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LE POUVOIR ET LA REGLE. Dynamiques de l'action organisée
Friedberg Erhard
POINTS
10,50 €
Épuisé
EAN :9782020310062
Cet ouvrage est placé sous le signe du dialogue. On n'y trouvera pas par rapport à L'acteur et le système, écrit en collaboration avec Michel Crozier (1977) de grands changements théoriques ou même un projet différent : il s'agit encore à travers les acquis de l'analyse des organisations et des concepts comme ceux de "pouvoir" et de "système d'action concret" de définir un cadre général d'analyse de l'action collective. Mais, alors que le premier ouvrage accordait une grande place à l'explication du modèle et aux exemples, celui-ci s'engage directement dans la confrontation avec d'autres approches sociologiques. C'est tout d'abord avec le projet initial de la sociologie américaine de constituer l'organisation comme un objet spécifique, dont on pourrait donner des lois de développement, que Erhard Friedberg prend ses distances. Il souligne les impasses des tentatives de modélisation à partir d'une définition a priori du comportement des individus, d'une vision purement instrumentale des organisations ou d'une analyse d'une adaptation de celles-ci à différents types d'environnement. Dans tous les cas on est condamné à osciller entre des modèles très rustiques et simples à manier (l'acteur rationnel omniscient, un modèle écologique d'adaptation à l'environnement) qui ne correspondent pas à la réalité des comportements observés, et des modèles plus sophistiqués qui conduisent à multiplier les hypothèses pas toujours fondées (par exemple sur la psychologie de l'acteur) sans aboutir à vraiment rendre compte des comportements observés.Ce refus se retrouve naturellement dans la dernière partie consacrée à une epistémologie qui pourra laisser sur sa faim l'amateur de projections. L'auteur souligne la spécificité locale irréductible de chaque situation et de la structuration singulière des relations issues d'une multitude de facteurs. Le travail du sociologue consiste alors essentiellement à aider les acteurs de cette situation à mieux comprendre ce système d'action concret en multipliant les éclairages sur celui-ci et en proposant quelques éléments de comparaison, ce forum devant permettre une résolution de certaines difficultés rencontrées.Le coeur de l'ouvrage est consacré à un débat avec différentes approches récentes qui, en France, ont renouvelé l'analyse des modalités de constitution de l'action collective tant du côté de l'économie que de celui des sciences de la gestion ou de certaines branches de la sociologie. Le premier apport de Friedberg est de montrer que, malgré certaines divergences, ces travaux peuvent être mis en relation avec les apports de la sociologie des organisations. On voit ainsi apparaître une certaine convergence de préoccupation autour du problème de la "régulation mixte des contextes d'actions", à savoir : quelle est la nature des processus par lesquels sont stabilisés les processus de négociations à travers lesquels se forge l'action coordonée des hommes. Ce qui pose en particulier le problème de "règles" en un sens large qui à la fois encadrent les négociations et sont un des objets de celles-ci.L'importance accordée aux réflexions sur les limites du découpage marché-organisation peut inviter aussi à une lecture plus symptomatique de l'ouvrage comme le suggèrent les premières lignes dans lesquelles E. Friedberg évoque le double mouvement des années 1980 de montée du libéralisme et de remise en cause de celui-ci ou, en d'autres termes, du délicat choix du bon degré d'organisation. --Futuribles-- -- FuturiblesL'homme... ce merveilleux empêcheur d'organiser en rond...Ce que dit E. Friedberg en filigrane tout au long de son livre, c'est que les êtres humains et leurs environnements étant tous différents les uns des autres, il faut, pour les comprendre, que le sociologue opère en observateur départi de tout préjugé. Certes, ses connaissances de l'Entreprise sont larges, il tient quelques solides idées quant à ses forces, ses limites ; mais tout cela, lorsqu'il intervient, ne doit en rien voiler son regard direct, sa démarche de découverte. Voilà pour ce qui est du livre d'un sociologue s'adressant à d'autres sociologues...Mais pour nous autres aussi, gens d'entreprises, y vivant au quotidien, l'approche de l'auteur est intéressante, et à plus d'un titre. Friedberg, en tenant compte de vérités premières que nous avons perdues de vue, démasque certaines idées reçues (et donc rarement remises en cause), telle que, par exemple, la notion de rationalité. Lorsque nous raisonnons sur nos entreprises, nous le faisons souvent à partir d'un postulat faux : l'homme au travail est parfait.C'est-à-dire qu'il dispose de toute l'information, est au clair avec ses choix, eux-mêmes forcément cohérents ; en outre, il est capable de les mettre en oeuvre après les avoir comparés aux autres possibilités en toute objectivité. Nous ne formulons assurément pas cela explicitement, mais nous agissons comme si... Alors qu'à l'évidence l'être humain ne dispose que d'une "rationalité limitée", laquelle ne peut produire que des "quasi solutions ou des sous optimisations". Nous gagnerions sans doute en efficacité en acceptant lucidement que nous ne pouvons jamais être efficaces totalement. Toute décision, même la meilleure, porte en elle la trace de la rationalité limitée de celui (ou celle) dont elle émane.Par conséquent, si la décision ne produit pas l'effet escompté, on ne peut donc y opposer la seule irrationalité des exécutants. En terme d'organisation comme dans la vie en général, c'est le facteur humain, la dimension émotionnelle de l'homme, qui préside aux succès ou aux échecs. Que nous en soyons conscients ou non, les acteurs jouent au mieux de leurs intérêts et font en quelque sorte ce qu'ils savent faire au moment où ils le font.Il en va ainsi de la règle et du pouvoir. Les relations de pouvoir ne peuvent s'exercer qu'au travers d'échanges négociés (explicitement ou non) de comportements. Nous n'avons sur les autres que le pouvoir qu'ils veulent bien nous accorder. Et les autres n'ont sur nous que celui que nous acceptons de leur donner. Il existe un lien irréfutable entre pouvoir et coopération, entre pouvoir et échange. L'auteur va jusqu'à dire "comme l'amour et la confiance, le pouvoir est inséparable de la relation à travers laquelle il s'exerce." Le pouvoir se manifeste toujours dans le but d'obtenir quelque chose d'un tiers, personne ou institution. (Y compris dans sa forme perverse où le seul objectif devient d'engendrer la soumission en tant que telle.)Bien sûr, interviennent dans la relation le contexte, l'environnement, mais d'une façon générale le "subordonné", de quelque niveau qu'il soit, tendra à augmenter sa marge de liberté par rapport aux règles du jeu du système, et ce jusqu'à ce qu'il atteigne la limite qui mettrait en péril les ressources ou bénéfices que lui-même tire de l'organisation. Aussi, la règle a t-elle pour fonction de soutenir le pouvoir, mais également d'en marquer les frontières, de le contenir. L'idéal étant de trouver un juste milieu entre arbitraire total et règles absolues. In medio stat virtus, quoi de neuf ? !Reste que, de quelque façon qu'on s'y prenne, nous ne parviendrons jamais à définir de façon constante et inébranlable une logique des comportements humains, des schèmes reproductibles et fiables universellement. Et c'est tant mieux, même si cela complique quelque peu la tâche des managers. De surcroît, notre époque tend à développer entre les organisations de tous types, une labilité des frontières qui complexifie encore les données d'analyse, puis de diagnostic.Le pouvoir et la règle est un livre dense, qui se répète parfois. Il est cependant possible de l'ouvrir à n'importe quel chapitre et d'en faire son profit.Et que l'homme reste innombrable !Tout type d'organisation peut être l'objet d'une lecture organisationnelle.Cette lecture consiste à dévoiler et à comprendre les mécanismes et les processus qui rendent possible l'action collective, quelle qu'elle soit. Mécanismes et processus assurent, au fil des événements et des situations, un minimum de coordination et d'ajustement entre les comportements des acteurs.Les cadres de l'action sociale sont aujourd'hui fragmentés, partiels et localisés.La stabilité qu'engendraient les logiques globales d'hier a cédé la place à des ordres locaux et autonomes, ayant des dynamiques spécifiques. Il est dès lors nécessaire de mettre en place une méthodologie reconnaissant cette autonomie si on veut en saisir les modalités de fonctionnement.Le pouvoir n'est pas dissociable de la règle : il la génère automatiquement.Toute organisation, et quel que soit son degré de complexité, est toujours organisée autours de ces deux faces que sont le pouvoir et la règle en tant qu'éléments co-substantiels. Cette double caractéristique autorise la stabilisation de l'univers complexe et instable propre au système "organisation". -- Idées clés, par Business Digest
La vente de médicaments en pharmacie, la mise en rayon de la viande dans les supermarchés, la mise en oeuvre de politiques publiques... Si ces phénomènes n'ont a priori rien en commun, ils ont pourtant chacun recours à des organisations et des acteurs impliqués dans des situations d'action collective, ou action organisée. Cet ouvrage propose une mise en perspective de la sociologie des organisations telle qu'elle se donne à voir aujourd'hui: évoluant entre sociologie des groupes professionnels, des politiques publiques, des activités scientifiques et marchandes. Fruit d'une collaboration entre jeunes chercheurs du CSO (Centre de sociologie des organisations), il offre une coloration nouvelle à la sociologie des organisations en démontrant l'actualité de la tradition de recherche initiée par Michel Crozier et Erhard Friedberg et en la confrontant à de nombreuses études de cas récentes et inédites qui, présentées dans un langage accessible et agrémentées d'exercices de questions/réponses destinés aux étudiants, constituent un outil pédagogique de premier plan.
Le développement des techniques ouvre un nouvel espace de choix qui échappe en partie à l'expertise médicale. En dépit d'interdiction pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement, les réanimateurs décident en certains cas d'arrêter la vie. Comment se construisent alors les pratiques des réanimateurs pris dans une tension entre le droit et la pratique et comment participent les parents impliqués malgré eux ? Pour cela, je me suis immergée pendant plusieurs mois dans deux services de réanimation néonatale. J'ai regardé ces enfants branchés à des machines, écouté les parents qui restaient à leur chevet, suivi les infirmières lors des soins quotidiens, accompagné les médecins dans leurs réunions du matin, leurs examens de routine, et assisté aux réunions exceptionnelles où se discutaient les décisions d'arrêt de vie. Ce sont ces témoignages, ces gestes, ces paroles que j'ai d'abord voulu relater ici, dans leur intensité et leur quotidien. L'hypothèse sous-jacente à ce travail est qu'une décision de vie et mort est orientée par des contextes organisationnels de travail qui permettent de réguler les processus décisionnels, en limitant un investissement individuel émotionnellement difficile.
La plupart des gestionnaires actuels estiment qu'ils sont plongés de manière permanente dans des situations de changement. A les suivre, il serait que la vie de l'entreprise est constituée de périodes de changement qui alternaient avec des périodes de plus grande stabilité. Selon eux, s'intéresser au changement, c'est s'intéresser à l'organisation elle-même. L'ouvrage tente, dans un premier temps, de clarifier l'objet dont nous parlons - changement - à partir des outils que les sciences de gestion mettent à notre disposition pour décrire les évolutions des organisations, leur nature, leur ampleur, leur temporalité, etc. Il cherche ensuite à expliquer ces changements, en recourant à différentes approches théoriques articulées en un modèle intégré dit "des cinq forces". Il propose également, à partir de l'examen de plusieurs études de cas approfondies, une grille multidimensionnelle permettant d'évaluer de façon nuancée un processus de changement ainsi que des hypothèses prédictives permettant d'en anticiper le cours. Il dégage enfin des pistes d'action concrètes basées sur les différentes approches théoriques abordées précédemment: le changement peut être alors vraiment considéré comme un processus à gérer. Cet ouvrage s'adresse aux enseignants et étudiants en Sciences de gestion ou aux personnes suivant une formation professionnelle dans ce domaine. Il intéresse également toute personne impliquée dans un processus de changement: direction générale, cadres, responsables de projets, DRH.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.
Résumé : Les légendes et récits traditionnels de l'Iran antique racontent les combats entre le Bien et le Mal, les victoires des dieux, tel Mithra, le dieu du soleil, les exploits des héros et des créatures surnaturelles, comme le Simourgh, l'oiseau magique, les méfaits des démons. Une grande partie de ce que nous savons du passé préislamique de l'Iran vient du livre saint de la religion Zoroastre et aux récits évoquant Ahura Mazda, le Seigneur Sage, l'Avesta intègre aussi des mythes païens, le Livre des rois, splendide épopée en vers achevée vers 1010 après J.C. par le poète Firdousi qui chante en particulier le héros Rustam. L'auteur s'appuie sur toutes ses sources pour réécrire à l'intention du lecteur moderne ces légendes captivantes de l'Iran antique, qui ont inspiré pendant des siècles l'art de la miniature sur manuscrit.
Résumé : Les trois essais qui composent ce livre constituent la synthèse des recherches poursuivies par Lorenz dans le domaine de la biologie du comportement, et pour lesquelles le prix Nobel de médecine et physiologie lui a été décerné en 1973. S'appuyant sur des observations précises, Lorenz donne à l'éthologie son premier contenu scientifique positif. Il souligne la continuité des sociétés animales et humaines et montre les prolongements philosophiques de son étude de l'instinct.
Résumé : Les forêts deviennent une industrie ! Parée du discours trompeur de l'énergie verte et des vertus de la biomasse, une entreprise massive et silencieuse de transformation de la sylve en matière se déploie en France. Nous pensons la forêt comme le refuge de la liberté, nous la parcourons pour respirer le parfum de la nature, nous nous y réfugions des trépidations urbaines. Mais les abatteuses, les voies forestières démesurées, les centrales à biomasse sont en train de l'avaler, de la quadriller, de la standardiser. Cette dramatique industrialisation de la forêt, on ne l'avait pas encore racontée. Pendant des mois, des Landes au Morvan, de l'Auvergne aux Vosges, Gaspard d'Allens a couru les bois pour décrire et raconter le désastre en cours. Car la forêt subit maintenant la logique productiviste qui a ravagé l'agriculture, détruisant les emplois, dispersant les produits chimiques, gaspillant l'énergie, réduisant la biodiversité. Mais il est encore possible d'inverser le cours de la destruction. Des bûcherons réinventent leur métier, des forestiers promeuvent un usage doux de la forêt, des Zad luttent contre les machines. L'espoir est là, l'alternative est vivante, les humains et les arbres peuvent se réconcilier.
Et si notre civilisation s'effondrait ? Non pas dans plusieurs siècles, mais de notre vivant. Loin des prédictions Maya et autres eschatologies millénaristes, un nombre croissant d'auteurs, de scientifiques et d'institutions annoncent la fin de la civilisation industrielle telle qu'elle s'est constituée depuis plus de deux siècles. Que faut-il penser de ces sombres prédictions ? Pourquoi est-il devenu si difficile d'éviter un tel scénario ?Dans ce livre, Pablo Servigne et Raphaël Stevens décortiquent les ressorts d'un possible effondrement et proposent un tour d'horizon interdisciplinaire de ce sujet - fort inconfortable - qu'ils nomment la "collapsologie". En mettant des mots sur des intuitions partagées par beaucoup d'entre nous, ce livre redonne de l'intelligibilité aux phénomènes de "crises" que nous vivons, et surtout, redonne du sens à notre époque. Car aujourd'hui, l'utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. L'effondrement est l'horizon de notre génération, c'est le début de son avenir. Qu'y aura-t-il après ? Tout cela reste à penser, à imaginer, et à vivre...Pablo Servigne est ingénieur agronome et docteur en biologie. Spécialiste des questions d'effondrement, de transition, d'agroécologie et des mécanismes de l'entraide, il est l'auteur de Nourrir l'Europe en temps de crise (Nature & Progrès, 2014).Raphaël Stevens est éco-conseiller. Expert en résilience des systèmes socioécologiques, il est cofondateur du bureau de consultance Greenloop.Postface d'Yves Cochet, ancien ministre de l'Environnement et président de l'Institut Momentum.
Résumé : Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L'ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l'information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu'elles calculent. Loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l'agent et la conséquence de l'individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l'excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c'est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.