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Le 1 : Nouvelles
Fottorino Eric - Busnel François - Szlamka Sheina
LE UN
6,90 €
Épuisé
EAN :9782377150229
L'ailleurs... vaste programme ! Pour la deuxième année consécutive, onze écrivains explorent à travers de courts récits ce mot à géographie variable. Quand Le Clézio traverse la frontière qui sépare le Mexique de l'Arizona, Catherine Poulain imagine, à l'autre extrémité des Etats-Unis, un conte moderne à cheval entre le Maine et le Canada. Et la plume d'Erik Orsenna se laisse glisser, sous la neige, le long du Saint-Laurent. Ailleurs est un "mot blanc", dit Valentine Goby : il possède pour chacun une résonance intime mêlant beauté, rêves, désillusions. Nathacha Appanah dépeint une jetée où se fracassent les vagues du Pacifique en même temps que l'avenir de trois amis, tandis que, chez Kenneth White comme chez Tonino Benacquista, le désir d'aller au-delà de soi rencontre ses limites dans la salle des pas perdus d'une gare ou d'un aéroport. Aussi, Lydie Salvayre et Véronique Ovaldé confessent avec humour leur goût de l'immobilité minérale et du voyage mental. Karine Tuil et Metin Arditi sondent quant à eux les mystères de l'existence et des liens familiaux. A chacun son ailleurs, donc. Tant mieux ! Le 1 et La Grande Librairie vous souhaitent bons voyages !
Lina n'était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J'en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d'humeur, ces sautes d'amour." Un dimanche de décembre, Lina livre à ses trois fils le secret qui l'étouffe. En révélant une souffrance si longtemps cachée, cette femme dont on a forcé le destin depuis l'adolescence laisse alors éclater toute son humanité et son obstination à vivre libre. Dans le plus personnel de ses romans, Éric Fottorino dresse le portrait solaire et douloureux d'une mère mal connue mais profondément aimée.
«En septembre 2012, à quelques jours de distance, trois personnes se sont jetées sur les voies du RER, derrière chez moi, dans les Yvelines. Un vieillard, une mère de famille, un homme qui n?a pu être identifié. À la violence de leur mort a répondu le silence. Il ne s'est rien passé. Nul n?a désigné la souffrance par son nom. Une voix neutre a seulement résonné dans les haut-parleurs de la gare : "Suite à un accident grave de voyageur?" Nos vies ont pris un peu de retard. À cause de trois détresses qui n?ont jamais existé.»
Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait "à l'ancienne", ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret: il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. "Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil", écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.