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Empan N° 92, Décembre 2013 : ITEP. Repères et défis
Gaberan Philippe ; Grimaud Lin
ERES
17,00 €
Épuisé
EAN :9782749240053
L?histoire vécue des enfants et adolescents accueillis en ITEP (Institut thérapeutique éducatif et pédagogique) montre que ces institutions et leurs équipes sont aux postes avancés des lignes de tension et de fracture qui traversent la société dans son ensemble. L?évolution psychopathologique des usagers vers les troubles de la construction identitaire, les a-structurations psychosociales et les conduites addictives sont symptomatiques d?une crise qui n?est pas que financière. Dans ce contexte de pertes de repères, la pratique des équipes pluridisciplinaires et, particulièrement, des équipes éducatives, ressemble bien souvent à un combat quotidien parfois, ponctué de moments de révélation et d?instants de grâce. Les témoignages et les analyses produites dans ce numéro ont pour vocation d?ouvrir les possibles et de travailler à un avenir plus apaisé pour les ITEP.
Les enfants chauves-souris se logent dans les anfractuosités de la vie, entre père et mère divorcés, entre culture d'origine et culture d'adoption, entre l'école et les institutions spécialisées. Ce sont des enfants en perte d'adulte. Pour ces enfants qui se cherchent entre l'école, la rue et une famille éclatée, mais pour tous les autres aussi, il importe de savoir, autour d'eux, qui fait quoi et pourquoi. Afin que sous la fonction de parent, d'enseignant, de travailleur social, d'agent de police, s'affirme d'abord une personne ressource. Dans cet essai, Philippe Gaberan s'engage à rencontrer cette difficile enfance, à explorer les lieux où elle joue son refus de grandir et à dessiner les chemins d'une action conduite par des adultes responsables. Bref il parle d'éducation loin des a priori et des clichés. Son propos est en prise directe avec son expérience au quotidien. C'est ce qui en rend l'écriture juste et alerte.
Confrontées aux troubles psychosociaux des jeunes dont la courte histoire de vie est pleine de violences subies ou commises, et aussi aux incessantes transformations dans le fonctionnement des institutions, les équipes éducatives des ITEP (instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques) sont envahies par les doutes quant à la pertinence de leurs actions et la pérennité de leur outil de travail. Le savoir théorique ne vient pas donner un surplus de légitimité aux professionnels, mais il constitue un effort réflexif à mener au quotidien pour se distancier de la sidération morbide qu'exercent les agirs destructeurs et, plus généralement, l'expression symptomatique de la négativité. Ce savoir est ici conjugué aux pratiques professionnelles pour tenter d'appréhender les problématiques institutionnelles qui, en écho à celles des jeunes, sont l'expression de profondes tensions dans le tissu psychosocial global de notre société. Sans éluder les réelles difficultés rencontrées, les auteurs font la preuve des ressources existantes et de la créativité des équipes dans le domaine de l'accueil des jeunes en ITEP. Ils montrent que les apparentes impasses du dispositif sont en réalité des opportunités offertes pour réinventer son cadre théorico-pratique.
La résilience, terme emprunté à la physique pour désigner la capacité des individus à surmonter les traumatismes, n'est pas une notion globale ou uniforme : elle présente de multiples facettes et provoque des controverses dans le monde thérapeutique. Dans cet ouvrage où dialoguent Boris Cyrulnik, à 'origine de la diffusion de cette notion en France, et Serge Tisseron qui en combat les ambiguïtés, les auteurs s'attachent à explorer les phénomènes de résiliences: la résilience serait-elle une recette miracle ou une réelle capacité de chacun à s'épanouir malgré le poids d'un traumatisme ? S'agit-il d'un état ou d'un processus ? D'un mécanisme de défense inné ou acquis ? D'une méthode comportementale ou d'une thérapie ? A mener seul ou avec l'aide d'un tuteur de résilience ? Apanage seulement de la jeunesse ou bien possible à tout âge ? Serait-ce un mot magique survalorisant ceux qui ont survécu à un traumatisme en même temps qu'il donnerait du rêve à ceux qui, dans des difficultés graves, peuvent espérer guérir par leurs seules ressources ? D'autre part, la résilience relève-t-elle du scientifique ou bien du moral dans la mesure où l'amour et la compassion semblent y jouer un râle primordial au détriment du travail scientifique sur l'Inconscient ? Et n'emprunte-t-elle pas à la psychanalyse certains concepts dans leur seul aspect positif et structurant ? Enfin, peut-on en tirer des outils thérapeutiques, voire pédagogiques, où à la traditionnelle prise en charge se substituerait une approche valorisant les ressources de vie, les potentialités de l'individu et de son environnement en développant l'espoir sous forme de réparation ou de création ? . . Joyce Aïn, psychanalyste (Toulouse), membre de la Société Psychanalytique de Paris, présidente de l'association Carrefours & Médiations.
A travers les yeux d?un bébé, cet ouvrage évoque la vie quotidienne des bébés chez leur assistantematernelle. S?appuyant sur des témoignages de collègues, de parents, de professionnels de lapetite enfance et sur sa propre expérience, l?auteur aborde le métier d?assistante maternelle danssa globalité et au quotidien, avec ses joies, ses difficultés, ses incertitudes, tout au long des étapesdu développement physique et psychologique de l?enfant. Des sujets plus délicats y sont abordés,comme la maltraitance, la négligence professionnelle ou parentale, le manque de formation desassistantes maternelles. Une approche intimiste du métier, élargie à des recherches plusapprofondies et prolongée par des conseils et des contacts professionnels.
Face à la complexité croissante du mouvement systémique et des thérapies familiales, ce livre offre des repères théoriques largement illustrés par la pratique des auteurs. Pour chaque modèles de thérapie familiale, six rubriques: les concepts-clefs; sur quoi porte l'intervention; comment le problème est-il défini; l'objectif de l'intervention ou de la thérapie; les outils utilisés; la position de l'intervenant ou du thérapeute.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.