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La farce aujourd'hui
Gally Michèle ; Fix Florence
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271082121
Ce volume réunit des réflexions sur la résurgence de la farce médiévale depuis la seconde moitié du xxe siècle. En effet, malgré l'importance de ce registre, peu d'études à ce jour ont entrepris de réfléchir tout à la fois sur sa présence insistante (et, sous certains aspects, paradoxale) et sur les liens que la farce d'aujourd'hui tisse avec son ancêtre médiévale. De Tardieu à Vinaver, les auteurs étudient la place de la farce sur les scènes contemporaines, l'ouvrage faisant la part belle à des dramaturges majeurs de l'extrême contemporain comme Rodrigo García, Griselda Gambaro ou bien Elfriede Jelinek. Couvrant plusieurs aires linguistiques (française, anglaise, allemande, américaine, espagnole, israélienne, italienne, roumaine...), cette étude constitue, sans être exhaustive, une sorte de bilan d'un des aspects les plus importants de la dramaturgie moderne. L'ensemble se trouve enrichi de deux entretiens : l'un avec le dramaturge suisse de langue allemande Urs Widmer, l'autre avec le metteur en scène français Christian Schiaretti (directeur du TNP). Trois brefs extraits de Mistero Buffo de Dario Fo, traduits en " joual " - dialecte de la région de Montréal - par le dramaturge québécois Michel Tremblay, exemplifient le travail sur la langue que le comique porte en son essence depuis le Moyen Age.
Maître de conférences en littérature médiévale à l?ENS Lettres et Sciences Humaines (Lyon), Michèle Gally est spécialisée dans les recherches sur le lyrique des XIIe-XIVe siècles, les textes didactiques et poétiques français et médiolatins (Arts d?aimer, vulgarisation et textes encyclopédiques, arts poétiques).
Humanités: un vocable "ringardisé", pour une réalité désormais presque "hors-la-loi", comme le prédisait Calvino. Le latin, le grec... on peut vivre sans? Admettons! Mais la formation des esprits à la compréhension intime des textes, la relance, à chaque génération, de notre culture fondatrice? Trouver cela inessentiel en dit long sur notre aplatissement intellectuel et moral. Michèle Gally rend compte avec une lucidité qui fera grincer bien des dents d'une marginalisation progressive, d'une éviction éducative qui s'est parée d'oripeaux "égalitaristes" et "modernistes", mais a joué le jeu de la déculturation. Son grand mérite est de dépasser toute position "réactionnaire" et de montrer que l'étude des lettres anciennes (et de la littérature) reste l'un de nos derniers recours pour résister à un air du temps de plus en plus aliénant. Parce que ces lettres, précisément, sont non modernes? Sans aucun doute. Mais aussi parce que notre démocratie n'est pas inscrite dans la nature, elle est la fille "accidentelle" des noces de l'Antiquité et de l'Humanisme. Sa survie, à l'heure de la confluence au sein de la Nation d'une diversitéinédite des origines, passe aussi par l'offre, à notre jeunesse, d'un ensemble élargi de références et de pratiques culturelles à partager.
Pour les Médiévaux, l'amour est d'abord poésie, puis un code, la fin'amor. L'intelligence de l'amour, selon l'expression du poète dans la Vita Nova, est à la fois savoir d'amour et savoir poétique, qui ensemble conduiront Dante à son "Poème sacré". Car l'amour, au Moyen Age, demeure pris entre amour de Dieu et aventures dangereuses du désir. Il ne cesse d'être le thème d'un enjeu entre laïcs et religieux, clergie et chevalerie, poésie et théologie. Au XIIe, siècle les discours sur l'amour se multiplient, en latin chez les théologiens, en français dans les traductions plus ou moins fidèles de l"Art d'aimer d'Ovide. Plus qu'une réponse inaboutie et toujours reprise à une définition de l'amour, ces dernières indiquent la tentative des clercs pour faire pièce à la fin'amor lyrique. Dans le sillage à la fois des trouvères et d'Ovide se construit alors en deux temps la somme poétique et savante du Roman de la Rose." Art d'aimer "et" miroir aux amoureux ", elle change la donne et propose une alliance: l'aventure amoureuse se fond dans le savoir encyclopédique. A la fin du VIXe, siècle, les Echecs amoureux confirment que la quête amoureuse n'a de sens que d'être quête de connaissance. L'ars amandi se mue en libido sciendi. Quant aux poètes, de Richard de Fournival à Guillaume de Machaut, si leur discours lyrique se fait plus savant, s'ils font désormais entrer le monde dans leurs vers, c'est pour séduire leur dame. L'intelligence de l'amour ne saurait se déprendre de l'intelligence de la poésie."
En quel sens peut-on parler de "modernités des troubadours", ces poètes lyriques du premier Moyen Age compositeurs de pièces écrites dans une langue superbe mais désormais difficile à comprendre ? Ils ne cessent pourtant de hanter la mémoire des poètes, des musiciens, des romanciers, par l'attrait de leur chant amoureux né en langue d'oc et qui marquera l'art d'aimer de l'Europe pour des siècles. Modernes donc ils le sont, par leur présence entêtée autant que par la perfection de leur art : fin'amor ? amour parfaite, amour de la langue et de la musique. Cet ouvrage étudie ce que les troubadours occitans ont inspiré à des oeuvres de différentes expressions artistiques, modernes et contemporaines. Elles trouvent parfois dans le plus ancien de quoi nourrir leur renouvellement. Le volume interroge aussi la correspondance entre le dire et le dit lorsque la forme canso est confrontée à l'épreuve de la transposition, de la réécriture, de la traduction dans une culture autre. Comment défaire le lien qui tient enveloppés les figures et les thèmes de la lyrique amoureuse avec leurs "mesures" en langue occitane ? Sans doute au prix d'une transcréation, gage de la fécondité de ce qui n'est qu'improprement tenu pour passé.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
(Texte provisoire) En bref Tout sur la monarchie à son âge d'or. Le livre Issue d'un ouvrage collectif sur les monarchies à toutes époques, cette contribution d'Yves-Marie Bercé, synthèse sur une forme politique dominante en Occident de la Renaissance à la Révolution française, est une formidable introduction à l'histoire de l'Europe à l'époque moderne. Il ne s'agit pas d'un catalogue des rois et reines du XVIe au XVIIIe siècle, mais bien d'une histoire de la monarchie à travers l'analyse des fonctions royales. Roi-père, roi-justicier, garant de la Paix. Les nombreux attributs du souverain - vrais ou supposés - soulignent le caractère sacré alors attaché à cette fonction. Mais qu'en est-il vraiment du pouvoir du roi ? Que nous disent les chutes de trône du caractère supposément divin de leur élection ? Quels sont les rapports du roi à l'Etat, alors naissant dans le courant du XVIIe siècle ? Comment l'épithète " absolue " que l'on accole alors à " royauté " se traduit-il dans la pratique ? Et surtout, quelles relations le roi entretient-il avec son peuple ? De François 1er à Louis XVI, d'Elisabeth 1re à Jacques II, de Charles Quint à Charles III le Bourbon, c'est l'âge d'or de la monarchie que nous fait revivre Yves-Marie Bercé, en fin connaisseur de la période. L'auteur Yves-Marie Bercé, chartiste, ancien membre de l'Ecole française de Rome, est professeur d'histoire moderne. Arguments - Une synthèse claire et accessible.