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Chili 1970-1973. Mille jours qui ébranlèrent le monde
Gaudichaud Franck ; Löwy Michael
PU RENNES
27,00 €
Épuisé
EAN :9782753526631
Pouvoir populaire", "cordons industriels", "participation des travailleurs", "ravitaillement direct", "contrôle ouvrier": voici quelques-uns des ingrédients du processus sociopolitique analysé dans cet ouvrage, redonnant ainsi toute sa dimension collective à l'expérience de l'Unité populaire chilienne (1970-1973). En dressant une véritable fresque des mobilisations sociales et luttes ouvrières qui eurent lieu durant ces mille jours, Franck Gaudichaud fait ressurgir certains des "trésors perdus" de cette époque, celle du gouvernement de Salvador Allende. Grâce à une approche originale, combinant sources écrites et enquête orale, science politique, sociologie et histoire, cette étude très fouillée reconstitue la dynamique du mouvement révolutionnaire chilien, vu "par en bas", au niveau des entreprises occupées, des ceintures industrielles, des quartiers populaires. Basé sur la respiration des politiques du conflit qui ont rythmé la "voie chilienne au socialisme", ce livre montre le développement et la radicalisation du mouvement ouvrier, les formes d'organisation d'une classe mobilisée et les répertoires d'action utilisés. Il s'intéresse également aux débats, praxis et stratégies de la gauche chilienne. Il étudie les rapports complexes, parfois tendus, qu'entretiennent alors mouvement social et champ politique, organisations partisanes et syndicats, gouvernement et engagements militants. Une telle approche, centrée sur les formes de "pouvoirs populaires constituants" qui ont surgi dans la périphérie de Santiago et de quelques grandes villes, permet de renouveler notre compréhension de cet épisode fondamental de l'histoire du vingtième siècle. Ce travail de recherche ouvre aussi de nouvelles pistes d'interprétation quant aux événements qui ont conduit il y a tout juste 40 ans à l'issue tragique de l'Unité populaire et au coup d'Etat mené par le général Pinochet, le 11 septembre 1973.
Dans l'imaginaire contemporain, le mot "néolibéralisme" renvoie assez souvent à un pays du Cône Sud : le Chili. Pour toute une génération, le traumatisme du coup d'Etat de 1973 ne met pas simplement fin au rêve porté par le président Salvador Allende, et à "la voie chilienne au socialisme" : l'intervention militaire enclenche aussi la mise en oeuvre de mesures néolibérales sur le continent latino-américain, et plus généralement à l'échelle mondiale. Mais de quoi parle-t-on lorsque l'on affirme que le Chili est un pays "néolibéral" ? Depuis 40 ans la question ne cesse d'alimenter réflexions et débats au sein des sciences sociales comme de la sphère publique. En se plaçant — en partie — dans la lignée de l'essai Chili actuel. Anatomie d'un mythe du sociologue de Tomás Moulian (1997), cet ouvrage cherche à rendre compte des expérimentations néolibérales dans un Chili qui en constitue indéniablement un des laboratoires au plan mondial. Il ouvre des pistes de réflexion critique sur les permanences et les réajustements des logiques néolibérales, sur les résistances et les subjectivations propres à la société chilienne du temps présent. Les textes réunis ici, dans leur langue d'origine, d'auteurs chiliens et français, envisagent le néolibéralisme en tant qu'"hégémonie", modèle d'accumulation économique et "art" de gouverner, mais aussi dans les relations des forces locales, nationales et internationales au sein desquelles ces mêmes logiques s'insèrent et se construisent. Polysémie et multi-dimensionnalité de ce projet de société sont alors abordées selon trois axes : dans quelle mesure les résistances au néolibéralisme sont-elles au coeur de la définition du projet de société du Chili actuel ? De quelle manière subjectivités et identités se forgent- elles dans ce contexte ? Comment, enfin, le marché est-il progressivement devenu un lieu quotidien de médiation politique et d'action publique ?
De la période de l'Unité populaire chilienne (1970-1973), on ne connaît souvent en France que le nom d'Allende, une icône de la gauche devenue martyr avec le coup d'Etat. Venceremos ! propose un retour sur l'Unité populaire envisagée du point de vue de celles et ceux qui la construisirent et la défendirent au quotidien. Dans les quartiers pauvres et les usines, dans leur organisations de ravitaillement, les comités de voisins ou dans les Cordons industriels, un mot d'ordre résonnait avec toujours plus de force : "Créer, créer le pouvoir populaire". Pourtant, aujourd'hui, l'histoire de ces Cordons industriels, tout comme celle des autres organismes de "pouvoir populaire", reste largement méconnue. Tout en lui rendant hommage, ce livre questionne cette expérience et donne à lire plusieurs documents d'époque. La lettre adressée par la coordination provinciale des Cordons industriels de Santiago à Allende le 5 septembre 1973 se terminait ainsi : "Nous vous prévenons, camarade, avec tout le respect et la confiance que nous vous portons encore, que si vous ne réalisez pas le programme de l'Unité populaire, si vous n'avez pas confiance dans les masses, vous perdrez l'unique appui réel que vous possédez comme personne et comme gouvernant, et vous serez responsable de porter le pays, non pas vers la guerre civile, qui est déjà en plein développement, mais à un massacre froid, plané, de la classe ouvrière la plus consciente et la plus organisée d'Amérique latine".
Gaudichaud Franck ; Modonesi Massimo ; Webber Jeff
Depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chávez, plusieurs pays de l'Amérique latine ont connu ce qui a été parfois qualifié de "tournant à gauche". Cet élan a alors incarné un espoir de transformation sociale et de construction de diverses expériences post-néolibérales aux accents anti-impérialistes. "Révolution bolivarienne" au Venezuela, "Révolution citoyenne" en Equateur, Etat plurinational en Bolivie, nouvelle politique avec Lula et le Parti des travailleurs au Brésil. L'époque était au changement, la "longue nuit néolibérale" semblait prendre fin ou tout du moins s'estomper, fruit d'une période d'intenses mobilisations populaires et de nombreuses révoltes sociales. Les inégalités sociales et la pauvreté reculaient, Washington perdait du terrain, alors que la participation de celles et ceux " d'en bas " progressait. Plus de vingt ans après l'ouverture de ce cycle, la région est pourtant entrée de nouveau dans une zone de fortes turbulences et incertitudes, tandis que le bilan des gouvernements "progressistes", au-delà de leur diversité, est très largement contrasté. Capitalisme d'Etat et crise économique, colonisation des imaginaires de gauche par des logiques gestionnaires, approfondissement de modèles économiques basés sur le saccage des biens communs, consolidation de leaderships charismatiques, dérives autoritaires, corruption et rupture avec les mouvements sociaux : les problèmes se sont accumulés. En parallèle, la réorganisation des droites sociales, politiques et religieuses, la montée des extrêmes droites, la multiplication des défaites électorales, mais aussi des coups d'Etat parlementaires, sont désormais un fait majeur. L'immense crise au Venezuela et l'ascension de Jair Bolsonaro au Brésil sont deux exemples de cette dangereuse conjoncture. Faire le bilan d'un cycle débuté dans l'espoir et qui s'achève dans la violence est fondamental pour comprendre l'Amérique latine actuelle. Alors que la "patrie de Bolívar" est partagée entre menaces réactionnaires ou impériales, nouvelles espérances émancipatrices et fuite en avant des gouvernements dits progressistes, ce livre vient nous proposer un éclairage original indispensable.
Au Moyen-Age le pouvoir se conjugue aussi au féminin. A rebours de la conception française du rôle des princesses de haut rang définie par la loi salique, les comtés de Flandre et de Hainaut sont, entre 1244 et 1503, le lieu d'exercice d'un pouvoir par les femmes. Marguerite de Constantinople, Marguerite de Flandre, Jacqueline de Bavière ou encore Marie de Bourgogne ne sont pas seulement filles, épouses, et mères : elles sont avant tout des femmes régnantes. Outils de validation et de pouvoir, leurs sceaux permettent de définir les contours de leur pouvoir politique et la singularité de leur statut. Par leurs spécificités iconographiques, héraldiques et emblématiques, les sceaux des princesses soulignent la place des femmes au sein de leurs lignées et comtés. Ce corpus sigillaire inédit, mis en regard avec les actes au bas desquels ils sont apposés (chartes, mandements, quittances), révèle les effets concrets de leur gouvernement. A travers l'histoire des pratiques de l'écrit et des représentations, ce sont les pratiques politiques des comtesses de Flandre et de Hainaut qui sont interrogées. In fine, cet ouvrage sur le pouvoir des femmes et les femmes de pouvoir se veut une contribution à l'histoire des femmes et du genre. Préface de Olivier Mattéoni
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
L'histoire des poches de l'Atlantique reste largement méconnue, fragmentée en de multiples récits locaux décrivant largement les combats et les combattants ou les souffrances des civils, sans analyser les enjeux politiques et militaires, sans présenter l'avant et l'après. Cet ouvrage ne prétend pas à l'exhaustivité, mais revient sur des thématiques méconnues ou des réalités souvent complexes. L'ouvrage s'organise en cinq parties : une première revient sur la constitution et l'histoire de ces fronts en distinguant deux réalités très différentes, les poches bretonnes et celles du sud-ouest.Une seconde partie s'intéresse aux enjeux de ces ports forteresses pour les belligérants, les Allemands et les Français. Les assiégés et les assiégeants sont au coeur de la troisième partie, en posant le regard sur les exemples concrets de Lorient et de Saint-Nazaire, mais également sur les combattants, les FFI, les forces françaises et les troupes de l'Est. La quatrième et la cinquième partie renouvellent l'histoire des poches en abordant des sujets originaux, la Libération et sa planification, l'épuration, la restauration de l'Etat, la reconstruction, en particulier par l'exemple de Saint-Nazaire, puis la mémoire et les commémorations.Cet ouvrage apporte une vision différente et originale de l'histoire singulière de ces poches de l'Atlantique.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.