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Boule de suif ; La maison Tellier de Guy de Maupassant
Forestier Louis
FOLIO
10,50 €
Épuisé
EAN :9782070386451
Avec "Boule de suif", histoire de guerre des sexes sur fond de guerre des nations, Maupassant obtient du jour au lendemain la notoriété. "Ce petit conte restera, soyez-en sûr", lui disait Flaubert : il ne se trompait pas. Parue le 17 avril 1880, dans un recueil collectif intitulé Les Soirées de Médan, elle fut unanimement saluée comme la meilleure du volume, bien avant celles des autres ollaborateurs, dont Zola et Huysmans. Maupassant se trouvait engagé dans un genre qu'il n'avait pas choisi d'instinct : celui du récit court, à la façon de Poe, Hoffmann et, plus encore, Tourgueniev. Durant une dizaine d'années, près de trois cents contes allaient suivre le coup d'éclat que constituait "Boule de suif". Un an plus tard, en 1881, l'écrivain récidivait avec La Maison Tellier qui comprend quelques récits célèbres : "En famille", "Une partie de campagne", sans compter celui qui donne son titre au recueil (une deuxième édition du volume, en 1891, s'augmentera des "Tombales"). En 1901, huit ans après la mort de Maupassant, son éditeur, désireux de profiter d'un succès qui ne se ralentissait pas, faisait paraître, sous le titre général de Boule de suif, un ensemble de contes déjà publiés, ici ou là, du vivant de l'auteur, et dont la réunion n'était qu'arbitraire et de circonstance : dans l'édition Folio, ce sont ceux qui vont de "Auprès d'un mort" à "La Dot". Pour ce qui est de "Madame Baptiste" et "Le Port", ils proviennent respectivement des recueils intitulés Mademoiselle Fifi (seconde édition, 1883) et La Main gauche (1889). Ce qui se trouve rassemblé sous le titre général de Boule de suif - La Maison Tellier est un ensemble très divers, à première vue disparate et dont la composition s'étend sur plusieurs années. [... ]" Louis Forestier.
Seuls, nous appartiennent les sentiments inavoués, les amours échouées et les chagrins imaginaires : ce qui meurt en nous, ce qui n'est plus. La réalité est aussi trompeuse que la fiction, la conscience aussi déformante que la vision, l'écrit aussi menteur que le vécu. Il ne sert à rien d'harmoniser les notes discordantes ou d'assembler les feuilles volantes de cette oeuvre qui ne peut vivre que d'un regard intime, une complicité affectueuse, une sorte d'amour à vif".
Des employés de ministère étriqués, une jeunesse bruyante que distrait le canotage sur la Seine, des petits boutiquiers qui ne rêvent que pêche à la ligne, des paysans âpres au gain de la Haute-Normandie: c'est l'univers familier de Maupassant que nous retrouvons ici dans sa diversité. Et cependant, un thème unit ces contes: la destruction de l'individu. C'est en effet la mort qui rôde dans ces quatre récits de la cruauté ordinaire que Maupassant fait paraître de 1881 à 1883. Mais cette dureté n'empêche pas la gaieté, ni que la farce se mêle au tragique. Séduisante et grinçante tour à tour, la réalité que mettent en scène ces histoires de la vie quotidienne n'est donc banale qu'en apparence. L'inquiétante étrangeté n'est jamais très loin et, dans ces contes si réalistes, Maupassant nous conduit aux frontières où s'effacent les explications les plus naturelles
Extrait On allait là, chaque soir, vers onze heures, comme au café, simplement. Ils s'y retrouvaient à six ou huit, toujours les mêmes, non pas des noceurs, mais des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l'on prenait sa chartreuse en lutinant quelque peu les filles, ou bien on causait sérieusement avec Madame, que tout le monde respectait. Puis on rentrait se coucher avant minuit. Les jeunes gens quelquefois restaient. La maison était familiale, toute petite, peinte en jaune, à l'encoignure d'une me derrière l'église Saint-Étienne; et, par les fenêtres, on apercevait le bassin plein de navires qu'on déchargeait, le grand marais salant appelé «la Retenue» et, derrière, la côte de la Vierge avec sa vieille chapelle toute grise. Madame, issue d'une bonne famille de paysans du département de l'Eure, avait accepté cette profession absolument comme elle serait devenue modiste ou lingère. Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n'existe pas dans la campagne normande. Le paysan dit : «C'est un bon métier»; et il envoie son enfant tenir un harem de filles comme il l'enverrait diriger un pensionnat de demoiselles. Cette maison, du reste, était venue par héritage d'un vieil oncle qui la possédait. Monsieur et Madame, autrefois aubergistes près d'Yvetot, avaient immédiatement liquidé, jugeant l'affaire de Fécamp plus avantageuse pour eux ; et ils étaient arrivés un beau matin prendre la direction de l'entreprise qui périclitait en l'absence des patrons. C'étaient de braves gens qui se firent aimer tout de suite par leur personnel et des voisins. Monsieur mourut d'un coup de sang deux ans plus tard. Sa nouvelle profession l'entretenant dans la mollesse et l'immobilité, il était devenu très gros, et sa santé l'avait étouffé. Madame, depuis son veuvage, était vainement désirée par tous les habitués de l'établissement; mais on la disait absolument sage, et les pensionnaires elles-mêmes n'étaient parvenues à rien découvrir. Elle était grande, charnue, avenante. Son teint, pâli dans l'obscurité de ce logis toujours clos, luisait comme sous un vernis gras. Une mince garniture de cheveux follets, faux et frisés, entourait son front et lui donnait un aspect juvénile qui jurait avec la maturité de ses formes. Invariablement gaie et la figure ouverte, elle plaisantait volontiers, avec une nuance de retenue que ses occupations nouvelles n'avaient pas encore pu lui faire perdre. Les gros mots la choquaient toujours un peu ; et quand un garçon mal élevé appelait de son nom propre l'établissement qu'elle dirigeait, elle se fâchait, révoltée. Enfin elle avait l'âme délicate et, bien que traitant ses femmes en amies, elle répétait volontiers qu'elles «n'étaient point du même panier». --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Maupassant Guy de ; Forestier Louis ; Reid Martine
En un peu plus de quinze ans, entre 1875 et 1891, Guy de Maupassant (1850-1893), publie dans la presse 300 nouvelles. Son entrée en littérature s'accomplit sous la protection de Gustave Bouilhet, puis de Flaubert qui le guide, l'encourage et lui porte de l'affection. Le débutant pénètre dans le cercle des écrivains naturalistes ou réalistes. Il se lie d'amitié avec Tourgueniev, devient proche de Zola - "Boule de Suif" paraît dans le recueil Les Soirées de Médan. "Je ne crois pas plus au naturalisme et au réalisme qu'au romantisme. Ces mots à mon sens ne signifient absolument rien et ne servent qu'à des querelles de tempéraments opposés. [...] Soyons des originaux [...], soyons l'Origine de quelque chose - Quoi ? Peu importe pourvu que ce soit beau et que cela ne se rattache pas à une tradition finie." Au cours de ces quinze ans, il publie aussi six romans... En dehors de la littérature, il se passionne pour le canotage. Viveur, grand amateur de bordels, bisexuel, fier de ses prouesses dont il fait grand cas, Maupassant est contaminé par la syphilis, sans doute dès l'âge de 23 ans. Il meurt, à 43 ans, de cette maladie que l'on ne sait pas soigner à l'époque, dans la clinique du Dr Blanche. Dans les Contes et Nouvelles, Maupassant a relevé son défi. Être original. L'auteur reste froid, cynique, devant le monde rural ou bourgeois qu'il décrit. Le désespoir est l'affaire des autres.Notes Biographiques : Guy de Maupassant est né en 1850 au château de Miromesnil en Normandie. Ses parents se séparent alors qu'il est encore enfant. Confié à sa mère ainsi qu'à son jeune frère, il vit désormais à Étretat dans la propriété familiale. Ces années sont les plus heureuses de son existence. Sa mère veille elle-même sur l'instruction de son fils, s'efforçant de lui faire partager son amour des livres tout en le laissant s'ébattre librement dans les champs et les bois, au bord des falaises, et flâner sur les ports où des marins l'emmènent parfois en mer. Elle se résigne enfin à l'inscrire au collège, mais l'enfant supporte mal l'enfermement, la grossièreté de ses camarades et la discipline, aussi s'isole-t-il pour écrire des vers. Certains raillent si ouvertement ses professeurs qu'il est renvoyé et doit poursuivre ses études au lycée de Rouen. L'invasion de la Normandie lui inspira une nouvelle : "Boule de Suif". Un emploi lui est ensuite offert à Paris, au ministère de la Marine, puis au ministère de l'Instruction publique, occupations ingrates auxquelles les promenades en bateau qu'il fait chaque dimanche apportent quelque distraction. Mais, surtout, sa mère l'a recommandé à Gustave Flaubert, dont elle a été l'amie d'enfance. L'écrivain lui ouvre les portes de son bureau, dirige ses lectures, le charge de recherches. Maupassant lui soumet bientôt ses premiers manuscrits. Flaubert l'introduit dans la société littéraire. Maupassant collabore alors à divers journaux. Il en dépeindra les salles de rédaction dans "Bel-Ami". "Boule de suif", publié en 1880, rencontre un tel succès qu'il abandonne ses projets de poèmes et de théâtre, pour se consacrer aux nouvelles et aux romans. Dès lors, il ne cesse d'écrire. De 1880 à 1890, il publie six romans, dont "Une vie", et seize recueils de nouvelles, dont "La Maison Tellier", "Mademoiselle Fifi". Son besoin de solitude est tel qu'il se fait construire une villa à Étretat, dans laquelle il se retire pour écrire. Vers 1885, Maupassant ressent les premiers symptômes de la maladie nerveuse qui l'emportera. Il sombre dans la tristesse, il se croit entouré d'êtres invisibles. C'est à cette époque qu'il écrit "Le Horla". On finira par l'interner dans une clinique où il mourra, dix-huit mois plus tard, le 6 juillet 1893.
Le XXe siècle a vu naître les deux plus belles théories physiques jamais inventées. La première, la relativité générale, est l'oeuvre du seul Albert Einstein. Son domaine d'application est l'infiniment grand. La seconde, la mécanique quantique, est l'oeuvre collective de certains des plus grands esprits du XXe siècle. Son domaine d'application est l'infiniment petit. Mais ces deux théories sont incompatibles entre elles. Cherche-t-on à les réunir dans ce qu'on appelle la "théorie du tout", on se heurte alors à d'insurmontables difficultés. Aujourd'hui, la "théorie des cordes" semble en passe de réussir là où toutes les précédentes théories ont échoué: ce faisant, elle bouleverse notre conception de la matière, de l'espace et du temps. C'est l'histoire pleine de rebondissements de cette révolution en marche - où les particules élémentaires s'avèrent semblables à d'infinis bouts de ficelle, où l'espace-temps se déchire, se répare, se replie en dix dimensions invisibles, où le Big-Bang et les trous noirs prennent des formes inattendues - que nous raconte ici l'un de ses éminents acteurs. Après la relativité générale et la mécanique quantique, l'avenir appartient-il à la "théorie des cordes"?
Changer d?activité, de femme, d?environnement, de personnalité voire même d?apparence physique? tout mettre en oeuvre pour devenir quelqu?un d?autre, c?est le pari improbable qu?ont décidé de se lancer un soir deux inconnus alcoolisés, l?encadreur Thierry Blin et le commercial Nicolas Gredzinski. A travers le portrait taillé serré de ces deux anonymes, Tonino Benacquista revisite le mythe de la quête identitaire, de ses enjeux incertains à ses implications souvent cruelles. Blin et Gredzinski avaient tout pour être heureux, un travail, des amis, une femme, mais pour autant, ils ne l?étaient pas. Leur rencontre aussi fortuite que déterminante sur un court de tennis va renverser leur vie, qui prend alors une direction distincte et inconnue. Mais si les deux hommes finissent bien par changer, en bien ou en mal, leur façon de faire est très différente. Quand le premier agit avec conscience et méthode pour se transformer point par point en son contraire, et devenir détective privé à l?identité nouvelle, le second ne fait rien, ou plutôt croit ne rien faire, si ce n?est de se laisser tomber dans l?alcool, avec un plaisir grinçant... Cette opposition de styles dessinée chapitre après chapitre autour des deux personnages qui ne se reverront plus, confère au roman toute sa verve et son originalité. Certes, on ne rit pas là beaucoup, le sujet ainsi traité nous renvoyant souvent à nos propres questionnements, mais on apprécie d?être le spectateur discret d?une transformation qu?on aurait rêvé être la nôtre sans oser se l?avouer? --Guillaume Folliero
«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»
Nouvelle édition en 20034e de couverture : "Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les Diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse dire le mot de "Mon ange" sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, - si elles sont des anges, c'est comme lui, - la tête en bas, le... reste en haut !"