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Etre et Grâce. Simone Weil et le christianisme
Gabellieri Emmanuel
CERF
29,00 €
Épuisé
EAN :9782204162166
Comment Simone Weil est-elle passée du christianisme " moral " d'Alain à une expérience du Christ " de personne à personne " qui l'a conduite à une métaphysique religieuse unique au xxe siècle ? Comment s'est-elle heurtée au malheur et à la barbarie, mais aussi à une théologie des années 30 dont l'exclusivisme l'a convaincue d'une tentation " totalitaire " contrastant, dans la tradition judéo-chrétienne, avec la " science de la Croix " de saint Jean et saint Paul, ou de saint François d'Assise et saint Jean de la Croix ? Comment, héritière de l'antijudaïsme allant de Spinoza à Alain, a-t-elle, non pas " rejeté la Bible ", mais opposé l'Alliance noachique et les " saints païens " de l'Ancien Testament aux " guerres saintes " paraissant commandées par le Dieu hébreu ? Comment, ayant vu dans la kénose divine le coeur de la révélation, a-t-elle développé une métaphysique de la " nouvelle naissance " et de la " beauté du monde ", puis une philosophie du dialogue interculturel et interreligieux dont l'actualité est si frappante aujourd'hui ? Cet ouvrage cherchant à éclairer chacune de ces questions montre pourquoi les accusations de gnosticisme ou de marcionisme portées de manière précipitée dans les années 50 ont souvent empêché de lire Simone Weil pour elle-même, masquant sa pensée et sa profession de foi fondamentale (" Je crois en Dieu, à la Trinité, à l'Incarnation, à la Rédemption, à l'Eucharistie, aux enseignements de l'Evangile ") mais aussi le prophétisme d'une mystique de " l'amour divin dans la création " et d'une mystique de l'action dont le xxie siècle a encore davantage besoin qu'hier.
Gabellieri Emmanuel ; Lucchetti Bingemer Maria Cla
Même si la réception de la pensée weilienne progresse depuis une quinzaine d'années, notamment au plan proprement philosophique, les lectures engagées restent encore trop fréquemment éclatées, selon que se voient privilégiées tour à tour les dimensions politique ou religieuse, philosophique ou mystique, de cette œuvre. Sous le titre Action et contemplation, cet ouvrage veut d'abord manifester l'unité du théorique et du pratique, comme celle du rationnel et du transcendant, caractéristiques de S. Weil et qui en font par-delà bien des dualismes séparateurs, un pont entre les Anciens et les Modernes. Politique, éthique, métaphysique, mystique et esthétique, selon la succession des contributions de ce volume, sont ici autant de metaxu d'un Bien éternel donnant à la pensée weilienne, par-delà la forme dispersée de ses écrits, son étonnante universalité. Universalité de l'esprit qui est aussi unité entre la pensée et la vie, en même temps que S. Weil a voulu être un pont entre les cultures et les traditions spirituelles. Que cet ouvrage soit le fruit de rencontres entre chercheurs d'Europe et d'Amérique latine en est un signe supplémentaire, illustrant l'importance de sa pensée dans le dialogue contemporain entre les civilisations.
Résumé : Pour la réussite à l'Examen National Classant, il est essentiel d'allier la théorie, la pratique et l'entraînement sous forme de Questions isolées et de QCM. Ces ouvrages couvrent l'ensemble du programme via des questions correspondant au mieux aux nouvelles modalités de l'ECN à partir de 2016.
Le travail est-il, quoi qu'on fasse, l'opposé de la liberté et de la " vraie vie ", dont l'humanité pourrait, et devrait parvenir à se libérer ? Ou bien est-il une modalité essentielle de l'accomplissement de soi, un lieu essentiel de la vie sociale en même temps que d'une transformation du monde capable de libérer l'homme du règne de la nécessité ? La modernité a exalté cette seconde perspective. Mais la crise de la modernité fait resurgir la première, et semble conduire à osciller entre ces représentations opposées. Par rapport à ces tendances souvent enchevêtrées dans le débat contemporain, la pensée de Simone Weil 11909-19431 peut apparaître paradoxale. D'une part, nul n'a davantage qu'elle, à partir de son expérience directe de la condition prolétarienne des années 1930, analysé et dénoncé l'aliénation du travail. Mais d'autre part, aucun autre philosophe n'a sans doute affirmé autant la valeur humaine et spirituelle du travail authentique, et la possibilité réelle d'élaborer une " civilisation " et une " spiritualité " du travail.
Résumé : C'est en 1941, dans le contexte chaotique de la Deuxième Guerre mondiale, que Simone Weil, très tôt préoccupée par les questions du malheur et de la vérité, découvre le principe de la kénose divine en lisant l'hymne aux Philippiens de saint Paul (Ph 2, 5-11). La lecture de ce texte est un moment philosophique et spirituel décisif dans le parcours de la philosophe car, prenant pleinement en charge les questions universelles et paradoxales de l'amour de Dieu et du malheur, l'hymne paulinien lui permet de tisser un lien de cohérence métaphysique entre sa recherche personnelle de la vérité, l'existence du malheur et ses expériences spirituelles. A contrario d'un texte-miracle qui nierait le réel et minimiserait l'impact du malheur sur nos vies, Simone Weil accueille effectivement cet hymne comme l'expression universelle de l'abaissement du divin qui s'incarne dans la condition humaine et appelle tout homme à le suivre, et à se libérer de son sentiment de toute-impuissance face au mal écrasant. Après cette rencontre scripturaire. Simone Weil n'aura alors de cesse d'actualiser, dans ses écrits et ses engagements dans le monde, cette invitation explicite de saint Paul à l'imitatio Christi. Sa pensée s'élaborera en une théologie pratique nourrie par l'Amour du Père et du Christ qui rejoint chacun de nous. II s'agira alors, pour elle, de comprendre concrètement "comment nous pouvons l'imiter ?" et d'étudier de quelles manières le caractère universel de la vérité de la kénose divine est, comme l'exprime l'antique doctrine des "semences du Verbe", préfiguré dans les différentes cultures et traditions du bassin indo-européen.