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Des barbares dans la cité. De la tyrannie du marché à la violence urbaine
Garnier Jean-Pierre
FLAMMARION
19,40 €
Épuisé
EAN :9782080673312
On ne parle de la banlieue que lorsqu'elle est en feu. Journalistes pyromanes, politiciens incendiaires, une ribambelle de faux pompiers de service prétendent éteindre ses incendies. Et pourtant, ils ne font qu'attiser le brasier. Les discours "politiquement corrects", les mesures gouvernementales trop tièdes ne servent à rien. Pourquoi ? Parce qu'ils persistent à s'inscrire dans le règne incontesté du marché. L'illusion, tenace et sciemment cultivée, selon laquelle on pourrait venir à bout de la fameuse "violence urbaine" sans s'attaquer aux structures économiques, est à dissiper de toute urgence. Dans cet essai polémique solidement argumenté, où il n'épargne personne, ni à gauche ni à droite, pas plus l'architecte Roland Castro que le sociologue Alain Touraine, ou les ministres Michel Delebarre et Eric Raoult, Jean-Pierre Garnier bouscule la "pensée unique" qui sévit aussi sur la ville. Il replace sous un éclairage radicalement nouveau les événements qui défraient la chronique des "banlieues" et opère une critique en règle des discours tenus par tous les "pseudo experts". Quand le grotesque vient se mêler au tragique, la réflexion rigoureuse peut faire bon ménage avec l'esprit de dérision.
Pour remettre les idées en place, ou à leur place, et les suivre pas à pas dans l'actualité, une collection qui met "les pieds dans le plat de l'opportunisme contemporain, lequel plat n'est, comme chacun sait, qu'une vulgaire assiette au beurre" (René Crevel). En cette fin de millénaire, les mutations en cours dans les villes vont-elles donner naissance à une citoyenneté nouvelle ? Certains experts en urbanisme le claironnent. Aussi, loin de baisser les bras, et leur plume, devant l'ensauvagement progressif des métropoles du capital, ils ne se lassent pas d'enrubanner de tournures euphorisantes ce qui à leurs yeux doit à tout prix être conservé : l'ordre social. Jean-Pierre Garnier nous fait pénétrer derrière ce décor plaqué sur la cité pour nous montrer que cet ordre est à l'origine de la plupart des désordres urbains. La désintégration sociale tant redoutée apparaît comme la face, de plus en plus mal cachée, d'une intégration au marché mondial célébrée jour après jour. Lorsque la Bourse, c'est-à-dire la logique du profit, s'envole, qui s'étonnera d'apprendre que la Ville soit au plus bas !
Mumford Lewis ; Garnier Jean-Pierre ; Durand Guy ;
Qu'est-ce que la cité? Comment a-t-elle commencé? Quelles ont été les phases de son développement? Est-elle destinée à disparaître, ou notre planète se transformera-t-elle en une immense ruche urbaine, ce qui serait, pour les villes individualisées, une autre façon de disparaître? Les besoins qui conduisirent les hommes vers ce mode d'existence recevront-ils un jour les satisfactions qu'ont pu promettre autrefois Jérusalem, Athènes ou Florence? Est-il encore possible de construire une cité permettant à l'homme de poursuivre un développement harmonieux? Avant de penser un nouveau mode d'existence urbaine, il faut comprendre la nature historique de la cité et l'évolution de son rôle primitif. Nous serons mieux à même alors d'envisager les décisions qui nous incombent. Il nous appartient de diriger nos efforts vers l'accomplissement de la plus profonde valeur humaine; ou sinon de subir l'automatisme des forces que nous avons déclenchées. Par l'analyse de la formation des regroupements urbains, ce classique fait apparaître les limites démographiques, technologiques et économiques au-delà desquelles la cité ne rend plus possible la survie d'une unité communautaire. Critique d'une organisation économique qui sacrifie le progrès de l'humanité au perfectionnement des machines, l'auteur revient au souci du bien public, à la recherche d'un équilibre écologique et à la coopération sociale comme base de notre milieu de vie.
Envisager d'emblée les aléas de la patrimonialisation urbaine peut sembler a priori paradoxal. Évacuant tout ce qui pourrait ressortir de la contradiction et de l'antagonisme, la patrimonialisation est censée impliquer un rapport pacifié au temps et à l'espace. Néanmoins, comme le montrent les articles réunis dans ce dossier, ce sont en réalité, pour peu que l'on en explore les pratiques, la diversité des conceptions, le désaccord et le conflit qui l'emportent.