Un vieil adage, souvent repris, veut que "le droit mène à tout". Si l?on peut déceler dans cette affirmation une certaine part d?exagération après tout, le droit et la biologie moléculaire demeurent des disciplines bien distinctes, une formation en droit ouvre en effet de nombreux horizons de carrière, en plus de contribuer à l?épanouissement intellectuel des personnes qui y ont accès. En outre, cette formation a parfois des effets secondaires, en façonnant la personnalité de celles et de ceux qui la suivent. Beaucoup de familles ou d?amis ont ainsi été surpris de constater les transformations, souvent pour le meilleur mais parfois pour le pire, que subissent les personnes qui étudient en droit : le scepticisme s?accroît, les exigences quant à la qualité des raisons données pour justifier telle ou telle action deviennent plus strictes, l?art de l?argumentation s?affine ; dans le pire scénario, l?égo enfle. Mais le propos de ce petit ouvrage n?est pas, tant s?en faut, de faire la psychanalyse de l?apprenti juriste ; il s?agit plutôt de se pencher sur ce que signifie, aujourd?hui, être juriste. Cela oblige à aborder la question de la formation de celles et de ceux qui aspirent à le devenir. Quel est le rôle, dans la Cité, des chercheurs, des intellectuels, des professeurs, des universitaires en général ? Qui sont-ils et que font-ils exactement ? Quel a été leur parcours intellectuel ? La collection "Profession" répond à ces questions.
Quels sont les impacts réels de la Charte canadienne en matière de droits linguistiques ? Son adoption a-t-elle réellement participé au recul du fait français au Québec et amoindri la portée de la loi 101 ? C'est ce que croient de très nombreux Québécois et, depuis les années 1970, cette croyance s'est érigée en doxa chez les nationalistes indépendantistes ; chez les nationalistes fédéralistes du Québec, elle fait figure de tabou... Mais qu'en est-il vraiment ? En analysant minutieusement lois, règlements, décisions de la Cour suprême et autres déclarations de politiciens, Frédéric Bérard déconstruit patiemment le mythe créé et entretenu par la doctrine québécoise du nationalisme "méthodologique" en matière de droits linguistiques. Il révèle non seulement que les seuls "gagnants" des débats juridiques relatifs à ces droits, depuis 1982, sont les francophones hors Québec, mais il met aussi en lumière les limites du droit à protéger ou à promouvoir une culture, quelle qu'elle soit. Sans sombrer dans l'angélisme, l'auteur met cet épineux débat en contexte : il livre un historique pré-charte et s'attarde sur le traitement controversé qu'ont fait subir les différents gouvernements du Québec aux minorités francophones du pays.
Gaudreault André ; Le Forestier Laurent ; Tralongo
On a pris l'habitude de dire que l'oeuvre de Georges Méliès préfigurait tout à la fois le cinéma narratif, les productions hollywoodiennes à grand spectacle et les films de science-fiction à effets spéciaux. Les recherches historiques présentées dans cet ouvrage montrent au contraire que Méliès s'attachait moins à inaugurer un nouvel art, une nouvelle industrie, qu'à perpétuer par le truchement du cinématographe ces pratiques culturelles que sont la lanterne magique, la caricature, le numéro de scène, le sketch magique, la pantomime, la féerie, etc. Ce livre a ainsi pour ambition de renouveler notre connaissance de l'oeuvre cinématographique de Méliès, en interrogeant son travail à partir de chacune de ces pratiques et du contexte socioéconomique dans lequel elles s'inscrivaient. Les contributions savantes rassemblées dans la première partie de ce volume sont issues du colloque de Cerisy qui s'est tenu en 2011 à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Méliès. Les actes du colloque sont suivis par une édition critique de la correspondance francophone de Méliès établie par Jacques Malthête. Réunissant près de deux cents lettres conservées dans des institutions patrimoniales ou des collections privées, ce corpus épistolaire forme un ensemble documentaire précieux pour questionner à nouveaux frais l'oeuvre de Méliès et sa conception du cinéma.
Qu'y a-t-il de semblable entre un film muet et un film parlant ? Entre un policier et une comédie ? Entre un Carné et un Godard ? Rien, si ce n'est que, chacun à sa manière, s'efforce de raconter. Par un exposé méthodique des concepts-clés de la narratologie, notamment ceux de point de vue, de narrateur et de temps, cet ouvrage permet d'analyser la diversité des films et de mettre en lumière ce qui est commun à tout récit cinématographique. Les auteurs, tous deux internationalement reconnus pour leurs recherches sur le récit, rendent concrets les acquis des théories les plus récentes par de nombreux exemples, choisis dans des époques, des genres ou des auteurs fort différents.
Lévesque Claude ; Leroux Georges ; Fradet Pierre-A
On a peine à imaginer la secousse qu'a dû provoquer la parution de ce premier livre de Claude Lévesque, en 1976, dans le milieu philosophique et littéraire au Québec, car toucher à l'écriture et à la lecture, c'est ébranler tout ce qui sert de socle à notre culture. Titre inaugural des éditions VLB, réédité deux ans plus tard dans la collection "10/18", cet ouvrage où nous interpellent Nietzsche, Freud, Blanchot et Derrida — pour ne nommer que ceux-là — libère, comme dans un feu d'artifice, ce qui était en excès et en souffrance dans la conceptualité traditionnelle. En déposant un élément de rupture ou d'indécision dans tout ce qui cherche à se refermer sur soi, il veut susciter un nouveau désir, plus périlleux — une nouvelle espérance, plus souveraine. "L'étranger, c'est l'autre, celui qui vient de l'extérieur, d'un ailleurs innommable, et qui, à l'intérieur, se tient à la frontière, reste marginal, toujours déjà expulsé, du dehors comme du dedans [...]. C'est peut-être la même "a-topie", la même indétermination, qui définit l'étrangeté du texte, l'étrangeté comme textualité tournant autour de la limite, se tenant dans le troublant espace de l'entre-deux, entre les bords rassurants du langage et son débord vertigineux."
L'approche systémique se distingue des pratiques traditionnelles en santé mentale en ce qu'elle ne se limite pas au diagnostic et au traitement de la maladie ou du problème, mais replace l'individu dans les systèmes complexes auxquels il appartient. On ne pourra aider quelqu'un si l'on ignore son milieu de vie ou si l'on ne se soucie pas de la façon dont la relation d'aide modifie ce milieu. Les auteurs de cet ouvrage d'introduction - au contenu à la fois historique, théorique et pratique - sont psychologues, psychiatres et intervenants sociaux. Leurs expertises sont diverses (thérapie de couple ou familiale, intervention psychosociale, psychiatrie), mais tous ont en commun une longue expérience de l'approche systémique, qui, pour atteindre le changement, mise sur la circulation de l'information et sur la modification des interactions et des règles de fonctionnement du système relationnel. En adoptant une vision systémique, l'intervenant bénéficiera d'un outil éprouvé pour amorcer une dynamique de changement, tant chez ceux qui le consultent qu'au sein de son propre milieu de travail. Pour son passage dans la collection " Paramètres ", cette nouvelle édition a été entièrement mise à jour.
Ait Kabboura Mounia ; Fadil Mohamed ; Geoffroy Mar
Cet ouvrage examine en profondeur le dilemme de l'intrication du politique et du religieux dans la Polis contemporaine de l'Islam (l'Etat-nation) et en met à jour les rapports intimes ainsi que la façon dont il a évolué au fil des siècles — de l'islam ethnique et culturel à l'islam idéologico-politique. Il rassemble des contributions critiques et originales de plusieurs chercheurs appartenant à différentes institutions universitaires (du Québec, du Maroc, de la Tunisie et de la France) et à des disciplines diverses (sociologie, histoire, science politique, philosophie). Ce regard croisé souligne le rôle de l'islam dans la construction de l'identité politique et de l'imaginaire collectif, en tenant compte de leurs modes d'agir idéologique, social,culturel et juridique à des époques et dans des espaces culturels et géographiques donnés, tout en s'attardant sur de grandes questions comme la radicalisation, l'islamophobie et la condition féminine. Destiné à ceux et celles qui s'intéressent particulièrement aux modèles politico-religieux liés a l'islam, ce livre s'adresse également au grand public, dans la mesure où la question de l'islam et de l'islamisme est de plus en plus populaire en Occident comme dans le monde arabo-musulman.
Les deux livres réunis ici démontrent clairement toute la contemporanéité des écrits de celle qui a contribué à l'implantation du discours féministe au Québec. On n'a qu'à ouvrir le livre au hasard des pages pour constater la pertinence et l'actualité des propos de l'essayiste en un temps où la parole féministe a bien besoin de ses racines. Le prouve aussi cet extrait de la main de l'auteure : "Je suis violente et j'ai horreur de la violence. Horreur des violences qui m'ont été faites et qui sont tapies en moi, couchées là, endormies et prêtes à se relever, à courir comme de grandes folles, irrépressibles, mauvaises comme des eaux déchaînées. Ces violences, je n'ai pu les tuer, on ne tue pas la violence, on ne l'évacue pas, on l'occulte, on la range, mais elle est là, indocile, indomptable."