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Cahiers d'études africaines N° 228/2017 : Terrains et fugues de Georges Balandier
Ficquet Eloi ; Hazard Benoît
EHESS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782713226878
Un an après le décès de Georges Balandier, le 5 octobre 2016, les Cahiers d'Etudes africaines rendent hommage à un fondateur et un continuel inspirateur. C'est ainsi la quête d'une présence absente, d'une dimension cachée de la revue, qui a animé la construction de ce numéro. Par son style fluide, insaisissable, au sens où il ne peut être capturé par un appareil théorique, Georges Balandier a développé une pensée ouverte aux surgissements, à la dynamique perpétuelle des mondes sociaux, prête à toujours proposer de nouvelles catégories adaptées aux situations et à leurs reconfigurations. A travers une oeuvre caractérisée par un champ sémantique à la fois riche et évolutif, cet homme de science et de lettres a commuté en objets de recherche une vaste série de questionnements et a tracé des lignes de pensée, prolongées par diverses entreprises de recherche, notamment sur l'actualité des terrains africains.
Dans le royaume de Dampierre, Manille est un petit garçon qui rêve de devenir chevalier. Mais ce n'est pas donné à tout le monde d'entrer dans l'une des prestigieuses confréries auxquelles appartiennent ces guerriers de légende. Un jour au château, il rencontre Valence, un drôle de personnage avec une tête d'oiseau, membre d'une étrange confrérie que l'on prétend maudite : les Chevaliers de la Chouette. Une aubaine pour Manille qui va tout faire pour les rejoindre et déjouer les complots de l'infâme baron de Dampierre ! Dans un univers chevaleresque teinté d'heroic fantasy, Ben Fiquet nous livre une aventure palpitante et épique menée par des héros très attachants et envoûtants.
A travers ses usages coloniaux, la photographie a représenté en Afrique un instrument de chosification scientifique, de contrôle des populations et des identités, de coercition par l'image. Qu'en est-il aujourd'hui des actes de contestation, de résistance et d'émancipation par la photographie ? A moitié déchirées, effacées, presque illisibles, des figures du passé resurgissent par des images retouchées, recomposées, remises en scène pour être mobilisées dans les luttes du présent. Ce numéro rend compte de l'extraordinaire malléabilité des matériaux photographiques. A l'ère numérique, un besoin grandissant de se réapproprier les images historiques se traduit par de multiples formes de remise en circulation, de réemploi, de transformation, souvent à l'encontre des intentions originelles de leurs producteurs.
Ce numéro varia réunit des articles interrogeant différents supports, matières et niveaux d'interactions et de transformations entre les localités d'Afrique et le monde. Sur des sacs en toile de jute, l'artiste Lucie Kamuswekera raconte par des images brodées l'histoire coloniale et postcoloniale des violences militaires au Congo, telles que vécues par les femmes (Bogumil Jewsiewicki & Erik Kennes). La violence du régime colonial au Congo, mise en discours et en images, est étudiée par un réexamen des procès-verbaux de la commission d'enquête internationale constituée en 1904 pour juger les atrocités commises par les compagnies d'exploitation du caoutchouc (Rosario Giordano). Face à l'exploitation des ressources et ses conséquences, l'imaginaire collectif s'exprime par la réappropriation de signifiants globaux. Une vidéo en ligne, devenue virale à l'échelle du continent africain, montre une créature mi-humaine mi-reptile, qui aurait été capturée par des ingénieurs chinois en charge de la construction d'un barrage en Guinée. Les conditions de réception de ces images et récits associés forment un concentré d'interrogations et d'inquiétudes (Julien Bondaz & Benjamin Frerot). En Ethiopie, l'emprise du marché global sur l'agriculture, longtemps liée à la production du café, s'est déplacée sur la culture d'un arbrisseau aux propriétés amphétaminiques, le khat. Malgré sa prohibition dans de nombreux pays, les filières d'exportation se déploient et touchent tous les échelons de la société (Céline Lesourd). Dans l'archipel du Cap-Vert, la consommation d'alcool de canne (grog) traverse toutes les couches sociales, par des consommations festives où les pratiques de séduction mettent en jeu et questionnent les relations de genre (Justine Masseaux & Pierre-Joseph Laurent). Aux Etats-Unis, les arrivants africains doivent s'inscrire dans les catégorisations identitaires racialisées en requalifiant leur identité africaine et leur "blackness" en fonction de représentations stéréotypées de l'Afrique et de diverses situations d'interaction avec les Afro-Américains (Olivier Leservoisier & Bruno Moynié). Au Nigéria, dans le foisonnement créatif des usages et recompositions des codes linguistiques dans le domaine musical, l'usage croissant de la glossolalie comme phénomène ésotérique par les chanteurs de gospel participe d'une reformulation postmoderne des dogmes et usages du christianisme (Floribert Patrick C. Endong & Eugenie Grace Essoh Ndobo).
G. Santanera, "Ce n'est pas l'art pour l'art". Stratégies économiques et sociales dans la production vidéo camerounaise ; E. M. Kalema, The Mulele "Rebellion", Congolese Regimes, and the Politics of Forgetting ; M. H. Ingiriis, From Grievance to Greed in Somalia. The Formation, Failure and Fall of the United Somali Congress (1989-1991) ; N. Chavoz, "Ruines à rebours". Pour une lecture littéraire des textes ethnographiques de Paul Hazoumé ; F. Blum & C. Katsanioris, Léopold Sédar Senghor et l'Union soviétique : la confrontation, 1957-1966 ; P. Simon, Témoignages et commémoration d'un massacre survenu en 1913 sur le plateau de Lékana (République du Congo) ; J. Copans, Penser l'Afrique ou connaître les sociétés de l'Afrique ? (seconde partie).
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.
Depuis le début des années 1990, la plupart des hôpitaux européens ont révolutionné les pratiques entourant la mort du foetus ou du nourrisson. Escamoter l'enfant mort et inciter les parents à "passer à autre chose", tel était l'usage jusqu'alors. Apprendre à "faire son deuil", telle est la règle désormais. Le deuil devient volontariste, presque appliqué. Mais le plus surprenant est sans doute l'invite systématiquement faite aux parents de regarder leur enfant mort. Internationale, cette mutation fut aussi radicale: en dix ans, une page de l'histoire de la mort enfantine a été tournée. Elle cristallise une nouvelle manière de saluer les morts rendant essentielles la matérialité et l'incarnation du souvenir. Que s'est-il passé pour que la présentation ou la représentation du corps devienne, ou redevienne, incontournable pour penser la perte? Un simple retour au passé? Fétichisation du corps et psychologisation de son usage: le corps, la chair, le donné biologique sont appelés au secours des psychés. Mais le phénomène se limite-t-il bien au cas des bébés morts? Que nous suggère-t-il de la redéfinition contemporaine des identités?