Elisée Reclus (1830-1905), géographe universel, anarchiste et ami du genre humain, est également un grand auteur épistolaire. Inspiré des trois volumes de sa correspondance publiés en 1905 et 1911, ce recueil rassemble plus d'une centaine de lettres réelles et/ou imaginaires échangées de 1851 à 1905 avec des scientifiques (Alexander von Humboldt, Charles Darwin, Charles de Foucauld), des artistes (Nadar, Gustave Courbet, James Ensor), des poètes et écrivains (Victor Hugo, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Louise-Eugénie David qui deviendra Alexandra David-Néel), ou encore avec son jeune frère Armand Reclus, qui s'est engagé dans la grande aventure de la construction du canal de Panama au service de Ferdinand de Lesseps. Cette correspondance imaginaire est aussi un miroir de la France du Second Empire et de la Troisième République et, à la charnière de ces deux périodes, de l'épisode de la Commune de Paris qui a fortement marqué Elisée et ses amis.
Lorsque Lili comprend que Marien a cessé de l'aimer, elle décide de le quitter. Mais se séparer de l'amant signifie-t-il qu'elle doit renoncer à tout, même au fils de Marien, cet adolescent qu'elle a cru aimer autant que s'il était son propre fils ? Avec subtilité, justesse et cruauté, Ariane Le Fort dépeint le regard qui change et le trouble naissant de son héroïne face à un jeune homme qui ressemble un peu trop à son père.
Verdi est un compositeur pour notre temps. Mystérieusement, il porte, comme son oeuvre, des traits qui caractérisent notre époque. Traits non seulement esthétiques, mais aussi moraux et, en un sens, politiques. Verdi, au long de ses opéras, parle des humiliés, des offensés, des mal-lotis ; il donne voix à ce que l'humiliation sociale suscite : la colère, la peur, et donc le désir de vengeance, l'instinct de sacrifice, le goût idéaliste des causes perdues, l'avidité du pouvoir. Aucun autre compositeur d'opéra n'a fait entendre de façon aussi puissante les élans profonds des âmes blessées, pour la simple raison que Verdi les a ressentis dans sa chair, en a fait l'épreuve dans sa vie d'homme. Ainsi ses opéras continuent-ils, aujourd'hui encore, de déchirer le voile des conventions et des accommodements faciles, alors que nous vivons toujours sous l'empire de ces conventions, des préjugés, des apparences. Verdi fut un homme en colère, un anticonformiste poussant parfois jusqu'à la cruauté l'expression de ses indignations ou de sa rage face à certaines situations. C'est cette insoumission foncière face aux injonctions de la mode, de la censure et des convenances, qui donne à son oeuvre la puissance qui lui a permis de traverser le temps et de rencontrer aujourd'hui encore nos rêves et nos révoltes. Sylvain Fort livre ici de cet insurgé un portrait qui n'est pas sans échos avec l'état de nos sociétés contemporaines.
Vivre un mois avec Saint Joseph selon les visions de la Bienheureuse Catherine Emmerich mystique allemande du début du XIXe siècle. Le chanoine Fouet a rassemblé ici l'ensemble des textes de la bienheureuse sur Saint Joseph ainsi que les principales dévotions et pratiques religieuses en l'honneur du saint patriarche. Edition revue et corrigée.
Ce premier recueil porte la marque d'un malaise social profond crié dans un sanglot intermittent dont l'écho nous revient par l'insouciance du monde aujourd'hui. Quelques sons de flûte éclairent le sentier rugueux et ombreux de ces Errances qui doivent aussi braver la hargne du temps.
Joan-Francesc Castex-Ey nous propose ici un regard inédit sur la politique récente du Gouvernement autonome de Catalogne en direction du département des Pyrénées - Orientales. En tant que témoin privilégié de cette action institutionnelle de par son parcours professionnel, il nous livre dans cet essai le fruit de ses réflexions, nourries du recul historique.
Ce dernier tome de la trilogie "Protée" termine l'évocation des souvenirs d'un vieil homme malade. Il se souvient de sa difficile et longue dérive, de sa rencontre avec la jeune Angélique quand il fut son précepteur, très vite son ami et confident, enfin pour devenir amants. Jusqu'au scandale qui n'atteint pas "Le cercle des poètes".
L'architecture chez Proust est très belle mais il advient souvent, comme il n'enlève rien à l'échafaudage, que celui-ci prenne plus d'importance que le monument même dont le regard sans cesse distrait par le détail ne parvient plus à saisir l'ensemble. Voici donc une moisson de joyaux relevés au cours de ce Voyage à travers «La recherche du temps perdu».