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L'EPREUVE DU SANG CONTAMINE - POUR UNE SOCIOLOGIE DES AFFAIR
FILLION EMMANUELLE
EHESS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782713221712
Révolte des victimes, indignation publique, médecins et politiques sur le banc des accusés... jamais, avant le sang contaminé, la santé n'avait été en France une telle affaire d'Etat. Pourtant, l'épidémie transfusionnelle par le virus du sida est restée pendant des années confinée à un tout petit univers médical, l'hémophilie, composé de quelques centaines de malades et de leurs médecins. Pour comprendre comment le drame d'un microcosme est devenu une crise politique majeure, ce livre revient sur l'expérience de ses acteurs les plus directs: les malades hémophiles et leurs proches, leur association et leurs médecins. Il propose d'entendre la parole de ces individus, de restituer leur expérience du traumatisme, de saisir quelles ont été leurs ressources pour faire face à la crise et tenter de produire un monde médical qui ne soit plus trompeur. Cette démarche compréhensive se dissocie du plaidoyer comme de l'accusation, sans évacuer la question de la responsabilité. La sociologie éclaire le rôle des affaires et des scandales dans les transformations du monde médical, à l'articulation entre histoire individuelle et histoire collective. Elle devrait permettre ainsi de mieux connaître quelques-unes des dynamiques du changement social. Biographie de l'auteur Emmanuelle Fillion, sociologue spécialiste de la santé, elle est chercheuse au Cermes, Centre de recherche médecine, science, santé et société (Inserm-CNRS-EHESS). Elle a obtenu un prix à l'EHESS en 2006 pour la thèse dont est issu cet ouvrage. Ses travaux explorent les rapports entre justice et médecine.
L'université de Frontverde n'accueille que l'élite : les ultra-sapiens. Grâce à leur génome modifié, ils représentent l'évolution, tandis que les infra-sapiens sont considérés comme inférieurs. Côté ultras, Dimitri Von Baren incarne l'homme idéal. Beau, riche et charismatique, il cache pourtant une lourde part d'ombres. Côté infras, B6-244 est prête à tout sacrifier, jusqu'à son identité et sa sécurité, pour aider sa mère et tenter de faire évoluer la situation des siens en intégrant l'université dans le cadre d'un programme de mixité. Ils se détestent et n'ont a priori rien en commun. Pourtant, un contrat à l'avantage de Dimitri va les lier et les faire vivre sous le même toit. Les règles sont fixées, la joute commence, mêlée de haine et de désir...
Dans les mois qui suivent la chute de Bagdad, l'anarchie qui s'aggrave chaque jour en Irak, provoque un sentiment de malaise en Occident. Depuis l'euphorie du 9 avril, jour de la chute de Bagdad, l'Irak est devenu un enfer pour les soldats de la coalition. Dans l'ombre, la voix du dictateur déchu encourage ses partisans par le biais de cassettes déposées devant la porte de la chaîne Al-Jazira. Malgré la liberté retrouvée, la population manque de tout, eau, électricité, hôpitaux, écoles... Avec la montée des attentats, la colère qui gronde dans Bagdad profite aux chiites. Cette ethnie majoritaire, longtemps réduite au silence par les sunnites au pouvoir, cherche à étendre son influence. Sur ce fond chaotique une polémique s'est allumée en Occident. L'absence d'armes de destruction massive en Irak a déclenché une vague de protestations contre G.W. Bush et Tony Blair : ont-ils gonflé sciemment le dossier des preuves contre Saddam ? Comment tout cela finira-t-il ? Comment tout cela a-t-il commencé ? Ce livre est la chronique d'une guerre controversée qui a dressé l'une contre l'autre la force et la conviction d'une nation et tous les défenseurs de la légalité internationale. On y retrouvera l'affrontement des arguments et des doctrines des camps du oui et du non. On y retrouvera le journal des combats, à bout portant, d'après les récits des correspondants de guerre. Un document où pourront puiser les générations futures, qui connaîtront peut-être d'autres épopées de ces conquistadors, venus du Nouveau Monde.
Le but de cet ouvrage dépouillé de toute érudition est d'intéresser un large public à un homme qui eut la plus étrange des destinées ; à un personnage trop peu connu alors qu'il a joué un des rôles les plus éminents dans l'histoire de Rome ; à un moraliste qui eut raison de dédier son œuvre à la postérité car pour le monde d'aujourd'hui ses directives non seulement restent précieuses mais surprennent par leur actualité.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.