Avec son ton cinglant et franc, l’autrice nous invite à nous responsabiliser et à regarder les faits pour arrêter de banaliser ou de nier la culture du viol. Dans cette centaine de pages particulièrement puissantes et percutantes, Giulia Foïs exprime sa colère face à la minimisation des violences faites aux femmes, notamment par une mise au point nécessaire à propos du hashtag notallmen.
Le 23 mai 2014, le Californien Elliot Rodger tue six personnes ? des femmes, pour la plupart. Dès les tout premiers jours de l?enquête, la police met au jour des contenus violemment misogynes relayés par le jeune homme. Sur la toile, un premier hashtag apparaît, « #YesAllWomen », par lequel les femmes dénoncent les insultes et agressions dont elles sont continuellement victimes. Très vite, en réaction, fleurit un deuxième hashtag, « #NotAllMen », diffusé par des hommes qui, cette fois, protestent d?une seule voix contre ce qu?ils perçoivent comme d?odieux amalgames : tous les hommes ne cognent pas, tous les hommes ne violent pas, tous les hommes ne harcèlent pas. Certes ? pour ne pas dire « encore heureux ».On était trois avant #MeToo. Or, sept ans plus tard, on en est encore là : #NotAllMen, #NotAllMen, #NotAllMen. À chaque viol annoncé dans les journaux, #NotAllMen. À chaque agression, #NotAllMen. À chaque féminicide, #NotAllMen. N?empêche : #AlwaysAMan. Ce dernier hashtag, lui, accompagne souvent une flopée de chiffres qui vont tous dans le même sens : l?écrasante majorité des violences (routières, conjugales, intrafamiliales) sont commises par des hommes. 80 à 99 %, suivant les cas. On pourrait essayer de comprendre pourquoi. On pourrait essayer de voir comment en sortir. On pourrait, toutes et tous, ensemble, avancer. Mais #NotAllMen?Défiant toute logique, épais comme le déni de masse, ce hashtag est une ultime preuve de ce que Virginia Woolf, déjà, soulignait : l?histoire de l?émancipation des femmes est au moins aussi intéressante à étudier que la résistance à l?émancipation des femmes. Si, au moment où l?une d?elle vous dit « J?ai été violée », vous lui répondez « Not all men », c?est que vous n?entendez pas, c?est que vous n?écoutez pas. Vous la niez, une deuxième fois, et, à travers elle, vous ignorez, volontairement, ou pas, les violences faites à toutes les femmes. Formule réflexe qui ne passe même pas par le cortex tant elle fuse. Elle dit la peur, elle dit la paresse intellectuelle, elle dit aussi, plus profondément encore, une sourde culpabilité qui, à son tour, empêche le dialogue.À moins de le décortiquer, ce #NotAllMen. En comprendre les tenants et les aboutissants, les pourquoi et les comment. À moins de le dégommer, ce #NotAllMen. En déjouer les effets pervers, en défaire les n?uds qui étouffent la pensée, qui obstruent le cerveau. À moins de le désosser, à moins de le dépecer, à moins de le hacher menu. Le hashtag, pas (tous) les hommes. (Permis de déconstruire N01. Sticker et emballage cadeau inclus.)4e de couverture : On vous offre un sachet de bonbons. Dans le lot, deux sont toxiques. Vous le savez. Que faites-vous ? Ce livre a été écrit par Giulia Foïs, journaliste, pour celles et ceux qui s'empressent toujours d'ajouter que les hommes ne sont pas tous des violeurs. Parce qu'on le sait. Et parce que ce n'est pas le vrai problème. Permis de déconstruire N01. Sticker et emballage cadeau inclus.Notes Biographiques : Giulia Foïs est journaliste. « Avec son c?ur, sa tête et ses tripes. » Depuis 2021, elle produit « En marge » sur France Inter, émission consacrée aux vies hors des clous qui cumule 775 000 écoutes le samedi soir. Giulia Foïs a enquêté sur les violences sexuelles dans Je suis une sur deux (Flammarion, 2020) et raconté son militantisme joyeux dans Ce que le féminisme m?a fait, paru chez le même éditeur (2024).
Cet ensemble de textes autour de Gustave Oelsner-Monmerqué, y compris la traduction de sa conférence berlinoise Der Kreole, livre un témoignage inédit sur la société coloniale de l'Ile Bourbon entre 1842 et 1845. L'expérience bourbonnaise et la double culture franco-allemande font de Gustave Oelsner-Monmerqué un observateur distancié et critique, investi du recul nécessaire pour juger de ses contemporains. Mais, au-delà des déclarations et des convictions affichées, ce sont ses positionnements, tant dans l'espace physique que textuel, qui nous ouvrent de nouveaux horizons.
Résumé : "Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas ? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce qu'il vient de t'arriver, je crois qu'on a quelques points communs. (...) Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t'écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D'accord ? Moi, j'ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d'en faire ce que tu veux. D'ailleurs, c'est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton "non' est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire : "Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais. ' Mais je vais juste poser ça là".
Aouine Sofia ; Cuxac Anna ; Foïs Giulia ; Malka La
Résumé : 6 autrices, 6 plumes pour six histoires d'amours, rassemblées par Causette et Rageot. Un livre pour les adolescents. es qui évoque autant les élans, les sensations, les espoirs que les vertiges de ce sentiment universel. Tous les prismes de l'amour ; l'amitié, le coup de foudre, la biologie de l'amour et ses mécanismes chimiques, être en couple, l'amour plus fort que les clivages sociaux, l'amour au temps de nos ancêtres et de nos aïeux, les preuves d'amour, les amours interdites, témoignages et confessions... Même quand les histoires d'amour finissent mal, elles font vibrer et grandir !
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Résumé : Des hommes justes Comment empêcher les hommes de bafouer les droits des femmes ? En matière d'égalité entre les sexes, qu'est-ce qu'un " mec bien " ? Il est urgent aujourd'hui de définir une morale du masculin pour toutes les sphères sociales : famille, entreprise, religion, politique, ville, sexualité, langage. Parce que la justice de genre est l'une des conditions de la démocratie, nous avons besoin d'inventer de nouvelles masculinités : des hommes égalitaires, en rupture avec le patriarcat, épris de respect plus que de pouvoir. Juste des hommes, mais des hommes justes. Ivan Jablonka Historien, écrivain et éditeur, il a publié de nombreux ouvrages au Seuil, parmi lesquels Histoire des grands-parents que je n'ai pas eus (2012), Laëtitia ou la fin des hommes (2016), En camping-car (2018) et Un garçon comme vous et moi (2021). Ses livres sont traduits en quatorze langues.
Comment les hommes assoient leur domination sur les femmes : première parution en poche de la plus importante sociologue de la masculinité. Ce recueil inédit comprend notamment l'article pionnier où Raewyn Connell aborde pour la première fois le thème de la pluralité des masculinités et la notion d'hégémonie masculine.
Résumé : La Ligue du LOL est le nom d'un groupe Facebook qui fait toujours frémir aujourd'hui. Des membres de ce clan ont mené des campagnes de cyberharcèlement à l'encontre principalement de femmes - journalistes, blogueuses, féministes. En 2019, l'affaire éclate au grand jour grâce au service de vérification des faits de Libération. Pour Iris Gaudin, victime des loleurs en 2010, le cauchemar refait surface. Au-delà de son histoire personnelle, Iris reprend sa plume de journaliste pour dénoncer un système médiatique qui vise à rabaisser son interlocuteur pour "faire le buzz", au mépris de toute déontologie. Elle décrit les mécanismes du harcèlement sur Twitter et le microcosme toxique où certains journalistes évoluaient en toute impunité. Un environnement profondément sexiste que l'on retrouve à d'autres niveaux de la société. Par son récit fort et son courage, Iris Gaudin rejoint le choeur des femmes qui refusent de se taire et nous interroge : "Quelle société voulons-nous laisser à nos enfants ? "
Stoltenberg John ; Delphy Christine ; Dufresne Mar
L'identité masculine en tant que rapport social doit être transformée : tel est postulat de ce livre. L'identité sexuelle masculine, la pornographie, la suprématie masculine et le militantisme proféministe, autant de questions qu'aborde cet ouvrage venu classique outre - atlantique. Au-delà des " stéréotypes ", John Stoltenberg montre l'investissement actif dans le pouvoir sur l'autre instillé dans le rapport aux femmes et aux hommes, dans la sexualité et le contrôle social de la procréation et, en fin de compte, dans l'identité sexuelle masculine elle-même. Ce livre ouvre l'espoir d'un changement basé sur le consentement, la réciprocité et le respect dans les relations entre les hommes et les femmes. Les hommes ont le choix, nous dit John Stoltenberg, ils peuvent refuser l'identité masculine dominante. Au moment où se multiplient les tentatives de restauration de la virilité (ébranlée par le mouvement des femmes), sous le prétexte de rétablir les droits soi-disant bafoués des hommes, il témoigne de la construction sociale de la virilité dans ses différentes conséquences (viol, homophobie, chosification sexuelle, pornographie, violence conjugale, militarisme et contrôle masculin de la procréation des femmes). Ses coups de sonde trouvent dans la culture occidentale et dans le quotidien des hommes - homosexuels comme hétérosexuels - des résistances et des accointances au projet radical d'une véritable égalité sexuelle. Cet essai traduit les idées féministes dans une vision du monde et une identité morale que peuvent revendiquer et incarner sans fausse honte les hommes.