Toute oeuvre véritable naît d'une vision. Un matériau la réalise. Chez Etienne, l'oeuvre ne réside pas simplement dans le bois, la pierre, le bronze, elle s'accomplit dans l'espace découpé. Dieu sait qu'il use de ce droit d'évoquer ! Mais qui se plaindrait en contemplant son travail qu'il manque ici un pied, un sein, une tête ? Devant sa sculpture, l'imaginaire de chacun est requis, convoqué avec une telle force qu'un pied de plus serait de trop, il y a le compte, merci ! L'artiste est si confiant en l'Invisible qu'il s'appuie sur l'air pour faire naître son objet. Quelle audace ! Pourtant, en se confiant au vide, est-ce qu'il risque la chute ? Non, car il n'y a pas de vide. C'est comme si l'oeuvre existait déjà quelque part, cachée à nos yeux et que ses mains nous la découvraient peu à peu, se gardant de la révéler tout entière. Ici, suggérer procède à la fois d'une science et d'une foi. Quelque essentiel que soit le sujet, on n'en dit rien si l'on en dit trop. Ces noces toujours renouvelées de l'air et de la matière nous convainquent que sa sculpture n'est pas un meuble qui prend place dans une demeure, sur un parvis, au milieu d'une fontaine, mais une conquête de l'espace et à ce titre une invitation à s'élever, une proposition pour le regard à percevoir au-delà du regard. Emergeant d'une autre dimension au bord de laquelle elle se tient, l'oeuvre permet au coeur de celui qui regarde d'aller son chemin hors de vue. Est-ce que ce qui ne se voit pas n'existe pas ? semble-t-elle dire. L'oeuvre d'Etienne s'impose justement parce qu'elle unit avec la matière ces forces qui nous gouvernent mystérieusement ; parce qu'elle marie le visible et l'invisible dans une harmonie - au fond bien naturelle - qui retient le passant de passer.
Jean Moulin a-t-il été dénoncé parce qu'on craignait ses idées? Certains l'ont-ols livré aux nazis pour reconstruire, à la Libération, une France différente de celle qu'il espérait?Après la guerre, la justice a choisi de répondre "non" à ces questions. Par deux fois, le principal suspect, René Hardy, a été acquitté. Malgré les témoignages troublants, malgré les documents embarrassants.Décidé à comprendre ce qui se noua à Caluire, le 21 juin 1943, un juge à la retraite rouvre le dossier. René Hardy est donc convoqué par cet homme pour un nouvel interrogatoire. Un face-àface impressionnant, où l'on croise de grands résistants, des petites frappes, une femme sublime. Mais un face-à-face imaginaire... Cet homme beslessé cherche-t-il la vérité ou un sens à sa propre histoire?De la gare de Perrache aux geôles de la Gestapo, des couloirs du Palais de Justice aux rendez-vous secrets de la Résistance, les versions de chacun se confondent et se contredisent. Les héros et les traîtres sont attachants, secrets, romanesques. La vérité de Caluire ? cette matière fissile ? sortira-t-elle de ces confrontations? Le juge lui-même comprendra-t-il enfin son époque, et ses obsessions?
Dan Franck avait publié voici quelques années, un livre intitulé Bohèmes dont le projet visait à ressusciter les « années Montparnasse » du début du XX° siècle. Ce nouveau volume en est la suite naturelle et il est centré sur l'entre-deux guerres, cette période si féconde dans l'ordre des arts, de la politique, de la littérature... Pour Espoirs, l'auteur a donc suivi la même méthode, le même style de narration que pour Bohèmes : des chapitres brefs et chaque fois articulés sur un homme, une femme ou un événement ; un kaléidoscope très rigoureux - de circonstances, de choses vues, d'épisodes illustres ou secrets - dont l'ensemble compose une fresque étourdissant... D'abord le contexte : Espoirs, par sa chronologie propre, brasse les événements qui vont de la tentation communiste à la guerre d'Espagne, de l'après-guerre à l'avant-guerre. Ses héros sont illustres : Malraux, Gide, Hemingway, le photographe Frank Capa, Salavador Dali, Aragon, Breton, Georges Orwell, Georges Bataille, Gorki, Saint Exupéry et des dizaines d'autres... Ces premiers rôles, Dan Franck, les met en situation : ici, il surprend une conversation ; là, il détaille leur vanité ou leur courage. L'ensemble produit un mélange unique de grande et de petite histoire. On a l'impression de suivre un film monté comme une série de plans où l'époque se raconte, s'expose, se résume. Le talent de Dan Franck, si doué pour la formule sèche et brillante, fait le reste : cette fresque se dévore comme un roman. Le roman de toutes les folies, de tous les enthousiasmes, de toutes les illusions... Quelques scènes méritent d'être mentionnée : Malraux aux prises avec la guerre d'Espagne, et sa liaison avec Josette Clotis ; Hemingway se fâchant avec Dos Passos ; Gide à Moscou ; Aragon vendant (cher) son âme à Elsa Triolet et à Staline ; Jacques Prévert et le groupe « 'Octobre » ; André Breton giflant Ilya Erhenbourg ; Saint Exupéry essayant de battre le record de vitesse entre Paris et Saigon ; etc... Ces scènes, toujours fulgurantes de vérité, parviennent à nous faire comprendre ce que furent ces années-là : la matrice de notre modernité.
Après Bohèmes, qui ressuscitait les années Montmartre et Montparnasse, et Libertad!, l?Espagne en feu des années 1930, Dan Franck poursuit son histoire des artistes et des intellectuels. Minuit court de la débâcle de 1940 à la Libération.Dans cette nuit qu?on pense bien connaître, ses personnages sont inoubliables: traîtres et héros, petites mains, grandes plumes. André Malraux et la belle Josette Clotis, qui mourra les jambes tranchées sous un train. Sartre qui écrit au Flore, cigarette à la main, sur l?engagement et sur l?être. Louis Aragon, Picasso, Marguerite Duras rue Saint-Benoît, mais aussi Jean Prévost, mort au maquis, ou Saint-Exupéry, pataud et courageux. Jeanson et Desnos, rebaptisant « Je suis partout » en « Je chie partout ».Une grande partie de la France qui peint, écrit, dessine, semble « faire avec ». Parfois elle trahit. Souvent elle collabore. L?horrible Jouhandeau crache sa haine. Drieu la Rochelle ne peut plus « baiser sa femme, parce qu?elle est juive. » Editeurs en quête de papier, cinéastes qui se cherchent de la bobine, écrivains apeurés, aventuriers ou coureurs, héros anonymes ou presque, comme Jean Desbordes, romancier mort sous la torture et qui ne parla pas, toutes ces figures font un livre fulgurant de vérité. C?est vrai, la France de Minuit est bien sombre: et sans légende.Pourtant, impossible d?oublier Marc Bloch, sublime figure que Dan Franck nous fait connaître et aimer. Tout comme les réfugiés, moins connus, allemands notamment, Franz Werfel et Alma Mahler, Arthur Koestler, Manes Sperber et tant d?autres?
Résumé : L'histoire est connue et l'affaire insolite. Un matin d'été de l'année 1911 à Paris, un vol est déclaré au Louvre : celui du portrait de La Joconde. Tandis que la police ratisse la capitale pour retrouver le coupable, un certain Géry Pieret, voleur et fanfaron, déclare dans Paris-journal être l'auteur du crime et ne pas en être à son premier. Il aurait aussi volé au même musée d'autres oeuvres, dont deux têtes ibériques datant du Vème siècle avant Jésus Christ, qu'il aurait revendu à un peintre parisien. Or si l'audacieux ne donne pas de nom, quiconque sait que Pieret fut un temps le secrétaire de Guillaume Apollinaire pourra déduire que le dit peintre n'est autre que Pablo Picasso. Voilà le peintre mouillé, alerté par son ami poète, et le décor planté. Le roman peut commencer. Imaginez à présent Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso en cavale dans Paris, une valise en carton à la main, passant de lieu en lieu pour essayer de se débarrasser des deux têtes qui inspirèrent les célèbres Demoiselles d'Avignon et qui manquèrent de les envoyer en prison, ou pire, de les faire expulser de France. Après avoir renoncé à les jeter sous le pont Mirabeau, et déclamé quelques vers, ils se rendent chez Le Douanier Rousseau, trop occupé à jouer à cache-cache avec un lion pour que lui soient confiés les trésors. Les deux compères repartent vers La Rotonde. Et nous voilà avec eux embarqués dans une balade imaginaire à travers Paris, où l'on croise tour à tour Utrillo, Max Jacob, Soutine, Modigliani, Marie Laurencin ou Chagall, où l'on rend visite à Matisse, Jarry ou Gertrude Stein, et ainsi quatre jours durant. Avant l'arrestation finale. De la Rotonde au Vésinet, en passant par Montmartre et le fameux Bateau-Lavoir, on suit Dan Franck, véritable personnage du roman, narrateur omniscient et tout puissant qui fait fi de la chronologie avérée pour mêler les anecdotes, brouiller les repères chronologiques et nous faire traverser les vies du poète et du peintre en même temps que la capitale. Un régal.
Le Club de l'Amélioration de l'Habitat (CAH), s'est donné comme principe de mesurer, comprendre et agir pour dynamiser le marché "entretien-rénovation" du parc résidentiel français tout en privilégiant la place de t'habitant et la qualité de son bien-être. Avec l'appui d'experts, Jean-Pascal Chirat (CAH), Jean-Yves Gouret (Energie Active), Olivier Halpern (Viloban), Dominique Jouffroy (Unsfa), Sandrine Louit (Qualitel) et François Pélegrin (Unsfa) le Club publie aujourd'hui son second ouvrage de réflexions : "Réenchantons nos espaces de vie". La restitution de ces travaux d'études met ici en lumière les convergences d'actions favorisant un marché de l'amélioration du bâti durablement soutenu. Il souligne en quoi l'association des volontés individuelles et collectives, La mutualisation des moyens, le partage des objectifs communs représentent autant de leviers à disposition des acteurs du marché pour optimiser la rénovation de l'habitat existant et répondre ainsi aux ambitions du Club.
Nous sommes à la croisée des chemins. Chaque jour plus nombreux en ville, nous devons faire face à des problématiques environnementales majeures : le dérèglement climatique, la disparition accélérée de la biodiversité et la détérioration de nos cadres de vie. La ville est pointée du doigt pour sa lourde responsabilité. Pollution, stress, délitement des liens sociaux : ces préoccupations poussent les citadins à envisager de nouveaux modes de vie. A vouloir une autre ville. Mais tout n'est pas perdu, des perspectives existent ! Dans cet ouvrage prospectif, l'urbaniste Emeline Bailly, la psychologue environnementale Dorothée Marchand et l'ingénieur Alain Maugard croisent leurs regards, leurs expériences et leurs réflexions pour imaginer une nouvelle alliance entre citadins et nature. De cette discussion libre et constructive naît la possibilité d'une ville vivante, à nouveau désirable. Les auteurs militent pour le développement d'une biodiversité urbaine dont les trois piliers seraient la nature, la ville et les habitants. Ils s'interrogent sur le rôle que celle-ci pourrait jouer dans la reconquête de la -biodiversité hors les murs, à l'échelle de la Terre. C'est donc à un véritable changement de paradigme qu'ils appellent. En créant les conditions d'une ville plus vivante, plus naturelle, plus stimulante, nous pourrions réconcilier ville et nature, améliorer la qualité urbaine et le bien-être des citadins, promouvoir une biodiversité urbaine riche et fondatrice, tout en réduisant l'impact de nos villes sur le climat. Qu'attendons-nous ?
Quelle devrait être l'urbanité de demain ? Comment concevoir l'intégration de l'habitat sur un territoire qui se veut durable ? Les acteurs de l'immobilier peuvent-ils s'appuyer i sur des réalisations ou expérimentations réussies ? Le plus grand défi n'est-il pas la coexistence harmonieuse entre densification, écologie, respect de l'environnement existant ? Au moment où les métiers des constructeurs de maisons individuelles, des promoteurs immobiliers et des aménageurs entrent dans une période de mutation importante, la prise en compte du Territoire comme une composante essentielle du projet immobilier devient une vraie nécessité. Territoires Durables tente ici d'apporter un éclairage au travers de solutions possibles, d'exemples concrets de projets exemplaires en France comme à l'international, aussi bien dans les métropoles que dans les villes ou villages. Tous les acteurs de l'immobilier prennent de plus en plus conscience que la transformation engagée est sans retour, et qu'il ne pourra y avoir de projet accepté et réussi sans une parfaite intégration du projet immobilier dans son territoire. Renaturation, compensation, énergie verte feront partie des composantes essentielles de l'habitat de demain et de la durabilité du territoire.
Préface de Thierry Delesalle La vente d'un actif immobilier nécessite désormais l'intervention de nombreux professionnels. C'est toute la richesse de la RICS de regrouper en son sein des membres appartenant à tous les métiers de l'immobilier. Dès lors, cet ouvrage collectif est le fruit des expériences de notaires, avocats, experts et intermédiaires immobiliers, tous spécialisés, qui synthétise tous les process actuels et tous les bons réflexes à acquérir pour vendre au mieux son immeuble.