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L'ECRITURE PROFANE
FRYE NORTHROP
CIRCE
22,11 €
Épuisé
EAN :9782908024432
Mais à mesure qu'il devient davantage manifeste que l'univers mythologique est une élaboration de l'esprit, une autre question surgit. Car nous avons vu qu'aucun principe structural n'interdisait aux fables de la littérature profane de former une mythologie, voire même un univers mythologique. Est-il donc possible d'envisager les récits profanes comme une totalité, composant une vision unie et intégrale du monde, parallèle à la vision chrétienne et biblique? C'est là la question implicite dans la notion d'écriture profane, annoncée dans mon titre. (...) Je voudrais aborder la fiction en tant qu'ordre verbal total, ayant lui aussi, les contours d'un univers imaginatif. La Bible est l'épopée du Créateur. Dieu en est le héros. Mais le romanesque constitue le noyau structural de toute fiction: descendant en ligne directe du conte populaire, il nous rapproche, plus que tout autre aspect de la littérature, de la signification essentielle de la fiction, envisagée en sa totalité comme épopée de la créature, de la vision qu'a l'homme de sa propre vie, entendue comme quête."
Frye se livre à une réinterprétation d'ensemble des comédies de Shakespeare. Il voit en elles un groupe cohérent, unifié par des structures, des images et des procédés récurrents : par exemple la tempête en mer, les jumeaux, l'héroïne déguisée en garçon, la retraite dans la forêt.
Le grand critique choisit d'aborder la tragédie shakespearienne selon trois angles différents : la "tragédie de l'ordre", la "tragédie de la passion", et enfin la "tragédie de l'isolement". Comme le suggère son titre, le livre donne lieu à de profondes réflexions sur le thème du temps dans la tragédie.
Résumé : Ce livre paru en 1990, le dernier qu'ait écrit le critique canadien, constitue la suite du Grand Code (1981, traduction française, Seuil, 1984). L'auteur essaye d'y poursuivre l'étude des relations entre la structure thématique de la Bible, révélée par ses récits et son imagerie, et les conventions et les genres de la littérature occidentale. Dans la première partie, Frye dégage les différents modes de l'expression linguistique, et se demande quelle est la fonction particulière de la littérature dans la société, et sur quoi se fonde l'étrange autorité du langage poétique. Cela l'amène à distinguer entre les intérêts fondamentaux d'une société, qui se reflètent dans ses mythes, et les intérêts secondaires, qui sont d'ordre idéologique. La seconde partie consiste en une série de quatre essais de mythologie comparée, organisée autour des quatre intérêts fondamentaux : faire et créer; aimer; subsister et assimiler l'environnement, échapper à l'asservissement
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Anna Akhmatova (1889-1966) eut très tôt conscience d'avoir donné la voix aux femmes dans la poésie russe en leur " apprenant à parler de l'amour ". Dès ses deux premiers recueils Le Soir et Le Rosaire, parus en 1912 et 1914, elle devient une star avant la lettre, étant imitée par les jeunes femmes dans sa façon de s'habiller et de se coiffer, suscitant surtout une multitude de vocations poétiques et d'épigones durant des décennies, en dépit même de l'ostracisme officiel, de l'interdiction de publier qui la frappera en 1926-1939, puis de 1946 à 1958. Aujourd'hui encore, les jeunes mariées se voient offrir un livre de celle qui pour les russophones restera à jamais le chant même de l'amour. La nouveauté radicale d'Akhmatova, qui représentait aux côtés de Goumiliov et Mandelstam le mouvement acméiste appelé à rompre avec le flou métaphysique et formel du symbolisme, résidait moins dans la " déferlante amoureuse " de sa poésie que dans une poétique inédite. Ayant " puisé dans la prose russe du dix-neuvième siècle sa sensibilité morale, la vérité des motivations psychologiques ", elle fait de chaque poème un fragment de nouvelle ou de roman, une page arrachée à un journal intime, retraçant toutes les phases et situations de l'aventure amoureuse. " L'héroine lyrique, comme le notait dès 1923 le grand critique russe Boris Eichenbaum, est un oxymore incarné, tressant l'émouvant et le sublime au terrestre et à l'effrayant, la simplicité à la complexité, la sincérité à la malice et la coquetterie, la bonté à la colère, l'humilité monastique à la passion et la jalousie ".
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Parmi les caractéristiques étranges des habitants de ce continent - l'Amérique du Nord -, il en est une qui veut que chacun se choisisse des étoiles déterminées et vive en fonction d'elles. Ces étoiles ne sont pas célestes, mais cinématographiques, ce qui ne change rien à l'affaire. En revanche, cela permet d'augmenter sensiblement le fonds de roulement du ministère des P. et T. grâce au flot continu de lettres adressées aux dites étoiles bien-aimées. Raillant quelque peu cette bizarrerie et cette passion, le New-yorker fit paraître un jour une caricature: une très vieille lady de la plus haute société, - avec diadème en diamants dans ses cheveux blancs et laquais obséquieusement courbé à l'écart, - se livre à la même occupation qu'une quelconque jeune modiste ou n'importe quel office-boy: elle écrit à la star de son coeur. Mais le noeud de l'affaire n'est pas dans l'acte même d'écrire. Il est dans le destinataire. La lettre commence par:" Dear Mickey Mouse... "Là est l'essentiel..."