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Décrire à l'écran
Gardies André
KLINCKSIECK
35,00 €
Épuisé
EAN :9782864603627
A l'évidence le cinéma des salles, celui qui fait que le Cinématographe est devenu le 7e Art, est majoritairement narratif. Spectateur, je paye non pas seulement pour voir mais encore pour qu'on me raconte, plus précisément pour qu'on me donne des images, agencées de telle sorte qu'elles aient le charme de cette voix silencieuse qui s'élève dans la pénombre de la salle et qui raconte. Privilège a donc été accordé, par la théorie, à deux gestes essentiels : montrer, raconter. C'était oublier qu'ils ne sont pas de même nature : l'un est d'ordre du langage, l'autre de l'ordre du discours. Si l'un est nécessaire, l'autre est facultatif. Tout film peut donc user de la monstration à des fins autres que narratives : argumentatives, explicatives ou encore descriptives. C'est donc l'étude d'une forme filmique fort courante et pourtant quasi méconnue que ce livre entreprend : qu'est-ce que décrire à l'écran ? Quels en sont les fondements théoriques, les modes d'agencement et les enjeux esthétiques ? Dès lors le descriptif ne doit plus être pensé comme simple auxiliaire de la narration mais comme forme discursive singulière et suffisante.
Né avec les indépendances, lié, dans son développement au destin des nouvelles souverainetés, le cinéma d'Afrique noire francophone s'engage dès son origine dans un vaste mouvement de réappropriation culturelle. Il donne à voir, prioritairement, les réalités continentales du présent comme du passé. Contrairement au cinéma narratif occidental qui montre pour raconter, l'acte de raconter devient second par rapport à ce geste premier qui consiste à montrer. Dès lors l'espace, en tant que réalité géographique et sociale, mais aussi et surtout en tant que mode d'agencement narratif, devient l'enjeu fondamental de ce cinéma. Il est ce miroir en lequel s'inscrivent les images d'un monde en devenir. Il est aussi ce lieu filmique où s'affirment le mieux l'authenticité et la spécificité du cinéma africain. C'est la thèse que soutient André Gardies tout au long de cet essai, à partir d'une démarche sémionarratologique tout à la fois claire et efficace.
Dans un village des hauts plateaux de la Margeride, pays de solitude et de pauvreté, que hante encore le souvenir de la Bête, un fonctionnaire du ministère de l'Agriculture, Faustin Juan, est dépêché pour tenter de comprendre les réticences du pays au progrès et au remembrement. Dans ce monde isolé, vivant encore à l'ère du char à b?ufs et de la polyculture de subsistance, il découvre un village pétri de terreurs, de jalousies et de ragots, aux habitants secrets et méfiants. Atmosphère tempérée par la beauté des paysages, l'amitié amoureuse de Reine qui tient le café-épicerie, et la complicité de Jean, le braconnier, mais aussi le désir trouble que suscitent Violette et Monique, deux jeunes écolières plus averties qu'il n'y paraît. Tous les ingrédients sont là pour qu'éclate le drame. Un roman qui traduit l'âpreté d'une terre aux hivers extrêmes, et la vie quotidienne d'un monde dont la noirceur est loin d'égaler celle du narrateur remarquablement dépeint par André Gardies qui signe là son quatrième roman.
Ce n'est pas par hasard que Jacques Torrant va séjourner au c?ur du Massif Central dans une ferme isolée en lisière de forêt où se cache une tourbière. Ce lieu perdu, en déshérence depuis une décennie, loué épisodiquement par l'administration des Ponts et Chaussées à quelque estivant en mal de solitude, lui évoque un être cher de son enfance, l'oncle Paul, disparu mystérieusement aux alentours. À propos de cette maison qu'on appelle " La Baraque du cheval noir " circulent quantité d'histoires, de rumeurs, d'intérêts dissimulés. Objet de l'attention sournoise des habitants des hameaux avoisinants, Jacques Torrant venu dans ce lieu pour écrire et plus secrètement pour comprendre les causes de la mort de son oncle, va faire une rencontre surprenante qui l'enflammera avant de l'amarrer à ce lieu inquiétant. Fantastique et sauvage, la nature de ce pays reculé déteint sur le caractère des habitants dont André Gardies décrit en connaisseur la cruauté et la méfiance séculaire vis-à-vis des étrangers.
Pourquoi Romain Falcolon, cet ancien cameraman de la Calypso, a-t-il fini par accepter de tourner ce film sur la pêche artisanale traditionnelle au Grau ? Lui qui depuis bientôt cinquante ans s'évertue à ne plus remettre les pieds dans cette station balnéaire qui accueillit son enfance et son adolescence. Besoin de renouer avec ce temps enfui ? Dernière réalisation avant la retraite ? Repérages, contacts, premières prises de vues, l' affaire devait être rapidementA menée, mais une série de mystérieux courriels viennent se glisser dans les rouages comme autant de grains de sable. A Un roman méditerranéen entre nostalgie et bonheur de vivre.