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HISTOIRES VERTICALES
GAL STEPHANE
CHAMP VALLON
29,00 €
Épuisé
EAN :9791026706861
Et si la verticalité avait une histoire ? Dans la perception occidentale du monde en trois dimensions, la montagne joua un rôle déterminant. Celui-ci s'affirma à partir de la Renaissance, lorsque les Alpes et les Andes virent défiler des dizaines de milliers d'individus, simples mercenaires comme princes ou même rois, qui rêvaient de conquêtes à la hauteur de celles d'Alexandre et d'Hannibal. Parce que la montagne est "scabreuse, pierreuse, montueuse, infertile, mal plaisante à l'oeil, très difficile aux pieds", comme l'écrit Rabelais, elle s'éprouve jusque dans la chair. Elle est le lieu de l'initiation, de la conversion et de la transfiguration. Loin d'être le territoire du retard et du barbare que l'on prétendait, la montagne fut surtout le lieu du dépassement, de la réformation de l'oeil et de l'esprit, qui participèrent de l'élan de la Renaissance. La verticalité traversée et vaincue devint un, état d'esprit fait d'audace, d'ambition et d'innovation. Ainsi François Ier, ébloui d'avoir su "trancher les monts" en y conduisant chevaliers et canons avant de triompher à Marignan, ou Cortès, ordonnant de faire l'ascension du Popocatépetl avant de prendre Mexico. Selon l'usage que les souverains ou les peuples en firent, la montagne fit saillir des identités nouvelles, elle façonna les imaginaires, contribua à modifier les pratiques et les cultures politiques de l'Europe moderne. Et les montagnards naquirent pour eux-mêmes, défendant leur territoire face aux sarcasmes des hommes des plaines. Du légendaire Guillaume Tell au chevalier Bayard, de l'amazone Philis de la Charce aux fées francoprovençales, la montagne devint un territoire revendiqué et valorisé, forgeant des "identités verticales", tant chez les redoutables Suisses que chez les équivoques ducs de Savoie, qui la déclinèrent en poèmes et en somptueux ballets de cour. En faisant cheminer l'homme entre ciel et terre, entre arêtes et précipices, entre effondrement physique et extase mystique, la verticalité de la montagne est en soi un chemin "montant descendant", susceptible de transformer l'homme en profondeur. Elle s'impose à nous comme une magnifique allégorie de la Renaissance, sinon de la vie elle-même.
1515 : Marignan. Date la plus facile à retenir de toute l'Histoire ! Mais qui sait qu'avant la fameuse bataille, François Ier et ses canons avaient franchi les Alpes par des chemins inconnus ? Et que le roi et ses guerriers étaient en armure de combat à 2000 m d'altitude ? En 2019, des scientifiques et passionnés ont décidé de réitérer l'exploit. Non par pure performance, mais afin d'en mesurer les effets sur le corps et ainsi de mieux comprendre les conditions de traversée des montagnes par les armées de la Renaissance. Il a fallu pour cela faire fabriquer des armures, les endosser et les tester, sur le terrain comme en laboratoire, grâce à des technologies de pointe. En faisant dialoguer les disciplines, telles que l'histoire, la biomécanique, l'informatique et la physiologie, mais aussi des sportifs, associations et troupes de montagne, le projet MarchAlp a fait du corps armé une source d'information, de la montagne un laboratoire, d'une aventure scientifique une aventure humaine.
Gal Yossi ; Tomas Jean-Louis ; Legrenzi Christophe
De plus en plus d?entreprises migrent leurs applications informatiques internes vers des grands ?progiciels intégrés? (ERP) qui offrent des solutions transversales homogènes, intégrées et évolutives. Cet ouvrage analyse le contexte et les enjeux de ce mouvement, illustre cette démarche à l?aide d?exemples concrets et analyse les facteurs-clé de réussite du choix, du déploiement et de l?utilisation opérationnelle d?un ERP. Cette sixième édition actualise les chiffres et les positions du marché. Elle met l?accent sur la conduite du changement.
Résumé : Au Moyen Age, la montagne a - comme la nature - une place encore marginale dans la pensée occidentale. Elle renvoie au mieux à la Création, cet univers originel façonné par Dieu, au pire au domaine du "sauvage" , c'est-à-dire à ce qui nous échappe. L'altitude est une dimension que l'on ne maîtrise pas. On ne sait ni la mesurer ni l'évaluer sans l'exagérer démesurément. Les sommets incarnent le mystère, l'insaisissable et ce monde vertical inexploré, exotique, inaccessible, attire autant qu'il inquiète. Peu à peu, grâce aux savoirs déployés par les hommes de la Renaissance, l'idée de pouvoir dominer les hauts sommets commence à naître. Comme le suggère Pétrarque, après son ascension du Mont Ventoux en 1336, ils peuvent être - en plus d'un formidable marchepied vers le Ciel - une source féconde pour l'esprit. Leur conquête démontre la puissance et la détermination des hommes, elle assure aussi leur gloire. Or, en 1492, rien ne semble pouvoir leur résister : les frontières tombent les unes après les autres, l'océan Atlantique est dompté et les sommets les plus abrupts, comme le Mont Aiguille, sont considérés comme de nouveaux territoires à conquérir. L'escalade est une invitation au voyage. Elle nous oblige à lever la tête, à élever l'esprit pour un ailleurs. Ce livre retrace son origine.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
La période qui voit le passage de la ville de l'Ancien Régime à la ville haussmannienne ou haussmannisée semble bien connue et les conditions de cette transformation ont été largement analysées. Schématiquement, on considère que le milieu urbain s'assainit tout au long du XIXe siècle, passant de la stagnation miasmatique encouragée par les activités artisanales à la dynamique industrielle symbolisée par la rectification urbaine qui associe percée, aménagement du réseau viaire, nettoiement généralisé de l'espace public grâce aux égouts et à la distribution de l'eau, renouvellement de l'air grâce aux grands mouvements urbains, humains et économiques. Cet ouvrage aborde la ville du point de vue de deux acteurs qui ont joué un rôle fondamental dans les transformations du milieu urbain : le médecin et l'ingénieur, en mettant en avant la cohérence et surtout les limites de leurs approches respectives, traduites par les dysfonctionnements connus par le milieu. Pour ce faire, l'auteur adopte un point de vue original, celui du sol et du sous-sol urbains, par opposition à l'air et à l'eau qui sont considérés depuis plus d'un siècle comme les principaux vecteurs de l'environnement et de la salubrité. L'évolution du milieu urbain, principalement étudiée dans le cas de Paris, révèle les limites des transformations mises en ?uvre au XIXe siècle. L'imperméabilisation du sol, la production de boues, les effets de l'assainissement ou le paludisme urbain traduisent l'échec (certes relatif) et les effets pervers du projet hygiéniste. En définitive, le milieu urbain échappe rapidement à la science.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.