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A Belleville
Ferrini Jean-Pierre ; Bouchart François-Xavier
TEMPS IL FAIT
16,00 €
Épuisé
EAN :9782868536709
On doit s'aligner. Mon Belleville ne regrette rien, n'a plus grand chose à regretter. En 1993, le dernier cri du vitrier expirait. Un paradoxe tenace voudrait pourtant que Belleville demeure Belleville et on finira peut-être par détruire ce qui a détruit Belleville en retrouvant des lois plus organiques...". Pendant une journée (matin, midi, après-midi et soir), on suit un narrateur qui déambule, arpente Belleville où il vit depuis plus de vingt-cinq ans. A travers son regard, quotidien, ordinaire, quelque chose se dit de lui-même et de ce quartier de l'Est parisien, raconte une histoire qui se lit dans les interstices urbains ou les différentes strates archéologiques qui composent aujourd'hui Belleville. Treize photographies : de François-Xavier Bouchart accompagnent, plus qu'elles n'illustrent, cette dérive bellevilloise.
Résumé : Le principe du livre est simple. Le narrateur décide de visiter le "mausolée" de sept des plus importants poètes de l'âge d'or de la littérature persane : Ferdowsi (Xe siècle), Omar Khayyam (XIe siècle), Nizami et Attar (XIIe siècle), Roumi et Saadi (XIIIe siècle) et Hafez (XIVe siècle). Il lit par conséquent autant qu'il voyage ; la lecture et le voyage, en alternant, rythment, créent la dynamique du livre qui propose une découverte de l'Iran d'un point de vue littéraire. Le voyage vers le mausolée de ces sept poètes (qui sont des lieux de pèlerinage) fait résonner le passé dans le présent et éclaire l'actualité paradoxale de l'Iran d'aujourd'hui, le hiatus qui sépare l'antique sagesse de la Perse d'hier de la modernité que les écrivains, les artistes, les cinéastes ont inventée au XXe siècle, de Sadegh Hedayat à Abbas Kiarostami en passant par Forough Farrokhzad. De plus, en voyageant avec le narrateur, on découvre que le territoire qu'il explore de Gandja (en Azerbaïdjan) à Samarcande correspond à une réalité géographique, une géopoétique plus qu'une géopolitique, qui n'existe plus, un territoire qui composait autrefois "l'empire des signes", la lingua franca qu'était le persan de Ferdowsi, d'Omar Khayyam, de Nizami, d'Attar, de Roumi, de Saadi et de Hafez. Ce que l'auteur appelle le grand poème de l'Iran.
Samuel Beckett n'a cessé de lire Dante depuis ses années d'étude à Dublin jusqu'à sa mort, en 1989. Sa lecture n'est pas critique: elle est une source, une énergie qui apparaît, disséminée dans ses livres, avec une régularité exemplaire. Dans le dessin de Botticelli qui illustre le chant IV du Purgatoire, Virgile, appuyé solidement sur sa jambe droite, ébauche le chemin à suivre. Sa main levée pointe le sommet de la montagne du Purgatoire et, au-delà, le Paradis de Béatrice. Dante, dont le corps repose sur le pied gauche, regarde, semble-t-il, Belacqua, le négligent de l'Antipurgatoire, que l'on distingue prostré devant quatre corps nus. Il est assis, les genoux entre les bras, dans cette posture qui retiendra durablement Beckett. Béatrice absente, Virgile qui indique le sens de la montée, Dante encore indécis et Belacqua tout à soi-même - telle est la conjonction qui coordonne la souveraineté de ces deux noms, Dante et Beckett. La lecture de Beckett opère un déplacement de la Divine Comédie. Les coups et les cris que Dante entend derrière la porte de son Enfer ne finissent pas. Ni le Purgatoire ni le Paradis ne peuvent les apaiser.
Comme j'ai compris dans les collines de San Martino que là quête de mes origines italiennes était illusoire, j'ai compris que la lettre "v" que j'ai extraite du nom de Pavese pour entrer dans son paese ne signifiait pas vita, mais via; que ce n'était ni à Luino, le pays de mon père, ni dans la biographie que j'avais une chance de trouver la route qui mène au pays de Pavese, cette route, libératrice, que Pavese suit dans Le Métier de vivre à la date du 25 avril 1945. Les papillons, les fleurs un jour de printemps, les péta-les des pommiers et des poiriers volent dans l'air. "Faire sa route et rencontrer des merveilles, voici le grand thème - spécialement le tien."
Belles têtes d'Irlandais dans les rues de Killarney. D'un certain âge. Des têtes conformes à la tradition et qui, au-delà du folklore touristique, donneraient à n'importe qui manie vaguement le crayon l'envie d'écrire et de conserver ces personnages dans les mots. On ne s'attache pas à repérer d'abord les faces qui affichent leur alcoolisme. Ici, c'est un penchant qui ne s'avoue pas, mais se clame et se trompette. Il met tant de sincérité dans la laideur que là encore, parce qu'on est en Irlande, on se sent en confiance. Des trognes aussi évidentes et qui témoignent d'une impeccable assiduité au pub ne savent plus mentir. La caricature est une innocence brute." Dans ce récit de voyage fort peu héroïque - camping et vélo -, l'auteur s'attache à montrer des spectacles qui n'ont pas lieu et des êtres sans grandeur dont, en amoureux comblé de la langue, il sait faire une véritable matière littéraire.
Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples. Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré au début du XIXe siècle, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon ; d'autres suivront celui du Désir. Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.
Le journal inédit que Jacques Chauviré nous livre ici estun document de grande valeur sur un monde presquetotalement disparu, et sur la vie intérieure d'un hommeremarquable. Tenu pendant dix ans - juste avant la publication de son premier roman -, il alterne les observations médicales et les réflexions littéraires. Il vaut également par l'un et l'autre aspect, qui se répondent en écho. Compassion devant la douleur, refus obstiné de la mort dialoguent avec les traces pudiques d'une recherche spirituelle soutenue, nourrie par l'amour de la campagne et la fréquentation des livres. Ses riches échanges avec Jean Reverzy et Albert Camus ne détourneront pas le médecin dévoué de la mission quotidienne qu'il s'est donnée, ni ne briseront son isolement. Il écrira, sans fréquenter le monde des Lettres, comme pour approfondir son unique objet de préoccupation: la condition humaine. De celle-ci, Chauviré a une vision plutôt sombre dont il donne la mesure dans la suite de proses intitulée Funéraires: dix morts minuscules, exemplaires, et forcément inacceptables.