Dans le prolongement des précédents ouvrages de la collection "Chemins croisés", ce recueil d'articles de jeunes chercheurs anglicistes adopte une perspective pluridisciplinaire et transnationale afin de faire émerger de nouvelles pistes dans le champ d'étude des mécanismes de (dé)construction de l'altérité dans le monde anglophone. L'altérité se construit et se déconstruit d'abord dans le discours, par des mécanismes linguistiques de différenciation ou d'assimilation qui permettent de penser l'autre et de le désigner. Elle est travaillée en littérature et dans les arts représentatifs par des figures de dissociation ou de comparaison, par la fixation de types et la création de voix ; elle est constamment interrogée, remise en cause ou renversée par les littératures minoritaires ou postcoloniales. Elle forme enfin le coeur de problématiques identitaires collectives concernées par la définition et les rapports politiques entre groupes sociaux ou entre nations. Elle traverse l'histoire de la colonisation et de la décolonisation, des luttes sociales, des conflits armés, du rapport entre pouvoir et minorités. Le rapprochement de ces mécanismes linguistiques, culturels ou politiques dans le présent ouvrage permet d'offrir des éclairages multiples et de souligner des convergences possibles dans l'étude d'un sujet complexe et essentiel à l'heure du renouveau des discours identitaires.
Années 1930. Dans un manoir écossais, Callie mène une vie privilégiée auprès de sa tante actrice. Sa rencontre avec Toby Lloyd-Jones va tout bouleverser. Fascinée par ce séduisant homme d'affaires, Callie l'épouse et le suit en Egypte. Mais sous le soleil du Caire couve un drame : elle vient de recroiser son amour d'enfance... Quelques mois plus tard, c'est une Callie hagarde et enceinte qui rentre en Angleterre, alors que résonnent les premiers échos de la guerre. Début des années 2000. En Australie, Melissa Boyd se voit confier une mission par son père mourant : retrouver cette élégante Anglaise qui, soixante ans plus tôt, l'a placé dans une famille de fermiers australiens, alors qu'il n'était qu'un petit garçon. Seul indice, une carte postale et ces mots : "Maman rentrera bientôt"...
Résumé : " Il y a des dates qui comptent, d'autres qui tombent en poussière. Tandis que 1896 ou 1907 se laissent oublier et ne marquent plus pour nous que des heures surannées, 1900 est une échéance, un jubilé, noces d'or du passé et de l'avenir ". C'est en orfèvre que Paul Morand célébrait 1900, trente ans après. Entre temps il aura été un des héraults des Années folles et, tout particulièrement, de l'année 1925, qui tout autant que 1900 a marqué une échéance et s'est vite imposée à la mémoire collective comme une année mythique. Étonnante et durable fortune ! Entre l'armistice de 1918 et la crise de 1929, les années vingt, profondément marquées par les horreurs de la Grande Guerre, présentent un singulier mélange de désarroi, de révolte et de frivolité. À la fin des combats qui ont dévasté l'Europe, tout un monde s'écroule, plongeant modèles et valeurs dans une crise durable. En cette période d'extraordinaire effervescence, la table rase et l'expérimentation sans tabous sont à l'ordre du jour. Les moeurs oscillent entre deux tendances fortes : émancipation et détraquement. Amour et libertinage jouent à cache-cache aux quatre coins de l'Europe galante. Discréditée par un conflit qu'elle a provoqué ou qu'elle n'a pas su empêcher, la politique hésite entre les tentations du communisme et du fascisme. Et la littérature, gagnée elle aussi par la difficulté d'être, cherche les voies de son renouvellement. Pour restituer l'esprit de cette époque qui à tant d'égards dialogue avec la nôtre, il fallait remplir deux conditions. Réunir, en premier lieu, des recherches travaillant dans des disciplines différentes. Se croisent ici des travaux de spécialistes d'architecture et de cinéma, de littérature française et de littérature comparée, d'études anglo-américaines et de Kulturwissenschaft, des hispanistes et des slavistes, des italianistes et des historiens du sport. D'autre part, il était indispensable de faire appel à des spécialistes internationaux.
Les relations d'un auteur et de son éditeur se résument-elles au contrat qui les unit ? Dans cet entretien, Marie Darrieussecq expose avec franchise et vivacité les relations qui la lient à son éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur des Editions P.O.L. Elle évoque son itinéraire éditorial, de ses débuts, avec le succès de Truismes, jusqu'à aujourd'hui, et réfléchit à son statut d'auteur.
Artémidore n’est pas un philosophe, mais il s’occupe d’une question, la mantique, qui n’était pas étrangère aux philosophes de l’Antiquité. La divination par les songes ou toute autre divination fait partie des préoccupations des philosophes et particulièrement de la philosophie dominante sous l’Empire, le stoïcisme, ou même d’adversaires de la divination comme les Epicuriens. L’arrière-plan quasi idéologique de la sympathie universelle qui régit non seulement la pratique onirocritique telle que l’entend Artémidore, mais aussi bien un autre type de mantique, la divination par l’astrologie, ne saurait conduire à qualifier notre auteur de stoïcien. Les rêves, dans toutes les cultures, et depuis la plus haute Antiquité, ont de multiples usages, qui dépendent du sens qu’on leur donne. Leur interprétation est souvent considérée comme l’une des formes de la divination. Elle est attestée par les textes littéraires et a fait naître une littérature technique riche d’enseignements sur la société de l’époque et son imaginaire. Il ne s’agit donc pas seulement d’une constante psychologique, mais aussi de traditions culturelles multiples, qui ont chacune leur propre histoire et entrent à de nombreuses reprises en contact les unes avec les autres.
Jibokji Joséphine ; Maître Barbara le ; Pernac Nat
Architectures grandioses, expositions médiatisées à outrance et instituées en rituels saisonniers, le musée est aujourd'hui investi d'une attractivité touristique et d'une charge patrimoniale, politique, symbolique sans précédent. Ce qui s'y monnaye est-il cette "monnaie de l'absolu" dont André Malraux célébra l'universalité? L'interrogation court tout au long de cet ouvrage qui choisit le prisme du cinéma de fiction pour revisiter le musée, dans ses missions et mythologies traditionnelles mais aussi dans ses coulisses et sa violence. Au final, les intrigues muséales tramées entre autres par Michael Curtiz, Tsai Ming-liang, Jean-Luc Godard, les frères Quay, Sanjay Gadhvi, Marco Bellocchio ou Charles Crichton sondent notre rapport fétichiste à l'oeuvre d'art et notre regard sur le patrimoine. A travers des analyses subtiles et décapantes, muséologues, historiens de l'art et du cinéma nouent un dialogue qui atteste la puissance discursive de la fiction. Il en naît aussi une éclatante relance théorique sur les fonctions du musée, sur les valeurs qui s'y transmettent, s'y échangent, s'y révisent et s'y réinventent.