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Etat, économie, territoire en Allemagne. L'espace dans le caméralisme et l'économie politique, 1740-
Garnier Guillaume
EHESS
28,01 €
Épuisé
EAN :9782713220708
Comment les économistes allemands envisagent-ils les relations entre Etat, économie et espace dans l'Allemagne des Lumières et des bouleversements de l'époque révolutionnaire et impériale ? Fortement ancrées dans les universités au coin siècle, les sciences camérales développent un discours qui se caractérise moins par son appel à une intervention dirigiste de l'Etat que par la référence au concept politico-juridique de territoire. Ce discours est contesté dans les années 1790 par l'émergence de l'économie politique, suite à la réception des écrits de Smith : l'espace économique, espace de marché, est largement dissocié du territoire politique, et ses principes organisateurs révèlent une approche renouvelée des phénomènes économiques. Ce processus de "déterritorialisation" n'est cependant ni linéaire, ni univoque, notamment parce que les économistes allemands intègrent dans leur discours les nombreux bouleversements politiques, diplomatiques et économiques que connaît l'Allemagne dans les premières décennies du XIXe siècle. Soucieuse de prendre en compte l'appareil conceptuel et l'ancrage social et institutionnel des discours étudiés, cette étude éclaire d'un jour nouveau une dimension souvent négligée par la pensée économique : l'inscription spatiale des phénomènes économiques.
Alors qu'il s'agit d'un terme clé pour les géographes, "l'espace" a connu dans les sciences historiques et politiques une longue période de quarantaine en Allemagne depuis 1945. Tabou depuis le nazisme, le terme a gardé des relents de revendication nationaliste, en particulier dans l'intérêt récent pour la géopolitique. Or, les sciences historiques et sociales sont affectées depuis une dizaine d'années par un net regain d'intérêt pour l'espace et pour la dimension spatiale des processus et phénomènes qu'elles étudient. C'est là l'une des conséquences de la remise en cause de la pertinence de l'échelle de l'Etat-nation comme cadre d'analyse. Parce que l'Allemagne présente des particularités dans l'emboîtement et l'interdépendance des différentes échelles spatiales d'exercice du pouvoir, notamment des échelles nationale et régionale qui sont elles-mêmes le produit de l'histoire allemande, elle offre un terrain privilégié pour l'étude de l'articulation de l'espace territorial et des espaces d'exercice du pouvoir. Croisant des approches micro et macro, cet ouvrage rend compte du dialogue de plusieurs disciplines (histoire, science politique, sociologie, études germaniques, géographie) sur les mutations qu'ont connues et que connaissent les espaces d'exercice du pouvoir en Allemagne. Il propose un regard pluridisciplinaire et une réflexion fondée sur les derniers développements de la recherche.
Le projet de l?auteur est d?effectuer une histoire culturelle du sommeil pour une période comprise entre le début du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle dans la France préindustrielle de la fin de l?Ancien Régime. Son objectif principal est d?arriver à dégager une culture dominante du sommeil en France durant cette période. L?étude vise à comprendre comment la société française à la veille de l?industrialisation, une société encore très largement christianisée et vivant selon des habitudes héritées, a pu se représenter et concevoir des pratiques particulières du sommeil. La première partie de ce livre sera consacrée à définir le corps endormi, à comprendre cette alternance veille-sommeil qui caractérise l?être humain. Réfléchir sur les principes et les bienfaits du sommeil ne suffit pas. Dormir est avant tout une épreuve et il essentiel de rappeler qu?il est parfois difficile de trouver son sommeil. Réussir à dormir est alors une récompense et il sera temps de s?intéresser à la singularité des pratiques individuelles et collectives du sommeil, afin d?envisager les décalages par rapport aux discours tout en dégageant les sociabilités nocturnes et les transgressions des normes.
Cet ouvrage s'adresse aux élèves de Troisième qui se préparent aux épreuves du Brevet. Il est découpé suivant le programme de l'année pour permettre aux lecteurs de s'exercer dès le mois de septembre. Tous les chapitres de ce livre sont construits de la manière suivante : un résumé de cours ; des sujets d'annales ; les corrections détaillées de tous les énoncés.
Résumé : Cet ouvrage s'adresse aux élèves de Terminales Let ES qui se préparent à l'épreuve d'Histoire-Géographie du baccalauréat. Il est découpé suivant le programme de l'année pour permettre aux lecteurs de s'exercer dès le mois de septembre. Tous les chapitres de ce livre sont construits de la manière suivante : un résumé de cours ; des sujets d'annales posés au Bac ; les corrections détaillées de tous les énoncés.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".