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L'horizon
Flécheux Céline
KLINCKSIECK
21,50 €
Épuisé
EAN :9782252039144
Limite de mon champ visuel, l'horizon me lie au monde et à autrui. Il est là-bas, mais cette limite n'est pas objective. Et pourtant, combien de fois ai-je l'impression que je pourrais m'en approcher, le toucher, passer au-dessous ou au-delà ? C'est dans un sens presque tangible qu'il faut aborder l'horizon. S'il est fabuleux et imaginaire si nul ne peut le rejoindre, il n'en constitue pas moins un repère stable pour les premiers astronomes, un guide pour les navigateurs et une assise vers laquelle se tournent les cosmonautes. Le rôle qu'il a joué dans des champs aussi différents que l'astronomie, l'histoire des grandes découvertes, la représentation de la perspective montre avec éclat qu'il sert constamment d'appui dans la construction du monde. Tantôt ligne, tantôt cercle, ouverture ou clôture, support du point de fuite ou lieu chimérique, marque du fini ou résonance de l'infini, limite enveloppante ou abîme vertigineux., les aspects apparemment contradictoires de l'horizon nous obligent à nous demander quelle est son unité. Dans les sciences comme dans les arts, c'est un instrument essentiel et paradoxal pour penser les rapports entre la terre et le ciel. Historienne de l'art et philosophe de formation, Céline Flécheux est maître de conférences en esthétique à l'université Paris Diderot-Paris 7. Ses recherches portent notamment sur la question de l'horizon. Elle collabore par ailleurs régulièrement à des publications dans le champ de l'art contemporain (Robert Smithson, Ed Ruscha, François Morellet, Emmanuel Saulnier, Nancy Rubins, Abraham Poincheval, etc).
On part en exil pour fuir la guerre, la famine, des conflits politiques ou familiaux ; on part en voyage pour découvrir le vaste monde, changer d'horizon. Mais pourquoi revient-on ? Qu'est-ce qui pousse Ulysse à abandonner Calypso et à retourner à Ithaque ? Pourquoi l'explorateur du bout du monde rentre-t-il chez lui ? Pourquoi le colonel Chabert est-il de retour, alors qu'il sait qu'il sera probablement méconnu et déjà remplacé ? Pourquoi quitter l'extraordinaire, l'aventure, le dépaysement ? Du désir de retour, les livres parlent peu. En français, d'ailleurs, il y a des mots pour désigner celui qui part (le voyageur, l'aventurier, l'exilé), non celui qui revient. Revenant ? Trop spectral. Rapatrié ? Celui-là n'a pas le choix du retour. Quant au "rescapé" , ses épreuves passées intéressent plus que l'épreuve de son retour. Pourquoi ce manque, qui est le signe d'un impensé fondamental ? C'est à cette question que Céline Flécheux tente d'apporter des réponses. En s'appuyant sur de nombreux exemples tirés de la culture commune, de Homère au Nietzsche de l'éternel retour en passant par la parabole du fils prodigue et ses réinterprétations picturales, elle montre que revenir chez soi, c'est d'abord faire l'épreuve d'un retour à la vie normale. Mais pourquoi retrouver l'existence quotidienne et consentir à la banalité ? Sans doute parce que revenir dans l'espace, c'est un peu revenir dans le temps...
Coulon Aurélie ; Flécheux Céline ; Thomas Benjamin
S'il a déjà fait l'objet de riches analyses dans les champs de la peinture, de la littérature et de la philosophie, l'horizon n'a pas encore été étudié dans les arts de la scène et à l'écran, où le visible et le récit s'ouvrent au mouvement. Comment les corps en mouvement se situent-ils par rapport à l'horizon ? Comment l'horizon peutil figurer un lointain évanescent sur une scène ? Comment structure-t-il l'espace et le récit différemment de la peinture ? Existe-t-il encore quand tout est mis en mouvement ? La relance de la réflexion sur cette notion fondamentale nous invite à explorer la diversité des puissances expressives de l'horizon dans les espaces scéniques et les images cinématographiques.
Flécheux Céline ; Frangne Pierre-Henry ; Laroque D
Quelle est la nature polymorphe, rebelle à toute délimitation, et donc proprement étonnante, du sublime ? En quoi consiste sa véhémence, sa force dynamique et dangereuse ? Comment expliquer les paradoxes de la sidération ou du plaisir négatif que son sentiment, sa passion ou même sa crise, engendrent chez tous ceux qui en font, moins l'expérience que l'épreuve ? Telles sont les trois principales questions que l'ouvrage entend poser dans l'inspiration des travaux de Baldine Saint Girons et de son livre Fiat Lux. Une philosophie du sublime (1993). Vingt-cinq chercheurs spécialistes reconnus de rhétorique, d'esthétique, de poétique, de philosophie, de peinture, de littérature, de musique, de psychanalyse, de sciences, de langues et cultures étrangères joignent ici leurs efforts afin de donner au lecteur — néophyte ou chercheur confirmé — les instruments les plus importants pour l'intelligence la plus vivante de la tradition du sublime. De l'antiquité jusqu'à l'époque actuelle, le lecteur est invité ici à saisir de façon organisée et claire les difficultés artistiques, philosophiques et existentielles de l'expérience de la grandeur.
Depuis la Renaissance, les artistes n'ont cessé de nous rendre sensibles aux nombreux paradoxes de l'horizon. Entre imaginaire et réalité, où se tient l'horizon, cette ligne de rencontre entre le ciel et la terre (ou entre le ciel et la mer), ce phénomène purement visuel et toujours mobile ? Comment figurer ce qui n'a aucune existence matérielle et qui pourtant nous permet de nous orienter dans l'espace ? Qu'il donne l'illusion de la profondeur en unifiant l'espace représenté, qu'il paraisse ouvrir la vue à l'infini, qu'il s'élève tel un barrage tranchant ou qu'il nous renseigne sur le rapport de l'homme à l'autre, l'horizon nous fournit les repères essentiels à notre expérience du monde. Depuis l'invention de la perspective à la Renaissance jusqu'aux oeuvres contemporaines, les artistes explorent notre rapport à l'horizon à travers des supports de plus en plus diversifiés. A l'heure où le monde semble être mis à plat par les communications en réseau, où des milliardaires mettent en jeu des sommes faramineuses pour quitter l'orbite terrestre, cet ouvrage invite à reconsidérer la portée de l'horizon dans ses dimensions existentielle, matérielle et sensible.