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La Règle du jeu N° 71, mai 2020 : La dépression : mal du siècle ?
França Maria De
GRASSET
20,90 €
Épuisé
EAN :9782246817710
De quoi la dépression est-elle le signal ? Que nous dit-elle du monde ? Car nous pouvons partir d'une seule certitude : la dépression est désormais une épidémie mondiale. Epidémie aveugle, impalpable, sans contagion manifeste ni provenance identifiable - mais qui en est d'autant plus redoutable, elle qui touche un Français sur cinq, et 300 millions de personnes dans le monde. Est-elle une maladie comme les autres, avec ses diagnostics et ses traitements ? Ou le symptôme d'un malaise plus large, touchant à l'organisation même de notre société ? Nous invite-t-elle surtout à repenser le suicide ? Car tel est son visage ultime, qui frappe 800 000 personnes chaque année dans le monde - mais qui est lui-même plus ancien que la dépression. Cette dernière serait-elle une maladie mortelle, à l'image de bien d'autres pathologies ? Y a-t-il, en ce cas, une médecine du suicide ? La dépression est-elle le mal du siècle ? Et si oui, quelles conclusions en tirer ? Est-ce à dire qu'elle est le visage d'une souffrance coextensive à notre époque ? Ou qu'elle est le nouveau nom donné à une maladie anhistorique - à une seule et même maladie qui, parce qu'elle serait ineffable, traverserait les siècles en changeant à chaque fois d'appellation ? La dépression serait-elle alors la réincarnation moderne d'un mal que nous avons connu à travers les mots d'asthénie, d'ennui, de spleen et de mélancolie ? Nécessité, donc, d'un double travail : d'une photographie de nos souffrances contemporaines, et d'une archéologie du mal-être.
Marie de France est la première femme auteure en langue française (dont la postérité ait retenu le nom). Ses lais, composés entre 1160 et 1180, se situent au confluent des deux grands courants littéraires de l'époque. La poésie lyrique des troubadours et les vieux contes celtiques s'unissent chez elle pour incarner les rêves parfois déraisonnables de l'utopie courtoise. Véritables nouvelles en vers, ses lais se déploient dans un univers poétique où la séduction du récit d'aventures n'efface jamais l'effusion sentimentale et l'accent lyrique. Ils racontent des histoires d'amour et parfois de mort, souvent merveilleuses. Un loupgarou, une biche blanche, un chevalier-oiseau, une fée à l'épervier : l'aventure y prend toujours le visage de l'amour et l'amour se veut avant tout initiation à la vie.
Que voulait dire Gérard Granel quand il affirmait, dans un texte célèbre, que les années 1930 se situaient "devant nous"? Cinq ans avant d'entrer dans cette décennie, l'engrenage d'un "ordre nouveau" semble s'être déjà mis en marche. De New Delhi à Washington en passant par Rome, Buenos Aires, Moscou, Budapest et Kaboul, les planètes se sont alignées pour tisser la toile d'une nouvelle internationale, certes différente des fascismes du siècle précédent - mais qui, précisément, mérite d'être pensée comme telle. Comment expliquer le triomphe, aux Etats-Unis, de cette fièvre populiste qui, sur fond d'un mariage entre le futurisme kitch et la crispation réactionnaire, s'attaque à détruire méticuleusement les principes fondateurs de la plus grande démocratie du monde ? Comment devient-elle ainsi la complice des néo-Empires autoritaires qui sévissent partout sur la planète ? Malgré leurs intérêts souvent divergents, en quoi Poutine, Jinping et Modi mènent-ils une guerre commune contre la paix mondiale ? Prise en étau entre ces régressions, comment les démocraties européennes peuvent-elles défendre leur modèle ? Que leur est-il permis d'espérer, de bâtir, d'affirmer ? Fondée à la suite de l'effondrement de l'URSS, à une époque où certains faux prophètes annonçaient l'imminence de la fin de l'histoire, La Règle du jeu a voulu réunir dans ce numéro inédit des grands écrivains et penseurs pour décortiquer la véritable déchéance qui menace l'époque : celle des droits humains.
Lorsqu'on rencontre quelqu'un pour la première fois, on s'en fait souvent une fausse idée. En projetant nos goûts, nos codes, nos espoirs sur l'Autre, nous le déformons quasiment systématiquement. De Hitler qui fait une excellente première impression à Chamberlain, à tout un groupe d'agents de la CIA devenus agents doubles pour Cuba sans éveiller le moindre soupçon, en passant par Amanda Knox que le monde entier juge coupable de meurtre, Malcolm Gladwell décortique dans Quiproquos un éventail d'exemples sur la difficulté que nous avons à nous décrypter entre humains. Une lecture vivante et foisonnante, pour en finir avec la peur de l'inconnu.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".