité) ? Cet ouvrage s'adresse également à celles et ceux qui soutiennent la lutte sans y participer directement et qui aimeraient en avoir une meilleure compréhension. Il entend déconstruire (et donc délégitimer) certaines représentations négatives, portées par les médias et leurs intellectuels de service sur la diversité des protagonistes de cette lutte, ce qui peut avoir des conséquences sur la manière dont ils sont considérés, traités et criminalisés, par la police ou la justice. Il donne à voir, derrière les mobilisations des Gilets jaunes, la véritable guerre des classes que les classes populaires livrent en réalité contre le libéralisme autoritaire en marche.
Deux courts essais du sociologue Pierre Bourdieu sur la télévision et le journalisme Ces « cours », initialement diffusés à la télévision avec le concours du Collège de France en 1996, n’ont pas perdu de leur actualité. Le sociologue y analyse comment la place centrale que le logique de l’audimat occupe dans le monde télévisuel et journalistique affecte l’information. Deux textes incontournables de la critique éclairée des médias. Robin
Que veut dire être gayfriendly ? Avoir des amis gais ? Soutenir. le "mariage pour tous" ? Envisager sans effroi que sa fille devienne lesbienne ? Sortir dans des bars gais et même renouveler ses propres pratiques sexuelles ? Il n'y a pas de "bonne" gayfriendliness, mais des attitudes différentes, en France et aux Etats-Unis, variables selon les âges, le sexe et les parcours de vie. L'acceptation de l'homosexualité, qui progresse indéniablement, n'est pas non plus réservée aux plus riches : ces derniers l'ont plutôt intégrée au sein d'une morale de classe qui leur permet de se distinguer des pauvres, des habitants des banlieues ou encore des populations racisées. Interviewer des hétérosexuels de milieu aisé montre que, dans des espaces de tolérance et de mixité comme le Marais à Paris et Park Slope à Brooklyn, le contrôle n'a pas disparu : la sympathie s'exprime avant tout en direction de gays et de lesbiennes de même statut socioéconomique, qui manifestent leur envie de couple et de famille, et mettent en sourdine tout autre revendication. La gayfriendliness a donc fait reculer la violence et les discriminations ; elle accompagne aussi l'invention, par les femmes surtout, de modes de vie moins conventionnels. Pourtant, si elle a mis fin à certains préjugés, elle ne s'est pas encore complètement affranchie de ce qui reste un élément structurant de nos sociétés : la domination hétérosexuelle.