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VIE EXECRABLE DE GUILLEMETTE BABIN, SORCIERE
GARCON MAURICE
MILLON
20,30 €
Épuisé
EAN :9782841372577
Dans ces deux ouvrages, Maurice Garçon (1889-1967), magistrat célèbre, mais aussi savant arpenteur du corpus démonologique, dresse le portrait de deux anti-héroïnes. L'une, Guillemette Babin, sorcière poitevine du temps des guerres de Religion, relève du champ de la fiction, tandis qu'appartient à l'histoire la chronique de l'abbesse de Cordoue, Magdeleine de la Croix, fausse sainte et vraie possédée. Cette Supérieure des Clarisses, gratifiée de roses en hiver et de visitations d'anges au douteux plumage, trompa trente-huit années les plus hautes autorités civiles et religieuses par ses miracles falsifiés. Les doubles vies de la fermière de Ligugé et de la religieuse espagnole ont suscité l'intérêt de Maurice Garçon. Sur sa piste, le lecteur découvre les sinuosités de rivières souterraines existentielles, Indes Noires de toutes les transgressions. À la langue gargantuesque, diaprée d'insolentes truculences de Guillemette Babin, fait contraste la sobriété stylistique de Magdeleine de la Croix. Mais par-delà les différences formelles, les oeuvres sont liées par la communauté spirituelle des protagonistes. Le burin de l'érudition révèle la consanguinité de ces deux silhouettes sur fond de sabbats, incubat et sortilèges. Magdeleine et Guillemette, soeurs dans la nuit.
Résumé : Maurice Garçon (1889-1961) fut béni par les Muses. On connaît l'illustre avocat, mais il fut aussi diariste (son Journal promet d'être l'un des plus importants de sa génération), parolier, aquarelliste, historien spécialiste du Diable, et de bien d'autres sujets encore. Ce sont ses plaidoyers que j'ai tenu à célébrer ici et, pour commencer, ceux qu'il consacra aux Arts et aux Lettres, avec en premier lieu, celui, fameux autant qu'inattaquable, intitulé Contre la censure où il assura la défense d'un libraire poursuivi pour outrage aux bonnes moeurs. On y trouvera la marque d'une élégance de style et d'une érudition hors de pair. Un modèle d'éloquence d'une parfaite modernité loin des rodomontades que l'on prête, pas toujours à tort, aux grands ténors du barreau. Jean-Claude Zylberstein, avocat à la Cour.
Si l'année 2007 voit le centenaire de la mort de Joris-Karl Huysmans (le 12 mai), elle voit également le bi-centenaire, infiniment plus obscur, d'une naissance (le 7 avril) : celle de Pierre-Michel Vintras, dit aussi Pierre-Michel ou l'Organe, voire même le nouvel Élie. Né en 1807, enfant vite abandonné par sa mère, il vit d'expédients, de menues escroqueries et d'embauches passagères jusqu'en 1839. Cette année-là, l'apparition, à Tilly-sur-Seulle (Calvados) où il gère une cartonnerie, puis à Paris, d'un mystérieux vieillard en qui il voit la figure de saint Joseph sonne l'envoi d'une hallucinante carrière de visionnaire apocalyptique, de pontife sectaire et de prophète marial. Âme de l'?uvre de la Miséricorde disséminée partout en France en de multiples " septaines ", proche des milieux naundorfistes, il s'emploie avec ses disciples à une régénération mariolâtrique de l'Église catholique et à une annonce joachimite du règne de l'Esprit. L'apparition d'hosties sanglantes à partir de 1841, à Tilly-sur-Seulle, marque le fort d'une geste hérétique que freine un séjour de six ans en prison sous l'inculpation d'escroquerie et une condamnation romaine. Libéré en 1848, Vintras, dorénavant pontife d'amour et réincarnation d'Élie, se voue à ses disciples, groupés dès lors en " carmels éliaques ", ce malgré un second exil, londonien, décrété par le Second Empire. Rentré en France en 1862, il mourra à Lyon en 1875, le sulfureux abbé Boullan (ami de Huysmans) échouant à lui succéder. Rendu célèbre par son évocation dans " Là-Bas " de Huysmans (1891) puis dans " La Colline inspirée " de Maurice Barrès (1913), Vintras a surtout été l'objet de cette monographie jamais rééditée de Maurice Garçon. Publiée en 1928 chez Nourry, basée sur des documents d'archives publics et privés, enrichie de témoignages, elle reste la meilleure approche d'une des plus fabuleuses figures de " la marginalité religieuse " contemporaine.
Cette nouvelle de Huysmans est resté inédite jusqu'en 1964, date à laquelle Maurice Garçon la découvre et la publie chez J. -J. Pauvert. C'est l'histoire d'une commande - et d'un refus. En 1888, en Angleterre, un avocat amateur de littérature, Harry Quilter, avait fondé une revue, The Universal Review. Il entendait rassembler les meilleurs écrivains de tous les pays et publier leurs oeuvres. Huysmans est sollicité et écrit une nouvelle dont il avait esquissé l'idée sur un petit carnet quelques années auparavant. Quilter est déçu. Il attendait de Huysmans quelque chose dans l'esprit d'A Rebours et refuse la nouvelle, que son auteur range définitivement dans un tiroir.
Résumé : Ce journal inédit couvre les années 1939 à 1945, consignant les événements, petits et grands, de la guerre, la défaite, l'Occupation et la Libération. Curieux de tout, l'avocat alors au sommet de son art, sillonne Paris et la province et consigne avec un rare talent normatif le fruit de ses rencontres, avec le mérite constant, et rare, de s'interdire toute réécriture. Laissant ainsi transparaître ses atermoiements et ses avis changeants. Son journal déborde. Portraits, anecdotes, détails méconnus foisonnent. Maurice Garçon connaît tout le monde : on croise autant de politiciens que de criminels notoires et de figures du grand monde... Une plongée sans précédent dans les années-noires. Edition établie, présentée et annotée par Pascal Fouché et Pascale Froment. " Portrait passionnant d'une France en guerre, rédigé par un observateur privilégié et lucide de cette période troublée. " Télérama " La parution du journal inédit de l'avocat et écrivain [...] est un événement. Humaniste désenchanté, il s'est fait le chroniqueur impitoyable du régime de Vichy. " Le Monde
Boncour Elisabeth ; Gire Pierre ; Mangin Eric ; Co
Pourquoi Maître Eckhart connaît-il aujourd'hui un tel succès auprès d'un public aussi large ? Parmi les raisons qui expliquent cet engouement, il convient sans aucun doute de mentionner la beauté de ses textes et leur étonnante saveur pour un lecteur contemporain. Le maître rhénan nous a laissé une oeuvre importante et variée. Ecrite en latin et en moyen-haut-allemand, la langue du peuple, cette oeuvre s'exprime à travers des genres littéraires très différents et son style est particulièrement bien soigné. Mais il ne suffit pas d'écrire, ni même de bien écrire, pour être reconnu comme un grand écrivain, d'autant plus que ce terme peut paraître anachronique pour le Moyen Age. Et pourtant, il se confie quelque fois en ces termes : "J'ai écrit un jour dans mon livre" (Sermon 73). Eckhart occupe ainsi une place originale pour la période médiévale dans la mesure où il évoque le projet d'écrire "un livre", qu'il appelle "mon livre", et dans lequel il souhaitait consigner des propos plus personnels. Mais ce qui fait véritablement entrer son oeuvre dans la grande littérature, ou tout au moins dans une certaine idée de la littérature, c'est sans doute la conscience très nette qu'il avait que l'écriture doit nécessairement affronter ce qui ne peut se laisser contenir à l'intérieur des mots : "Qui peut exprimer cette parole ? Personne ne le fait" (Sermon 74). Alors son écriture sera toujours inachevée, d'un inachèvement irréductible et essentiel, parce que ce qui est à dire ne peut être dit. Ce nouveau volume rassemble pour la première fois des spécialistes appartenant à des disciplines très différentes comme la philosophie, l'histoire et la théologie, mais aussi la littérature, et même la linguistique. Il propose ainsi des perspectives de recherche intéressantes dans le champ des études eckhartiennes.
Au IIème siècle après J. -C., le naturaliste romain Claudius Aelianus décrivait déjà des pêcheurs qui, pour imiter les insectes dont se nourrissent les truites, "enroulent de la laine rouge autour d'un hameçon et fixent dessus deux plumes rouges extraites de dessous la caroncule d'un coq". Mais les Anglais furent les véritables inventeurs de ce sport. En 1653, Izaac Walton en édicta les règles dans son Parfait pêcheur à la ligne, constamment réédité depuis et dont on dit qu'il est le livre le plus vendu, outre-Manche surtout, après la Bible. Il s'agit d'un exposé sur l'art et la manière de pêcher, puis d'accommoder le poisson. Et si certaines recettes (de pêche ou de cuisine) ne trouvent plus d'adeptes, si les exposés scientifiques de Walton prêtent à sourire aujourd'hui (le brochet qui tire sa naissance de l'herbe à brochet par exemple), il reste ce qui a traversé les siècles et charmé des générations de lecteurs à savoir la leçon de sérénité d'un contemplatif.