Qui a inventé L'eau de Javel, la machine à coudre, les pansements pour grands brûlés, la bicyclette, le crayon à papier, la photographie ou la boîte de conserve ? Qui sont ces architectes de notre quotidien dont la vie, souvent peu connue, réserve de jolies surprises ? Comment devinrent-ils de très grands inventeurs, par accident souvent, par passion toujours, et comment leurs inventions changèrent-elles radicalement nos modes de vie ? A toutes ces questions, Alain Frerejean répond en nous proposant dix portraits d'inventeurs (Berthollet, Thimonnier, Conté, Appert, Niepce, Mantelet, Renault, Lumière, Michaux, Papin) qui sont autant d'histoires sur nos objets les plus communs et nos façons de vivre. Dix portraits de personnalités exceptionnelles ou de petits bricoleurs devenus des héros grâce à leurs découvertes géniales, et parfois à la faveur de hasards prodigieusement féconds. Une véritable saga qui dessine à grands traits le monde captivant de ces dizaines d'objets dont nous avions oublié l'origine.
Alain Frerejean, Sciences Po, licencié en histoire et en droit, est l'auteur de douze ouvrages, parmi lesquels L'Appel de l'Afrique (Perrin, 2002), Les Peugeot, deux siècles d'aventure (Flammarion, 2006), Renault, le Culte du Défi (Flammarion, 2010), et C'était Georges Pompidou (Fayard, 2011), qui a reçu deux prix littéraires et été traduit en chinois.
Résumé : L'un après l'autre, Trotski puis Staline ont changé le cours de l'histoire. D'abord est apparu Trotski, l'auteur de la révolution de 1917 et le héros de la guerre civile de 1918-1920. Staline vient plus tard, mais en quelques années il réussit le tour de force de devenir une idole. Une idole résolue à se débarrasser d'un gêneur. Comment faire quand ledit gêneur est un géant ? C'est tout un art. Tel un serpent, on déroule lentement ses anneaux autour de sa proie. On l'isole de ses partisans et de ses proches, on le ridiculise, on le défigure, on le diabolise, on liquide un par un les membres de sa famille. Seulement le géant se rebiffe, alors on lui envoie, vague par vague, des tueurs, jusqu'à ce qu'on en trouve un plus efficace que les autres. Alors le géant meurt, même s'il continuera toujours de hanter celui qui a comploté sa mort.
L'aventure des chemins de fer est une histoire de visionnaires, de passionnés qui ont conquis la vitesse, dompté la nature, dépassé les limites de la science. Une histoire d'hommes en somme. C'est dans leurs vies que cet ouvrage nous plonge, racontant avec esprit et anecdotes ceux qui ont imaginé les rails, les locomotives, les signaux, les aiguillages. Ceux qui ont pensé les bogies et les wagons-lits, inventé les marteaux-piqueurs et la dynamite, réalisé les projets les plus fous - les premiers transcontinentaux, le Train des nuages jeté des ponts sur les précipices, volé des locomotives, créé des empires à partir de rien. Ceux qui, des origines jusqu'à nos jours, ont révolutionné le plus fascinant des moyens de transport. De 1825 à 1914, le rail a changé la face du monde, supprimé les disettes, fait les nations, décidé du sort des armes. Puis un déclin s'est amorcé, suivi depuis peu d'un réveil inattendu. Un réveil dont on ne prend la mesure qu'en découvrant ce qui se passe au Brésil, en Chine, en Australie, où circulent de vrais défis sur roues. Un réveil constaté dans les vieux pays comme les puissances émergentes, où se posent des questions stratégiques: faut-il creuser des tunnels sous les détroits ou à travers les montagnes, donner la priorité aux voyageurs ou aux marchandises, nationaliser ou privatiser, faire flotter les trains ou alourdir les rails? Autant d'enjeux et de réflexions majeures pour les bâtisseurs des transports de demain. Biographie de l'auteur Alain Frerejean, passionné par l'esprit d'entreprise, est l'auteur des Maîtres de forges (Albin Michel), de Peugeot, deux siècles d'aventure (Flammarion) et de C'était Georges Pompidou (Fayard).
Vingt ans après la Révolution russe, les fameux "procès de Moscou" (1936-1938) représentent l'acte fondateur du totalitarisme stalinien. En quelques mois, hauts dirigeants et militants de la première heure sont éliminés en nombre à l'issue de procédures kafkaiennes qui préfigurent les "grandes purges" de 1937 et 1938. Tout commence le 1 e1 décembre 1934 avec l'assassinat de Sergue'i Kirov, seul rival de Staline en popularité au sein du Comité central. Un mois plus tard, 13coinculpés en plus de son meurtrier sont fusillés, au nom d'un improbable complot. Ce premier procès servira de matrice aux suivants : accusation de haute trahison, de sabotage et d'espionnage ; documents à charge créés de toutes pièces par le NKVD ; torture physique et psychologique des prévenus ; orchestration implacable des audiences destinée à les rendre crédibles auprès d'un public trié sur le volet. Il s'agit tout à la fois de se débarrasser de concurrents gênants, de fournir au "Petit Père des Peuples" une mainmise totale sur l'appareil du Parti et d'ériger un paravent médiatique aux exécutions de masse perpétrées dans l'ombre. Enrichi de témoignages et de documents d'archives déclassifiés après la dissolution de l'URSS, cet ouvrage propose un récit poignant de ces procès-spectacles, en intégrant les apports de la recherche historique des dernières décennies.
Goebbels Joseph ; Canal Denis-Armand ; Thiérard Hé
Son nom est synonyme de mensonge et de manipulation. Joseph Goebbels (1897-1945), propagandiste en chef du Parti et de l'État nazis, artisan de la guerre totale et ultime dauphin de Hitler, passe pour le Diable en personne.Ce «monstre» a tenu son journal de 1923 à 1945 : un document unique en son genre, témoignage exceptionnel de l'intérieur du nazisme. Ce livre présente au public français 860 journées des années 1923-1933. Il fait suite au volume 1943-1945 et précède deux volumes sur la période 1933-1942, à paraître en 2007. Ces passages sont presque tous inédits, car issus de l'édition allemande des plaques de verre conservées à Moscou et éditées depuis 1992 par l'Institut d'histoire contemporaine de Munich.Le Journal témoigne d'abord de l'ascension d'un criminel, emblématique de la montée du nazisme. À 26 ans, Goebbels est un auteur raté, qui vit aux crochets de son père. À 35 ans, il est le plus jeune ministre de l'histoire de l'Allemagne. C'est un homme extrême, complexe, mais aussi d'une effrayante banalité. Il célèbre la vie et aspire à la mort. Il s'apitoie sur son sort et rêve d'extermination. Le pied-bot, le fils à sa maman (il écrit : «Mère est si gentille avec moi», comme il dira plus tard : «Hitler est si gentil avec moi»), ce pédant anti-intellectuel, se voit en «guerrier déchaîné» d'une foi nouvelle, en poète néoromantique (ses vers médiocres en témoignent), en «fanatique de l'amour». Ses jugements littéraires et cinématographiques sont d'une éprouvante nullité.Le Journal souligne les contradictions du nazisme, amalgame invraisemblable de racisme, de nationalisme et de conscience sociale. Goebbels en est le porteur. Il est entré à l'aile gauche du Parti, celle des frères Strasser, pour qui capitalisme et «juiverie» étaient un seul et même ennemi. Il se voit en émancipateur des travailleurs, en Robespierre ou mieux, en Marat, mais il accepte l'argent et la société des patrons. Il appelle au meurtre des communistes et des socialistes, mais il dévore les Mémoires de Bebel et s'indigne que Marx, dans Le Capital, montre si peu de compassion pour le sort des ouvriers anglais. Il aime la brutalité plébéienne des SA, mais il écrase leur révolte en 1930, comme il approuvera la Nuit des longs couteaux.Le Journal, enfin, dépeint la mort d'une démocratie. L'acharnement politique en est tout autant responsable que le contexte économique ou politique. Goebbels parcourt sans trêve l'Allemagne entière, il quadrille la société allemande, des princes déchus aux chômeurs. Il allie les campagnes de presse agressives (son journal s'intitule Der Angriff, L'Attaque), les meetings soigneusement orchestrés, les violences contre les Rouges, les Roses, les Juifs. Il fait d'Hitler, «Chef» (en français dans le texte) d'un petit mouvement, le Führer d'une nation.Ce livre est une leçon d'histoire pour le présent. Ou comment un peuple hautement civilisé, vivant en démocratie, s'est jeté volontairement dans les bras d'hommes déterminés mais ordinaires, porteurs d'une idéologie meurtrière mais non sans faille.
Résumé : Pendant près de vingt ans, un " petit caporal " corse devenu empereur des Français écrit avec sa Grande Armée les plus glorieuses pages de l'histoire de France et porte aux confins de l'Europe les idées de la Révolution. D'Austerlitz à Wagram, de Rivoli à la Moskova, d'Arcole aux Pyramides, Napoléon entre dans la légende d'une épopée qui transforma l'art de faire la guerre et de gouverner les peuples. C'est le récit d'une trentaine des plus grandes batailles de cette épopée - les plus célèbres ou celles, moins connues, qui font magistralement ressortir sa " manière " - que nous raconte, au jour le jour et parfois heure par heure, Jean Tranié. A l'aide de cartes précises et à la faveur d'une iconographie souvent inédite, toujours superbe, chacune de ces batailles est explorée de l'intérieur, décrite par la voix de ceux qui s'y trouvèrent, expliquée du point de vue du stratège, racontée dans le détail, parfois à l'aide d'anecdotes savoureuses. Mais l'Epopée napoléonienne c'est aussi l'image du grognard, les brillants officiers, la Grande Armée cosmopolite, les batailles " modèles ". Ce sont encore les stratégies fulgurantes, les uniformes étincelants, les actes héroïques et les visions d'horreur. Ce sont les grandes victoires ou les sombres défaites dont la dernière, Waterloo, emportera l'Empire. A côté des batailles, l'auteur s'est attaché à décrire l'armée napoléonienne, son organisation, ses services d'intendance ou de santé, les problèmes qu'elle rencontra sur les rives du Nil ou aux portes de Moscou. Enfin, un dictionnaire très vivant des maréchaux d'Empire nous montre à quel point l'épopée fut d'abord une affaire de personnalités exceptionnelles emportées dans les fureurs de la très grande histoire.
Le 29 mai 1453, Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient depuis sa fondation en 330, tombe aux mains des Turcs. Le choc est terrible pour l'Occident chrétien, qui a pourtant négligé de secourir la ville. L'année 1453 a longtemps symbolisé, peut-être de manière excessive, la fin du Moyen Âge et le début des Temps modernes aux yeux des historiens. Elle fut, de fait, décisive pour deux peuples : les Turcs, qui y gagnèrent une capitale et s'établirent durablement sur le sol européen: les Grecs, qui virent se clore le long chapitre byzantin et dont les humanistes vinrent nourrir l'élan de la Renaissance occidentale. 1453 : année heureuse pour les uns, funeste pour les autres, que raconte Steven Runciman à travers les fiévreux préparatifs du siège, la violence de l'assaut, la résistance dramatique d'une poignée de héros et l'effondrement sans surprise d'une cité depuis longtemps moribonde.Sir Steven Runciman (1903-2000), professeur à Cambridge, a été l'un des plus grands médiévistes du XXe siècle. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de référence sur le monde méditerranéen, dont Le Grand Schisme d'Orient (Les Belles Lettres, 2005) et l'Histoire des croisades (Tallandier, 2006).
Lorsque Philippe le Bel fit arrêter les Templiers en 1307, l?Histoire tournait une page: les tempsmodernes, illustrant le triomphe du temporel sur le spirituel, commençaient. L?ordre militaire leplus prestigieux de la chrétienté, qui avait défendu le royaume de Jérusalem pendant près de deuxsiècles au prix de très lourds sacrifices, était sur le point d?être définitivement abattu par le roi deFrance. Leur arrestation massive, minutieusement préparée, fut une gigantesque opération policière: elle stupéfia l?opinion, pris de court le pape Clément V, accabla l?honnête grand Maître de l?Ordre, Jacques de Molay. S?ensuivit une parodie de justice orchestrée par l?inquisition: accusations mensongères, lavages de cerveaux, séances de tortures savamment graduées. Lâchetés et actes d?héroïsme, trahisons et coups de théâtre se succédèrent jusqu?à la suppression du Temple et la mort sur le bûcher de Jacques de Molay en 1314. C?est ce mécanisme diabolique que GeorgesBordonove a mis à plat avec son talent de narrateur. Démontrant l?indigne falsification des chargespesant sur les inculpés, il laisse la vérité s?imposer d?elle-même qui plaide en faveur des victimesde la tragédie.