En 2000, la restauration de la façade principale de l'Opéra de Paris nous a permis de redécouvrir son décor extérieur dans sa beauté originelle. Quatre ans plus tard, la restauration du grand foyer renouvelle notre émerveillement. Gérard Fontaine nous invite à pénétrer dans l'édifice pour y parcourir un chemin initiatique pavé de matériaux venus d'ailleurs et ponctué d'aperçus vertigineux, d'obstacles et de franchissements. Du vestibule d'entrée où nous accueillent des sculptures à l'effigie de Lully, Haendel, Gluck, Rameau, nous nous orientons vers la rotonde des Abonnés sous le regard de La Pythonisse de Marcello. Nous gravissons les degrés du grand escalier éclairé par les statues-torchères de Carrier- Belleuse, où se dressent, somptueuses et solennelles, les Cariatides en marbre polychrome de Jules Thomas. Puis nous gagnons les espaces destinés au public: la rotonde du Glacier et ses Bacchanales peintes par Clairin, l'avant-foyer où règne la mosaïque, les salons de la Lune et du Soleil rayonnants d'or et d'argent, avec leur petit peuple de salamandres, de hiboux et de chauves-souris. Et nous découvrons le grand foyer, son ornementation restituée dans son éclat premier, chatoiement d'or et de couleurs. Murs, voussures et plafonds peints: Paul Baudry y décline en de somptueuses variations la Musique, la Comédie et la Tragédie. Les vingt statues des Qualités nécessaires aux artistes ont retrouvé leur élégance et leur sensualité. Le spectateur peut enfin s'engager dans le "ch?ur", dans la salle éblouissante, aux tonalités de rouge et d'or, surmontée du célèbre plafond de Marc Chagall dont la poésie rêveuse illustre les plus belles oeuvres musicales dans un vertige de formes et de couleurs. Dans le Palais de Charles Garnier, peintures, sculptures, dorures, marbres, tentures et mosaïques fascinent par leur munificence. Ici, l'architecture et le décor sont autant de symboles annonciateurs du spectacle, mais ils sont aussi, eux-mêmes, un spectacle qui permet au public d'accéder à l'essentiel, l'?uvre d'opéra.
Garnier, c'est quelqu'un, c'est Garnier. Victime de son escalier qui est sa gloire, il enrage et veut qu'on lui parle d'autre chose" (Le Figaro, 9 janvier 1881). Tamaris, le journaliste, voyait clair et Garnier n'avait pas tort. Il savait bien que le triomphe de l'Opéra qu'il venait de construire à Paris, confirmé par celui, tout récent, de la salle de Monte-Carlo, empêchait de voir "autre chose" et, plus encore, d'appréhender l'essentiel. Cent cinquante ans après l'inauguration du Palais Garnier, deux cents ans après la naissance de l'architecte, on n'en est plus tout à fait là ; mais il reste utile de faire le point, de considérer, outre ses chefs-d'oeuvre reconnus, l'ensemble de son legs afin de le comprendre, enfin. Architecte, il fut d'abord un artiste - un maître de l'évocation id-bas de l'ineffable, un virtuose des formes, des couleurs, des matières. Il fut aussi - on le sait moins - un ingénieur de génie qui sut manier les techniques avec une maîtrise qui eut peu d'égale. Mais avant tout, il fut un visionnaire qui, dans l'acte de construire, accorda une priorité absolue à la fonction, à la mission du bâtiment, quelles qu'en soient la nature ou l'ambition. Partout, le "grand chef" mit les arts et les artistes, les sciences, les techniques et les ingénieurs au service de l'usage et des usagers, garantissant du même coup les qualités majeures classiquement attendues d'une construction d'architecte, jadis comme aujourd'hui : solidité, aptitude et beauté. Le secret de Garnier, son style ? Il tient en cette vision magistrale et dans ces trois commandements que Garnier reprit avec éclat de l'Antiquité et dont il fit la loi de son oeuvre et son message à la postérité.
Construit par Charles Garnier de 1861 à 1875, au cour du Paris moderne, l'Opéra est un spectacle à lui seul. Cachant une technologie d'avant-garde, il réunit peinture, sculpture et arts décoratifs sous l'égide de l'architecture. Par la séduction de l'or et des couleurs, par le jeu des mosaïques et des marbres, le palais frappe l'esprit du spectateur et l'introduit dans un autre monde, parmi Apollon et ses muses, pour le livrer aux sortilèges de l'opéra.
Un beau livre sur les mystères et légendes du Palais Garnier et son célèbre fantôme.Le fantôme de l'Opéra est une légende qui hante l'imaginaire collectif depuis plus d'un siècle et a été le sujet de nombreux films, sans compter les ballets ou les comédies musicales dont la principale tient l'affiche à Londres et à Broadway depuis 1986. Mais sait-on qui se cache derrière cette histoire ? Journaliste et romancier génial, Gaston Leroux est aussi l'auteur du Mystère de la chambre jaune ou du Parfum de la dame en noir.Fasciné par l'extraordinaire bâtiment inventé par Charles Garnier quelques décennies plus tôt, il y trouve l'inépuisable source qui a donné naissance à son Fantôme de l'Opéra. L'édifice regorge d'innovations techniques, relevant presque, pour l'époque, de la magie. La beauté du lieu, son atmosphère et les ?uvres qu'il abrite sont autant de points d'ancrage pour sa création. Après une parution en feuilleton dans Le Gaulois, Leroux publie son roman en 1910.Auteur de nombreux ouvrages sur le Palais Garnier, Gérard Fontaine utilise ce prétexte pour nous entraîner à la découverte du mythe du fantôme et des personnages de Leroux, à travers les couloirs, avec les mystères de l'opéra en filigrane, nous donnant les clés des trucs et astuces de Leroux. Il démêle pour nous le vrai du faux, et instaure un dialogue à trois entre l'architecte talentueux, l'écrivain prolixe et le narrateur. Au fil d'une visite du bâtiment ? qui parcourt notamment le bureau des directeurs, la salle, la fameuse loge n° 5 du fantôme, les dessous de l'édifice, jusqu'à la demeure du lac où se tapit le fantôme pour écrire son " Opéra des opéras "...?, l'auteur nous invite à plonger au c?ur d'une époque et du Palais Garnier. Une mise en page brillante ressuscite l'art lyrique, la danse et tous les arts à chaque page pour nous faire vibrer, avec le Paris 1900 en arrière-plan. Aujourd'hui encore, ce mythe fascine, comme le prouve l'immense succès de l'escape game créé en 2018 au Palais Garnier.
Résumé : Angers a toujours été pour moi un point d'arrivée. Venant de Paris, c'était la porte ouverte sur les vacances, chez ma grand-mère, sur les bords de la Loire, à quelques kilomètres de là. Dès la sortie de la gare, une douce lumière caresse les pierres de tuffeau et fait briller les toits d'ardoise. La pierre est belle en Anjou et l'ardoise qui servit à la construction du château du roi René donne à sa silhouette un caractère singulier et trapu au-dessus de l'eau, de la Maine, de la Loire, toutes proches, offrant à Angers son titre de ville de confluence. Quelle richesse ! Quelle histoire ! [...] Angers, ville du cinéma [...], ville de spectacles [...]. Mais aussi Angers, ville des livres : tant d'auteurs et de lecteurs s'y retrouvent pour évoquer Ronsard ou Du Bellay, Balzac, Julien Gracq ou Hervé Bazin [...], attirés par le charme des lieux et le plaisir de la bonne chère et des vins d'Anjou, célébrant la région et la beauté de la douce France. J'y descends toujours avec plaisir, celui de retrouver l'autre partie de moi-même, qui me manque tant à Paris, en me récitant, chaque fois, ces vers d'Aragon : " J'ai traversé les ponts de Cé C'est là que tout a commencé... "
Résumé : En 1878, trois ans après l'inauguration de son monument, Charles Garnier écrivait dans son Nouvel Opéra : "L'opéra est un art riche ? une synthèse des arts ? et le lieu dans lequel les hommes viennent le goûter doit préparer, accompagner, compléter leur plaisir. Le bâtiment doit être à l'unisson [...]." Un siècle et demi plus tard, l'Opéra Garnier, dont le génial architecte avait pensé chaque recoin, n'en finit pas d'étonner le visiteur, ébloui par une succession de chocs architecturaux : les ors de la façade, la polyphonie des marbres, l'extraordinaire statuaire ornant frontons, loggias et avant-corps, et bien sûr le grand escalier, tout contribue à annoncer le spectacle qui va se dérouler sur scène. C'est à une découverte exhaustive de l'Opéra que nous convie Gérard Fontaine, qui nous entraîne dans les dédales secrets et magnifiques du monument. Dans ce récit palpitant, où Charles Garnier s'exprime lui-même à travers un choix de citations, toutes les oeuvres, peintures et sculptures, ainsi que les techniques et matériaux sont inventoriés. Cette somme, accompagnée des superbes photographies de Jean-Pierre Delagarde, restitue pour le lecteur l'atmosphère fabuleuse de ce lieu mythique, de cette oeuvre d'art total.
Monument commémoratif dédié au souvenir de Louis XVI et Marte-Antoinette, la Chapelle expiatoire a été édifiée entre 1815 et 1826, sur l'emplacement de l'ancien charnier révolutionnaire de la Madeleine, à l'endroit même où furent inhumés les souverains après leur exécution. Son créateur, Pierre François Léonard Fontaine, lauréat du grand prix de Rome en 1785 puis architecte de Napoléon réalisa ici une ?uvre complexe, qui, tout en reflétant les goûts décoratifs de son époque, est riche des emprunts au monde antique, à la tradition classique française, mais aussi à l'Italie du Moyen Age et de la Renaissance. Cette ?uvre subtile, longtemps déprisée pour des raisons politiques, est à redécouvrir comme une des réalisations les plus élégantes et sophistiquées du Paris du début du XIXe siècle.
Résumé : Fondée en 910, l'abbaye de Cluny (Saône-et-Loire) devient au XIIe siècle une capitale monastique et spirituelle au rayonnement sans équivalent dans l'Occident médiéval. Aujourd'hui encore, les vestiges de l'abbaye révèlent la splendeur passée de ce chef d'oeuvre de l'art roman. En 1910, l'Académie de Mâcon publiait les actes du congrès d'Histoire et d'Archéologie intitulés Millénaire de Cluny. Un siècle plus tard, les Editions du patrimoine célèbrent le onzième centenaire de l'illustre abbaye en réunissant, sous la direction de Neil Stratford, les contributions de quarante spécialistes sur son histoire et son rôle culturel à l'échelle de la France et de l'Europe. Fruit du travail et des recherches menées depuis plusieurs décennies, cet ouvrage a pour vocation de transmettre une connaissance approfondie de Cluny et de son rayonnement spirituel et artistique dans tout l'Occident médiéval.