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ZBIGNIEW HERBERT LA POESIE CONTRE LE CHAOS
GAUTIER BRIGITTE
NOIR BLANC
23,00 €
Épuisé
EAN :9782882505200
Figure essentielle de la littérature du XXe siècle, Zbigniew Herbert (1924-1998), poète et essayiste polonais, traverse son époque de bruit et de fureur en faisant l'expérience du chaos historique : la guerre, les totalitarismes et la perte, mais son goût effréné du bonheur, de l'art, des voyages et de l'amitié, lui permet d'édifier une oeuvre humaniste et sensuelle, une oeuvre fraternelle qui n'a de cesse d'encourager son lecteur à se tenir debout. Herbert, qui aurait pu vingt fois "passer à l'Ouest", a choisi de rester parmi les siens et de lutter avec les armes de l'esprit : allusions, distance, détours par la culture classique, humour et ironie. "Le seul mouvement possible des hommes ligotés / c'est la parole", écrit-il dans "Atlas". Et si chacun de ses poèmes a marqué une victoire contre la censure et la bêtise du régime communiste, tous ont une dimension universelle qui en fait une ressource inespérée pour notre temps. D'un choix de poèmes paru en anglais, Joseph Brodsky avait d'ailleurs écrit : "Aussi longtemps que durera l'espèce, ce livre sera opportun." En s'appuyant sur des archives inédites, Brigitte Gautier retrace la vie de Zbigniew Herbert, "poète de l'ironie historique" (Czeslaw Milosz), aujourd'hui traduit en trente-deux langues.
Le poète polonais Zbigniew Herbert (1924-1998) avait réuni dans Le Labyrinthe au bord de la mer- publié en Pologne deux ans après sa mort et resté inédit en français - sept essais sur l'Antiquité grecque et latine. Après Un barbare dans le jardin (1962), consacré à la France et à l'Italie, et Nature morte avec bride et mors (1993), aux Pays-Bas, c'est le dernier des trois livres, désormais publiés au Bruit du temps, qu'il ramena de ses voyages en Europe de l'Ouest.
Des vestiges d'empire, de puissants châteaux et de capitales ne nous émeuvent pas autant que les ruines des palais minoens. Il semble que la morgue des grandes civilisations ait été étrangère aux habitants de la Crète antique. Ils ne défiaient pas le sort. Ils tentaient de durer dans leur singularité, avec leur sentiment illusoire de sécurité. Le déchaînement des éléments fut trop grand et bien trop cruel, au regard de ce qu'il détruisit. Leurs ruines sont les ruines d'un berceau, les ruines d'une chambre d'enfant."
Biographie de l'auteur Zbigniew Herbert (1924-1998), figure majeure de la poésie polonaise daprès-guerre, a fait lexpérience douloureuse de linvasion soviétique en 1939, puis allemande en 1941, avec leur cortège de déportations et dexécutions (il perd son frère, son oncle fait partie des officiers morts à Katyn). Après Corde de lumière (1956), il publie huit recueils de poésie, trois volumes dessais et des pièces radiophoniques. Mis à lindex en 1975, il rentre à Varsovie en 1981. Après la chute du communisme en 1989, il reste un témoin engagé des évolutions de son pays. Il meurt en juillet 1998 dune longue maladie pulmonaire.
Si la popularité de la culture française en Pologne est une chose avérée, la division de l'Europe en deux blocs a dissimulé l'influence exercée par Camus, Malraux et Saint-Exupéry sur les intellectuels polonais. Cet essai présente le contexte littéraire, politique et social dans lequel intervient la réception des œuvres des trois écrivains, ainsi que les mythes édifiés autour d'eux. Il montre également que les valeurs défendues par ces auteurs rencontrent un écho immédiat, parce qu'elles sont une affirmation de l'individu, de sa dignité et de sa liberté, face aux systèmes qui visent à l'asservir. Apparaît ainsi, au-delà de tous les présupposés et des déterminations historiques, une réelle communauté esthétique et morale. Les axes de la géostratégie européenne s'étant trouvés modifiés par l'histoire récente, le lecteur curieux trouvera ici un point d'entrée dans l'aire culturelle centre-européenne.
A Saint-Pétersbourg, les bolcheviks ont déjà gagné la guerre civile. Mais en Sibérie, à l'extrême est de la Russie, les Iakoutes résistent et tentent un dernier assaut contre l'Armée rouge. En 1922, le général Anatoli Pepeliaïev, poète à ses heures, défenseur de la justice et de la liberté, rassemble les soldats dispersés de l'Armée blanche et met sur pied un détachement de volontaires pour soutenir l'insurrection iakoute. Face à lui se dresse un commandant de l'Armée rouge, Ivan Strod, anarchiste et futur écrivain à succès. Lui aussi est une figure énigmatique de la révolution de 1917. Les deux hommes, guidés par des idéaux très proches, sont devenus ennemis par la force du destin. Dans cet épisode méconnu de la guerre civile russe, Youzefovitch dépeint les passions humaines : l'amour et la souffrance individuelle qui se cachent derrière les idéologies, la soif de justice, mais aussi l'ambivalence des personnages, tout à la fois oppresseurs et victimes. Au coeur du récit, la rivalité tragique des deux héros, dans les neiges de Sibérie, se révèle comme une captivante histoire de vie, d'amour et de mort.
Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas ? et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité. La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une " folie méthodique " pour l'écrire. On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers. Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est " la perfection des formes imprécises ". Au milieu du XVIIIe siècle, dans le royaume de Pologne et bientôt à travers toute l'Europe des Lumières, le singulier destin de Jakób Frank : mystique, habile politique, débauché, chef religieux ou charlatan, il fut pour les uns le Messie de la tradition juive, pour les autres un hérétique, ou pire, un traître. Pour conserver à son héros toute son ambiguïté, sa complexité et la polysémie de son apparition, la romancière a choisi de ne le montrer qu'à travers les yeux et les propos d'une foule de personnages de tout milieu et de toute condition. Cette épopée universelle sur l'appartenance, l'émancipation, la culture et le désir, est une réussite absolue : elle illustre la lutte contre l'oppression, en particulier des femmes et des étrangers, mais aussi contre la pensée figée, qu'elle soit religieuse ou philosophique.
Résumé : En 2012, La Terre est l'oreille de l'ours s'offrait comme une célébration du Vivant où notations en forêt, spéculations et remémorations se conjuguaient avec une mosaïque de lectures brassant sciences naturelles, environnement, éthologie, psychologie, poésie, spiritualité et anthropologie. Cinq ans plus tard, L'île où les hommes implorent s'attache, le temps de quatre saisons, à inventorier les éléments constitutifs d'une rapide dégradation des conditions de vie sur la planète Terre. D'où son sous-titre : " Chronique d'un désastre amorcé ". Mû par une inquiétude que chaque mois s'emploie à confirmer, l'auteur n'en ressent que plus fort l'urgence d'explorer la palette des prodiges recelés par le monde qui s'étiole ? ce à travers quatre entités géographiques : le territoire traditionnel des Innus du Québec-Labrador, l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande, l'île cycladique de Sifnos et la campagne vaudoise où l'ancien Parisien a choisi de s'établir. De lieux en peuples aimés, Jil Silberstein dit la splendeur d'un rituel particulier aux Nuu-chah-nulth de l'île de Vancouver, les prouesses d'une araignée (le Pholque phalangide), les enjeux du Pléistocène, l'exploration du Pacifique. Il s'initie à la dérive des continents. Sonde les motifs d'un marbre antique du sanctuaire de Delphes. Retrouve au coeur de la forêt subarctique le peuple innu dépossédé par le colonialisme. Célèbre l'écrivaine américaine Annie Dillard, le Tao te king et son cher Joachim Du Bellay. D'une telle démarche " tous azimuts " résulte l'irrésistible goût d'observer à son tour. Et de chérir ce qui peut l'être encore.
Dans les premières décennies du XXe siècle, Shanghai est la Babylone de l'Extrême-Orient : elle attire de nombreux aventuriers, écrivains et artistes du monde entier pour son atmosphère de glamour et de fête. Emily Hahn, dite " Mickey ", est une célèbre journaliste du New Yorker. Après la crise de 1929, elle arrive à Shanghai et descend au somptueux Cathay Hotel ; elle est immédiatement emportée par le tourbillon mondain de la ville, croisant notamment Ernest Hemingway, Harold Acton, des aristocrates italiens et des officiers anglais. Mais c'est lorsqu'elle rencontre Zau Sinmay, un poète chinois issu d'une illustre famille, qu'elle découvre la véritable Shanghai : la ville des riches coloniaux, des agents triples, des fumeurs d'opium, des paysans déplacés depuis leurs provinces misérables, des réfugiés juifs et russes blancs. C'est grâce aux chroniques et aux reportages de Mickey que le public américain découvrira les réalités de la vie en Chine. Cependant, la brutale occupation japonaise détruira la Shanghai d'avant-guerre, et la Chine entrera dans une nouvelle période de son histoire.