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Un Mois de juin comme on les aimait
Ferniot Jean
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246363316
Je voudrais me lever dans la salle de classe trop chauffée, marcher jusqu'à Simon Loeb, me pencher vers lui et, indifférent aux éclairs lancés par le lorgnon du professeur de latin, entourer ses épaules de mes bras". Un mois de juin comme on les aimait se donne d'entrée pour ce qu'il est : le roman de l'amitié. Amitié d'autant plus difficile qu'elle réunit deux êtres que tout sépare : le milieu social, la qualité intérieure. D'un côté le narrateur (père rond-de-cuir), veule et bête. De l'autre, Simon Loeb (fils de grands bourgeois), la grâce et l'intelligence même... Amitié encore plus difficile qu'on l'a dit : l'un n'est pas juif, l'autre l'est, et ce roman raconte cette amitié dans le Paris des années trente et dans l'histoire mouvementée de la France avec, au milieu de l'antisémitisme ambiant, ces figures de proue antagonistes que sont Léon Blum et Charles Maurras. Alors, tantôt romancier des destins particuliers et tantôt chroniqueur des grands événements qui font et défont la France pendant dix ans, de 1936 à 1946, tantôt jouant des secrets du coeur et tantôt rapportant les tragédies collectives, sans cesse allant de ses personnages un à un aux foules et aux impulsions qui font l'Histoire, Jean Ferniot, dans la pâte de ses souvenirs et de son imaginaire, monte ce grand roman où la noblesse des êtres le dispute à leur petitesse, le courage des Loeb à la lâcheté du narrateur... Un mois de juin comme on les aimait : oui mais au mois de juin de cette année-là, en 1942, on rafla, pour les déporter, les juifs dans leur quartier de la rue des Rosiers. Aucun des Loeb ne devait en réchapper. "Je voudrais... marcher jusqu'à Simon Loeb... entourer ses épaules de mes bras". Trop tard.
Biographie de l'auteur Jean Ferniot a une uvre importante de romancier, de nouvelliste, d'essayiste. Ses derniers titres publiés C'était ma France (Grasset, 2004) et L'enfant du miracle (Grasset, 2006).
Résumé : Noces de nuit raconte l'histoire d'un homme épris d'absolu, qui tombe éperdument amoureux du fantôme d'une femme morte avant sa naissance. Guy Larcher, secrétaire de l'Académicien Armand Dégremont, partage durant une dizaine d'années la vie de Florence dont il est chaque jour plus jaloux. Lorsqu'elle attend un enfant de son piètre amant, celui-ci se montre incapable d'assumer la perspective d'une paternité. Florence le quitte et il s'enfuit en solitaire dans sa vieille bâtisse de Bretagne - " la Bretagne bigoudène, aux hautes coiffes de dentelle rigide plantées au-dessus de visages ridés, aux calvaires de granit qui n'ont baptisé qu'imparfaitement les croyances païennes, aux vestiges muets de civilisations mortes ". Fouillant le grenier, Guy tombe sur une vieille malle en osier qui contient le journal d'une certaine Louise Vallet, née en 1912, dont le portrait le saisit. Pénétrant en voyeur dans les secrets de Louise, Guy se met à organiser son existence de plus en plus hallucinée autour de la morte. Lorsque le monde réel fera effraction dans le refuge de Guy pour y reprendre ses droits, il ne lui laissera d'autre choix qu'une ultime fuite...
C'est par une nuit de mars exceptionnellement douce, sur un trottoir de la rue Lecourbe, que Jacques Cabriac a fini sa vie de petit salaud" ainsi débute ce roman mauriacien de Jean Ferniot, "nid de vipères" dans l'enfer d'une dynastie de notaires de Rodez. Derrière le rideau des conventions bourgeoises, sous le vernis de la bigoterie, grouillent les névroses, l'alcoolisme, l'hypocrisie, la lâcheté, les mensonges, l'inceste et... le meurtre. L'auteur travaille la plaie des chairs et des c?urs de ses personnages au scalpel, pour en faire suinter, sur trois générations, de l'Aveyron à Paris, le misérable tas de secrets. Tous coupables, ils seront tous châtiés. Quand la machinerie familiale se détraque, reste un innocent, dans les veines duquel coule le sang de la bâtardise. Cet "enfant du miracle" parviendra-t-il à purifier les péchés de la lignée?
Résumé : 1910-1950 : quarante années qui sont les plus tragiques de la vieille histoire européenne faite de guerres et de convulsions. Il n'aura pas fallu à Jean Ferniot moins de 400 pages pour les évoquer, ici en conteur épique, là sur le mode intimiste. Sous les yeux du lecteur passionné, s'accomplissent les deux conflits majeurs qui ont bouleversé le monde et dont la France, à travers les trois générations présentes dans Un temps pour aimer, un temps pour haïr, est le c?ur. Quel livre ! De la France, il raconte l'éruption et l'épanouissement de la modernité dans les mutations qui affectent la société : naissance de l'auto, de l'avion, du téléphone... Un monde meurt, un monde naît, c'est le même et c'est un autre. L'histoire se fait sous nos yeux, à une allure folle, mais pas au point de ruiner le savoir du lecteur, son sentiment du temps qui passe, du temps passé, dont la nostalgie belle baigne tant de pages. Scènes de la vie rurale, scènes de la vie bourgeoise, nous sommes en Bretagne, à Paris, dans le Languedoc, avec la petite noblesse qui s'étiole, le peuple qui souffre - et le milieu cynique des affaires. Roman d'action, roman de m?urs, roman politique, roman de guerre et, comme le titre le suggère si bien, qui emprunte à L'Ecclésiaste, roman d'amours et de haines : en somme, l'homme en son entier. Justement, l'homme. Il s'incarne dans des dizaines et des dizaines de personnages, qui ont l'épaisseur de ceux de Balzac et de Zola. Aubin, le hobereau breton, Gaspard, le patriarche cévenol, Angèle, née victime et que l'amour sauvera, Thaddée, avocat des déshérités, Hervé, dont la guerre a fait un mort-vivant, Anne-Marie, la réprouvée qui se console avec l'argent et tant d'autres - jusqu'à des assassins : à des degrés si divers, ils sont tous dans nos mémoires à jamais.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".